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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:42

 

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Quel bel hômme ! Dirait Jack Lang… Quel panache ! Penseront certains… Il y a pourtant, dans ce soda à la française, beaucoup de sucres ajoutés.

 

Dominique DE VILLEPIN, en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, provoque la surprise.

 

Mais, me direz-vous, comment eut-il pu en être autrement ?

 

Les surprises, ça le connaît ! Souvenez-vous, c’est en 1997, il est alors Secrétaire général de l’Elysée. Il donne à son Président le conseil le plus mortifère de l’histoire de la Vème République : dissoudre l’assemblée nationale !

 

Eh oui, en politique, c’est bon de le rappeler, le conseil c’est ce qui vaut le plus cher : c’est ce qui sauve, c’est aussi ce qui tue…

 

Et entre un Président et son conseiller, il n’est pas inutile que les tempéraments, les inclinaisons, se complètent. Et avec un Jacques CHIRAC Président (qui n’a pas exactement le tempérament de Jacques DELORS…), il n’eut pas été de trop que son Secrétaire général fasse office de modérateur, de prescripteur d’alliance nouvelle,…  Or, en la matière, ils se sont surajoutés…

 

Livrant ainsi cet élixir explosif de la dissolution, avec un précipité rouge qui a certes permis pour ses commanditaires d’accélérer les choses… Mais, de leur point de vue, pour le pire.

 

En voulant en effet régler quelques petits comptes entre amis (juguler l’influence balladurienne au sein de l’Assemblée nationale), Jacques CHIRAC est ainsi entré dans une cohabitation de 5 ans (!) à la faveur d’un auto dessaisissement de majorité…

 

C’est un peu comme si, devant l’équipage insuffisamment discipliné de son porte-avion, un général prenait la décision vertigineuse de faire fondre dessus un avion kamikaze pour régler le problème… 

 

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Dominique DE VILLEPIN est de ceux-là, ceux qui, devant un tapis vert, au beau milieu d’un casino, prenant à témoins tous les « gagne-petits », s’exclame, sous une crinière prédatrice et un œil conquérant : « Tout sur le 11 ! »

 

La posture esthétique le dispute à l’affirmation d’une liberté et à la dépense jubilatoire…

 

Comme s’il voulait nous dire : le risque c’est ça ! C’est tout ou rien ! Ma liberté ne vaut que pour autant qu’elle me distingue…

Dominique DE VILLEPIN est un homme de brio capable du meilleur,… et surtout du pire !

Il a atteint son niveau de crête lors de son discours prononcé à l’ONU en pleine crise irakienne en 2003. A cette occasion, il a incarné la France, il a « réincarné » le gaullisme.

Ce fut son temps de gloire, le seul véritable.

 

Cet événement ne saurait pourtant faire oublier ses faiblesses structurelles. Il est un technocrate tardivement reconverti en acteur politique à la faveur du Prince (Jacques CHIRAC), sans jamais s’être présenté devant le suffrage universel (ce qui est su universellement par les élus de notre République).

 

Il demeure au fond, un Talleyrand qui se rêve en Napoléon. (Un Talleyrand à la démarche sinueuse mais sans le pied-bot…).

  

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Dominique DE VILLEPIN ne peut prétendre représenter l’homme providentiel dont la France aurait besoin puisqu’il n’est ni attendu, ni rassembleur.

 

Son long « contentieux », le mot est très très faible, qui l’a impliqué avec Nicolas SARKOZY, fait passer au second plan sa candidature dite pour l’intérêt supérieur de la France au profit d’une candidature pour la volonté de « flinguer » le petit Nicolas…

 

Ajoutons à cela la présence des candidatures officiellement probables, au centre, de François BAYROU et Hervé MORIN et on voit bien là se dessiner, pour Dominique DE VILLEPIN, les contours d’une falaise en à pic…

Et, en la matière, il sait de quoi il parle... Nous pouvons au moins lui faire crédit de savoir (pouvoir ?) faire perdre son camp. Il a l'expérience avec lui, un certain talent et une faculté consubstantielle qui consiste à se rapprocher le plus vite possible de la fin...

 

Mais, que voulez-vous, cet homme pétri d’emphase et de superlatifs, ne saurait se résoudre à la morne plaine, il n’aime jamais rien autant que les cîmes si ce ne sont les abysses…

 

Il ne faut pas le contrarier…

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Published by Samuel CEBE - dans République
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