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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 10:51

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L’ordre et le mouvement en politique. L’ordre et le mouvement dans le rapport à la gauche, dans le rapport à la droite… Y a-t-il une répartition ? Laquelle ? Est-elle la même ? A-t-elle changé ?

Début de réflexion...

Une différence « ontologique » entre la gauche et la droite semble naturellement résider dans cette inclination première à vouloir ou non changer le cours des choses… 

 

Léon BLUM indiquait :

« On est socialiste à partir du moment où (…) l'on a cessé de dire : « Bah ! c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n'y changerons rien ».

 

Evidemment, on perçoit la gauche dans la plénitude de sa dimension de changement : « une force qui va ». Tandis que la droite s’illustre comme une faiblesse qui demeure… dans la conservation.

 

Dans le cadre du débat sur le mariage pour tous, la droite s’est manifestée dans l’épure d’elle-même : dans une forme de rappel à l’ordre. L’ordre des choses, l’ordre dit « naturel »… Celui d’une société patriarcale fondée sur les « prérequis chrétiens » de la France.

 

En cela, la droite Française s’inscrit dans le sillon de son Histoire dont le cours de ses actions est avant tout une réaction. Réaction au changement, réaction au progrès, réaction à l’émergence de nouveaux droits individuels et collectifs.

 

Pour la conservation d’un ordre sociétal aux racines anciennes.

 

La droite donc peut se caractériser par son ontologique et perpétuel « rappel à l’ordre ». Un ordre ancien, traditionnel et de réaction. Parce que, au fond, son acte créateur est avant toute chose, « de dire non à un autre qu’elle-même, à un extérieur à soi… »

Mais la droite se manifeste également aujourd’hui par l’orientation d’un désordre possible.

 

A la faveur de ses interventions outrancières à l’égard de la République - fustigée dans le cœur même de son parlement, dans sa représentation préfectorale, dans l’indépendance de sa justice et dans sa légitimité à produire des lois qui durent – la droite est une instigatrice du désordre républicain.

 

Largement inspirée par « l’école Buissonnière », l’UMP ne sait plus donner de mot d’ordre en faveur des républicains lorsque les socialistes sont seuls opposés à l’extrême droite…

 

Sur le plan économique, la droite Française, par son incapacité à maîtriser les finances publiques, le niveau de l’endettement (+ 612 milliards en 5 ans) et les comptes sociaux, n’a rien suggéré d’autre que l’établissement méthodique d’un désordre financier.

 

Et de ce point de vue, les efforts compensatoires déployés aujourd’hui par le gouvernement, sont de nature à rattraper ce que l’on ne peut raisonnablement laisser filer plus longtemps mais aussi et surtout, doivent constituer les nouvelles bases sur lesquelles la redistribution doit reprendre ses droits.

 

Il faut le rappeler : chaque point pris à l’endettement constitue un point ajouté à la qualité de nos services publics : pour nos écoles, nos hôpitaux, nos routes…

 

Sur le plan démocratique, la droite du jour est en apprentissage. L’organisation d’un vote non-décisif entre Copé et Fillon puis d’une nouvelle consultation en 2016 visant à annoncer une prochaine désignation « de type primaires », est loin de donner les assurances de la stabilité politique…

En sachant que le parti gaulliste demeurera encore en proie à son fétiche du recours à l’homme providentiel.

 

La droite c’est aussi et surtout l’attachement à la main invisible du marché qui n’est rien d’autre que la conduite d’une politique sans main.

 

La droite apparaît aujourd’hui dans toute sa plénitude. Consubstantiellement une forme de « rappel à l’ordre », politiquement un agent du désordre multidimensionnel et culturellement un anéantissement du fait politique.

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Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
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