Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 12:46

La « démondialisation »… Un terme porteur, un portage sans terme… Pourquoi ? 

 

images-copie-1.jpg

 

Un terme porteur :

 

L’avantage de la clarté.

Là où les sociaux-démocrates disent : nous reconnaissons le marché mais nous voulons le réguler… Les « démondialistes » sussurent, à la faveur d’une réthorique assez baroque, « nous voulons changer le système… » C’est… plus simple. A l’heure de la communication, cela rentre plus facilement dans les canaux…

 

L’avantage de la rupture.

François MITTERRAND le disait déjà au congrès d’Epinay : « Celui qui n’est pas pour la rupture, je le dis,… Celui-là, ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste ! »

Ce « sur-moi » doctrinal demeure dans la galaxie socialiste française, transformant par la même, tous les non artisans de la rupture, en aménageurs douteux de l’économie de marché, en coupables d’intelligence avec l’ennemi (les détenteurs du capital…) ou en « sans-couilles » notoires…

La « démondialisation » induit une perspective de rupture avec l’existant, elle subodore le volontarisme sans avoir à l’assumer…

 

L’avantage de l’invitation à croire.

Les « démondialistes » suggèrent un monde autre, un « arrière-monde » ? Ce faisant, ils invitent à croire… A ne pas se « corrompre » avec le monde tel qu’il est, tel qu’il va…

Inutile de dire que les ressorts d’une telle approche, peuvent avoir des échos retentissants dans l’opinion...  

 

2012-fin-du-monde-4.jpg

 

Un portage sans terme :

 

 

Pour Raphael Enthoven, philosophe de son état, «La démondialisation est une idée fausse et arrogante»

 

 « La démondialisation, c’est une idée fausse, arrogante, contradictoire et démagogique, lâche-t-il, avant de développer sa pensée. C’est une idée fausse, parce qu’elle repose sur l’idée qu’on peut remonter le temps. Ce serait comme vouloir défaire une mayonnaise: on ne retrouve jamais l’huile, les œufs et la moutarde ! ».  

 

 

imagesCAZMZ33K.jpg

 

Avec méthode et acuité, il poursuit sa critique: « C’est arrogant, parce que cela suppose que la petite France peut changer le monde. Puis, c’est contradictoire, parce que, pour démondialiser, il faut mondialiser : à quoi bon remettre des frontières, si on est le seul à le faire.

Enfin, c’est démagogique en période électorale: aujourd’hui à gauche, la démondialisation occupe la place que le tropisme sécuritaire occupe à droite ».

 

Republication d’un article que j’avais publié sur ce thème, sur ce blog, le 7 avril 2011 :

 

http://www.samuel-cebe.com/article-vive-la-terre-patrie-vive-la-republique-universelle-71199060.html

 

La régulation du monde plutôt que la "démondialisation".

 

La « démondialisation » c’est quoi ?

 

Au-delà du réflexe du « c’était mieux avant », les tenants de la démondialisation suggèrent de rendre le monde un peu moins monde… Tout un programme me direz-vous. Encore que la colonisation de la planète Mars pourrait un jour ou une nuit leur donner gain de cause…

 

En attendant, loin de chercher à rendre ce monde-ci plus juste, plus accessible, plus respectueux de l’environnement, les chantres du « démonde » suggèrent de revenir à « l’état de nature de l’Etat ».

 

Ce temps béni où les consciences nationales remplaçaient avantageusement les consciences mondiales du jour, où chacun était chez soi, où les structures internationales n’en étaient qu’à leur balbutiement, où le protectionnisme était la loi de tous les Etats, où l’Europe n’était caressée par quelques-uns que comme un rêve, ce temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître…

 

Devant une telle offensive du camp de la réaction, au sens propre du terme, je ne peux m’empêcher de penser à la lettre adressée par Victor Hugo aux membres du Congrès de la paix à Lugano le 20 septembre 1872 :

 

"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe , qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis couronnent le nouveau [...], nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des Empereurs ; nous aurons la patrie sans frontières, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l' éducation sans l' abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l' échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans enfer, l' amour sans la haine [...] "

 

Les prescripteurs de la démondialisation nous préconisent donc le retour au monde clos qui passe nécessairement par l’abandon de l’univers infini tel que dessiné par la révolution galiléenne ou la découverte du calcul infinitésimal par Leibniz et Newton qui ont profondément modifié la conscience qu'a l'homme de lui-même et de sa place dans l'univers.

 

Surtout, nos réactionnaires de ce début de XXIème siècle, nient en bloc l’interdépendance sans cesse croissante qui existe entre les Etats et les a ainsi engagé à se rapprocher.

 

Ils oublient que nous vivons aujourd’hui dans une « Terre-patrie » (cf : ouvrage d’Edgar Morin) qui fait de nous des citoyens du monde. Et que la mondialisation de la culture, de la démocratie, des droits de l’Homme, de l’information, de la connaissance, mais aussi des échanges, constituent un progrès sans borne pour toutes celles et ceux qui sont épris de liberté.

 

Alors, oui, il faut que cette mondialisation soit régulée pour qu’elle serve la justice qui est très gravement mise en cause par la main invisible du marché qui se transforme en « poing invisible » pour les plus faibles.

 

Et pour ce faire, il convient de renforcer le rôle des instances de régulation nationales et internationales, de renforcer le rôle du politique.

 

Mais certainement pas de préconiser le retour au passé : en remettant en cause l’Euro, la construction européenne, le libre-échange et les institutions internationales qui ne doivent pas être balayées mais bien plutôt renforcées.

 

Henri Lacordaire résumait bien cette exigence de l’intervention régulatrice par ces quelques mots :

 

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit. » 

 

Aujourd’hui, les lois sont, par les hommes et pour les hommes, toujours à faire. Particulièrement les lois internationales…

Pour un monde toujours plus juste,... Celui-ci : le nôtre !

Partager cet article

Repost0

commentaires