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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:02

 

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Le 1er mai : le jour où les atteignants s’atteignirent ?

 

Président. Le 1er mai, la 1ère fois, le 1er jour où Nicolas SARKOZY a cessé de l’être et où François HOLLANDE l’est devenu.

 

Le candidat sortant a, ce jour-là décidément choisi, à la faveur de la poursuite d’une dialectique ami-ennemi, la confrontation pure. Celle qui recherche à entamer la journée internationale du travail et des travailleurs par l’exercice de « la réaction » au mouvement progressiste de revendications sociales.

Par la création de ce rassemblement anti-social, Nicolas SARKOZY s’est ainsi dépossédé des attributs de sa fonction présidentielle.

Il a symboliquement démissionné.

 

François HOLLANDE a eu raison devant cette culture de la différence de cultiver l’indifférence et de se tenir à distance de la division afin de ne pas entrer dans le jeu de la confrontation et de ne pas ajouter de la confusion à la confusion.

Il est ainsi devenu de fait le garant du rassemblement de la République.

 

Ce faisant, le candidat socialiste fait le choix de la hauteur de vue et du respect de l’autonomie du mouvement syndical tout en appuyant la cause de cette journée internationale : "Je veux que ce 1er mai soit celui du droit au travail pour la génération qui vient".

 

Surtout, par la commémoration de la mort de Pierre BEREGOVOY, il rend hommage à un homme d’Etat aux origines modestes et au destin de militant puis de serviteur de la République au dévouement sans faille.

 

L’ancien 1er Ministre pour lequel l’éthique de responsabilité ne pouvait jamais s’exprimer sans l’éthique de conviction, ne put supporter que l’on attente, à son endroit, à leur étroite liaison… Lui qui, par "sa mort voulue", fit le choix de partir par là où il était venu : de l'insigne d'un 1er mai... Emportant avec lui son secret d'homme.

 

François HOLLANDE, dans cet exercice, s’est mis plus que jamais dans les pas de François MITTERRAND dont il disait à Carmaux : « il a commencé sa campagne ici en 1980,… je la continue ». Le candidat socialiste a ainsi contracté le symbole ultime de la fonction présidentielle.

Et de ce point de vue, il démontre une fois encore qu'il en a parfaitement saisi la nature et le sens. Il faut, pour cet exercice, être doué de tant de qualités et notamment de souplesse d'esprit et du sens du symbole. (Ce qui, au-delà de leurs dimensions respectives, a manifestement manqué à Michel ROCARD, Edouard BALLADUR, Alain JUPPE, Lionel JOSPIN, Ségolène ROYAL, Martine AUBRY...).

 

Mais revenons au 1er mai...

 

Voici des extraits du discours de François MITTERRAND prononcé le 4 mai 1993 :

« Je parle au nom de la France, lorsque je dis devant son cercueil qu’avec Pierre Bérégovoy elle a perdu l'un de ses meilleurs serviteurs et qu'elle en prend conscience sous le choc d’un drame où se mêlent grandeur et désespoir, la grandeur de celui qui choisit son destin, le désespoir de celui qui souffre d'injustice à n'en pouvoir se plaindre, à n'en pouvoir crier.

(…)

L'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l'annonce de ce qui s'est passé samedi, en fin de journée, près de Nevers, sa ville, notre ville, au bord d'un canal où il était souvent venu goûter la paix et la beauté des choses, lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy.

 

Nous sommes autour de vous Madame, autour de vos enfants, de votre cercle de famille, avec le sentiment déchirant de ne pouvoir que vous accompagner sur le chemin qui reste à faire. Un signe, un regard, une certaine façon de se taire pour penser ou prier, le culte du souvenir et l'honneur d'être vos amis, voilà tout ce que nous possédons pour vous aider à vivre l'absence, l'insupportable, l'incompréhensible absence. Mais avec nous voyez cette foule, avant-garde des millions de Français qui dans tout le pays partagent notre douleur. Voyez Nevers, voyez la Nièvre, toutes opinions confondues, qui viennent à vous, qui vous retrouvent et qui vous aiment. J'ai moi-même tant et tant parcouru ces chemins que je reconnais la vieille terre fidèle où il va reposer, et je pense à ces derniers mots du grand savant Jacques Monod que chacun répète en soi-même jusqu'à la fin : «Je cherche à comprendre.»

 

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