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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 15:13

En ces week-ends de grisaille, rien de tel qu’un bon livre !

Je ne saurai trop vous conseiller le dernier ouvrage d’Edgar MORIN : « La voie ».

 

En voici un extrait tiré de sa conclusion :

 

« L’espérance semble morte. Les vieilles générations sont désabusées par les fausses promesses et les faux espoirs. Les jeunes générations sont plongées dans le désarroi. Elles se désolent qu’il n’y ait plus de cause à laquelle se vouer, comme celle de notre Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme le disait Vassili Grossman, Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité, fut en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortit vainqueur. La victoire des démocraties rétablit du même coup leur colonialisme. AUjourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit bel et bien de sauver l’humanité.

 

L’espérance est réssuscitée au cœur même de la désespérance. L’espérance n’est pas synonyme d’illusion. L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant (« caminante no hay camino, se hace el camino al andar*»).

L’espérance sait que le salut par la métamorphose, bien qu’improbable, n’est pas impossible.

Mais l’espérance n’est qu’illusion si elle ignore que tout ce qui ne se régénère pas dégénère. Comme tout ce qui vit, comme tout ce qui est humain, les voies nouvelles sont sujettes à dégradations, avilissements, scléroses.

Cette conscience-là aussi est indispensable, en permanence. »

 

Edgar MORIN, « La voie ».

 

* Poème de Antonio MACHADO. (« Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. »)

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Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
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