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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 10:34

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Il ne s’agit pas d’une émergence ni d’une révélation, encore moins d’une surprise, mais bien plutôt d’une confirmation : le Front National s’installe dans le paysage politique français et s'inscrit dans la durée…

 

Il est depuis de nombreuses années déjà le 1er parti ouvrier de France.

 

Le F.N n’est pas (encore) considéré comme une solution mais il est la marque d’un symptôme : la perdition de l’Etat-nation dans le village-monde, l’affaiblissement de l’Etat-providence, l'impuissance du politique, l’évanouissement des liens publics, sociaux, privés, la « nostalgisation » sociale, la perte de repères, le développement de l’individualisme,...

 

Dans un temps politique où l’avenir de nos sociétés contemporaines paraît incertain, l’extrême droite propose de remonter le temps. Elle situe son intervention dans le domaine du « kitsch » : cette « station de correspondance entre l’être et l’oubli » (telle que définie par Milan Kundéra).

 

Véritable incarnation de la France moisie, le parti de Mme Le Pen propose depuis de nombreuses années la mise en cause de la retraite, l’apartheid social, l’augmentation des impôts indirects, les cadeaux fiscaux aux entreprises et aux ménages privilégiés,… Autant d’orientations qui relèvent autant du différentialisme culturel que de la politique anti-sociale.

 

Combattre le Front National c’est évidemment commencer à s’investir dans une démarche dite de « harcèlement démocratique » parce qu’il n’y a rien de pire que de voir se banaliser ce parti d’extrême droite et les thèses qu’il instille dans la société.

 

C’est cette stratégie qui en 1998 a permis de juguler les alliances droite / extrême droite dans les Régions de France.

 

Il est toujours impérieux de rappeler à nos concitoyens que ce parti politique n’est pas comme les autres.

Et de ce point de vue, je le dis : j’ai un adversaire dans la République – la droite- et un ennemi à l’extérieur de la République : l’extrême droite.

 

Mais l’approche « morale » n’est pas suffisante, il faut encore rappeler que le Front National est un parti capitaliste qui est pour la suppression de la sécurité sociale, la mise à mal de la retraite, la flexibilité du temps de travail, les cadeaux fiscaux aux entreprises, la hausse des impôts indirects,…

Ces orientations constituent le véritable programme du F.N avant que ce dernier ne le travestisse pour « coller » à son électorat populaire. Sachons le rappeler.

 

Le Front National est dangereux pour la démocratie. Est-ce à dire qu’il peut accéder seul au pouvoir ?

Non, bien sûr… Les fondements de notre République, l’attachement à la liberté sont heureusement bien ancrés dans notre belle France.

 

Simplement, le danger vient de ses complices : de ceux qui, au sein de la droite classique rendent possible pour des motifs idéologiques et/ou stratégiques, la conjonction des thèses entre une partie de la droite et l’extrême droite… En attendant l’alliance…

 

C’est le cas des 44 parlementaires (UMP) de « la droite populaire » dont monsieur Carayon, Député tarnais, est un membre des plus actifs.

L’objectif de ce « cercle des poètes disparus » est de droitiser la majorité présidentielle afin « que la droite soit enfin elle-même »…  Tout un programme articulé autour des thèmes de la "Nation", la "sécurité", la "politique familiale", sous la bannière du réflexe identitaire.

Leur dernier fait d’armes ? La proposition d’un amendement au Sénat qui prévoyait de supprimer l'automaticité de l'acquisition de la nationalité pour les jeunes étrangers de 18 ans…

 

 

Le modèle poursuivi par ces conjurés de la République est celui de M. Berlusconi, représentant d’une droite nationale et populaire.

Leader d’une alliance qui mêle la droite et l’extrême droite…

 

Dans ce même temps, des élus locaux, des cadres et des candidat-e-s de l’UMP tarnaise n’ont pas hésité à renvoyer dos à dos le Parti Socialiste et le Front National, sinon à dire leur « préférence nationale », prenant ainsi la responsabilité de crédibiliser le parti de Mme Le Pen et de permettre des reports de voix de la droite classique vers la droite extrême comme cela s’est produit sur Mazamet et Labruguière.

 

Le cheval de Troie du nationalisme est ainsi entré dans certaines villes de notre République et dans bien d’autres lieux manifestement…

 

Aussi, nous devons exercer notre vigilance par rapport aux complices locaux de cette alliance « Bleue-Brune » qui menace directement la République.

 

Heureusement les partisans de la République ne manquent pas au sein de la droite classique. Et je ne manquerai pas de valoriser leurs interventions en faveur du front républicain.

 

Dans ce combat pour l’universalisme contre le nationalisme, pour le multiculturalisme contre le différentialisme culturel, pour la porosité contre la peur, rien n’est pire que la banalisation, l’indifférence et la complicité.

 

La liberté mérite notre vigilance, elle mérite également notre diligence.

Notre génération en a hérité. A nous de montrer que nous en sommes dignes.

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