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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:14

 cheval-de-troie.jpgC’était un grand soir de 2002 : M. FOLLIOTcélébrait, devant son local de campagne, sa victoire aux élections législatives.

Tous ses soutiens étaient là : des militant-e-s de droite mais aussi… de gauche.

Ce qu’ignoraient alors ces militant-e-s de gauche, c’est qu’ils assistaient à l’installation durable de M. FOLLIOT dans un rôle symbolique de recours pour la gauche.

 

On peut comprendre, un an après la défaite de la gauche aux élections municipales, au terme d’une campagne odieuse de la droite bugissienne, que des militant-e-s de gauche, sous l’emprise d’une réaction émotionnelle, aient appelé à voter pour M. FOLLIOT. C'est-à-dire à produire un choix entre 2 candidats de droite.

 

Comprendre, oui. Justifier, non…

 

M. FOLLIOT est un homme politique issu de la droite souverainiste, il est un parlementaire membre de la majorité présidentielle et a, à ce titre, voté toutes les lois essentielles de CHIRAC et de SARKOZY dont les dernières en date sont la réforme des retraites et la réforme des collectivités territoriales.

 

Or, depuis ce fameux soir de 2002 et pour 10 ans (!), M. FOLLIOT occupe l’espace que la gauche lui a laissé (ou donné) depuis la défaite de 2001, le départ de l’ancien Maire, le soutien actif , ponctuel mais répété d’une partie de la gauche à son égard et la disqualification régulière de la gauche au 2ème tour des élections législatives…

 

Dès lors, la gauche a délégué d’une façon consciente ou non le rôle de recours à M. FOLLIOT.

D'une manière générale, un recours politique est le fait d'en appeler à une tierce personne pour obtenir la majorité qui lui fait défaut.

C’est ce qui se produit dans un contexte où une liste de gauche est confrontée à une liste de droite. A Castres, où les électeurs votent pour près de 54 % d’entre eux pour la droite aux élections nationales, la gauche a gardé en mémoire la nécessité absolue, lors des élections municipales, du recours à une « personne providentielle » pour compenser un désavantage politique évident.

Ce type de stratégie a notamment fonctionné en 1977 autour de la candidature de Jean-Pierre GABARROU qui demeure l’archétype de la « personne providentielle » qui constitue le recours rendant possible la victoire de la gauche.

 

Cette dynamique du recours valable dans une configuration où 2 listes essentielles sont en lice, l’une à gauche, l’autre à droite, perd de sa pertinence dans un contexte de triangulaire.

 

Dès lors, la division d’un camp organise quasi mécaniquement la victoire de l’autre.

C’est la division des droites qui rend possible la victoire de la gauche en 1995. Et l’absence de division de l’offre politique des droites entre les 2 tours, qui condamne la gauche en 2001…

 

A la veille des élections municipales de 2008, l’annonce de la candidature de FOLLIOT a pour effet de l’installer dans un rôle de recours possible pour toutes celles et ceux qui souhaitaient changer de politique et provoquer l’alternance.

A tel point que durant de longs mois, il était même donné gagnant. Il incarnait l’alternative : le député face au Maire sortant…

 

Il faut rappeler que les électeurs de gauche, orphelins depuis 2001, s’en étaient remis à lui à 2 reprises : aux législatives de 2002 et de 2007.

L’absence lors de ces scrutins de candidat-e- de gauche au 2ème tour, la conversion de FOLLIOT au centre droit et la présence d’un candidat clairement identifié à droite, ont alors permis des reports de voix efficaces de la gauche en faveur du député actuel.

Dès lors, le vote FOLLIOT est passé dans la gauche, du ponctuel au structurel : il s’est inscrit dans la durée…

 

Et à l’automne 2007, la gauche qui recherche le degré d’articulation de son unité, prend conscience de n’être plus un recours possible…

Et pour cause…

 

Bien évidemment, les causes endogènes de la division de la gauche existent (j’y reviendrai prochainement).

Mais qu’est-ce que l’union de la gauche sinon une construction qui s’établit à partir d’une perspective de victoire possible pour se donner les moyens de la victoire effective ?

 

Or, en l’absence de perspective de victoire possible devant la candidature de FOLLIOT, c’est le sens même de l’union de la gauche qui a été atteint, le recours qui nous a échappé…

 

Si donc il existe évidemment des causes endogènes à la gauche qui ont eu un effet sur sa division, il existe aussi et surtout une cause exogène à la gauche : la présence de FOLLIOT aux élections municipales.

Si plusieurs causes peuvent être avancées, cette dernière revêt un ordre d’importance tout autant que d’influence qui est déterminant.

 

Et de ce point de vue, il semble que la cause première de la défaillance de l’opposition à BUGIS en 2008, soit la présence de FOLLIOT.

Il n’est qu’à observer le résultat de ce dernier pour constater que près de trois quart de son électorat aux élections de 2008 est de gauche.

 

Dans cette configuration, la gauche ne peut pas être le recours, elle ne peut pas gagner et cette conscience là est de nature à la diviser.

 

M. FOLLIOT ne peut naturellement pas rassembler la gauche mais il peut provoquer sa division à la fois dans son offre politique et dans son électorat.

Il a simplement oublié que lors des élections municipales, contrairement aux dernières élections législatives, la gauche serait naturellement présente au 2ème tour…

 

Il empêche l’opposition de s’unir, il désorganise la gauche et capte une partie de l’électorat de gauche pour… rien.

 

En ce sens, M. FOLLIOT apparaît comme l’allié objectif de M.BUGIS, il en est le médecin malgré lui…

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