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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 11:42

francois-mitterrand.jpgCélébrer le 30ème anniversaire de la victoire de François MITTERRAND à l’élection présidentielle ne signifie évidemment pas qu’aucune ombre ne figure au tableau du bilan des 2 septennats…

 

Entré au Parti Socialiste en 1993 en Haute-Garonne, mon engagement politique s’est rapidement inscrit dans la démarche de Lionel JOSPIN avec lequel je me suis trouvé une proximité politique.

Alors Animateur Fédéral du Mouvement des Jeunes Socialistes 31, de 1996 à 1998, je me suis engagé à ses côtés pour la référence éthique et politique qu’il représentait et qui me semblait utile aux socialistes et à la gauche.

En ayant la chance de l’entendre régulièrement en conseil fédéral du P.S de la Haute-Garonne, comme 1er Secrétaire National du P.S puis comme 1er Ministre.

(Avec la douce pression qui consistait à devoir s’exprimer devant lui en faisant mon office de jeune socialiste… Je parlais alors couramment le langage jospinien…).

 

Avec une méthode aussi éprouvée qu’efficace : chercher en toute chose, l’équilibre.

« L’équilibre est la condition du mouvement » selon Lionel. C’est lorsque le basquetteur est en équilibre qu’il marque un panier.

 

De 1993 à 1997, c’était donc le temps de la disgrâce des socialistes qui, à l’épreuve du pouvoir, avaient failli sur un certain nombre de terrains : la faiblesse de l’intervention dans l’économie, le développement du chômage, la prégnance de l’esprit de la Vème République,…

 

Lionel JOSPIN était alors l’héritier rebelle de François MITTERRAND, celui qui, entre l’éternel opposant (Michel ROCARD) et « l’héritier légitime » (Laurent FABIUS), proposait la voie de « l’invention du possible » à base d’inventaire du bilan des 2 septennats socialistes.

 

fabius_65.jpg 

 

Je me suis longtemps retrouvé dans cette approche politique qui a consisté à chercher une autre politique plus volontariste dans le domaine économique et social, une autre politique africaine de la France, une autre pratique des institutions de la Vème République, un autre rapport à la vérité, un autre lien à François MITTERRAND qui ne soit ni défait, ni déjà fait mais toujours à faire…

 

Tout l’enjeu était alors, à la faveur d’une dialectique bien jospinienne, de : « dire ce que je fais et faire ce que j’ai dit » afin d’éviter le hiatus qui s’est produit entre la promesse « des seventies » de la rupture avec le capitalisme et le tournant de la rigueur de 1983 directement issu de la confrontation avec le réel…

 

Mais en même temps, au bout de 23 années d’opposition, n’était-il pas incontournable et nécessaire pour le candidat socialiste de faire rêver ? Et de gagner ? Et de durer ?

 

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En sachant que désormais, une autre page du socialisme français est en cours d’écriture : avec un autre rapport au réel, à la vérité et à la complexité qu’implique le travail toujours recommencé de la transformation sociale.

 

De telle façon que c’est, me semble t-il, entre deux eaux, entre celle de François MITTERRAND et celle de Lionel JOSPIN que la navigation est la plus propice pour l’avenir.

 

En évitant de dire ce que l’on ne pourra pas tenir et en évitant de dire ce qui ne pourra pas nous faire gagner…

 

Parce que la politique se détermine par la production de discours et aujourd’hui encore dans un espace qui est celui de la Vème République, les préceptes mitterrandiens restent, pour les acteurs de la gauche, d’une valeur inestimable.

 

Aux jeunes cerveaux qui l’entouraient, il avait coutume de dire : « vous êtes trop rationnels ! »

 

Une indication utile pour préparer l’élection présidentielle de 2012…

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