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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 15:22

Le sondage produit par l’institut Louis Harris qui annonce Mme LE PEN en tête du 1er tour de l’élection présidentielle, est légitimement reçu comme un avis de tempête…

 

Même si les conditions qui ont présidé à la réalisation de l’étude sondagière sont sujettes à questionnement et si « l’avenir n’est pas l’extrapolation du présent », il n’en demeure pas moins qu’une tendance lourde se manifeste.

 

Dès lors, les causes sociologiques, politiques ainsi que les responsabilités diverses sont posées.

 

Il est évident que le Front National fait, depuis 20 ans, son lit de la mondialisation non compensée par des formes d’exercice de la localisation, de la perte des repères, de la désagrégation sociale, de l’évanescence de l’Etat-Nation dans un village-monde qui peine à se réaliser,…

 

L’extrême droite française a, depuis les dernières décennies,  construit une dialectique « ami-ennemi » basée sur « la préférence nationale » qui est fondée sur un différentialisme d’un nouveau genre basé sur la notion de culture et non plus sur celle de « race »…

 

Le danger n’en est que plus grand : la barrière morale franchie, le spectre politique occupé n’en est que plus large. Le tout dans une logique de confrontation de cultures et de civilisations…

 

Comment ne pas voir le danger que constitue également le combat sémantique mené aujourd’hui par Mme LE PEN qui se déclare favorable à « un Etat fort, laic et républicain » ?

 

Le F.N n’ignore pas en effet qu’il représente le 1er parti ouvrier de France. C’est la raison pour laquelle il n’hésite pas à brandir les éléments d’un langage qui appartient à la gauche, aux républicains et aux défenseurs de l’Etat-providence. Mais dans une perspective qui est celle du repli sur soi et de l’étroitesse stato-nationale.

 

Il est peu de dire que la droite sarkozienne a une grande responsabilité par rapport au développement des thèses frontistes.

 

Cette droite blafarde fait des choix et produit un type de discours autant par inspiration idéologique que par opportunité stratégique, dans le plus grand mépris de la République et de la France.

 

Le débat sur la préférence nationale, le discours de Grenoble, l’intervention par rapport aux roms, l’instrumentalisation de la sécurité, les attaques cinglantes portées contre la justice, la défense de M. ZEMMOUR condamné pour provocation à la discrimination raciale, en sont quelques funestes exemples…

 

L’Elysée est convaincu que la reprise des thèmes de l’extrême droite par la droite, sera de nature à affaiblir le F.N. Mais c’est l’exact inverse qui se produit : les français préfèrent l’original à la copie, le gouvernement banalise les thèses extrémistes, le cheval de Troie entre ainsi dans la ville.

 

Dès lors, la responsabilité de la gauche républicaine est immense. Elle a le devoir de réussir.

 

Réussir la sélection de son -sa- candidat-e- à l’élection présidentielle en créant un vaste mouvement populaire, en faisant le choix de l’émulation démocratique sans la médiocrité des petites phrases, des petits badges et des petits desseins…

 

Réussir la construction partagée d’un projet de transformation sociale pour le pays qui soit à la croisée des chemins de l’ambition 

et du possible.

 

Réussir la rénovation politique par le renouvellement sans lequel il ne saurait y avoir de véritable avenir pour la gauche républicaine en France.

 

Réussir dans le combat permanent pour les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

Réussir dans la contre-offensive qui est à porter vis-à-vis de l’extrême droite en installant le débat sur notre terrain : celui de la question sociale.

 

Réussir à gagner l'élection présidentielle et réussir à transformer la société en s'inscrivant dans la durée...

 

Vous me direz : ça fait beaucoup ! Oui, mais ne pas réussir, ce serait trop...

 

En politique, rien n’est fait d’avance, tout est à (re)construire. Il appartient à chacun-e- d’être un-e- acteur-trice- du changement et du progrès.

Alors, allons-y !

 

 

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SIMON 09/03/2011 21:31


Chroniques du racisme ordinaire d'un Grand Socialiste.

Pax animae suae, requiescat in pace...

En 1962, Gaston DEFERRE (ancien Maire de Marseille et Ministre de l'Intérieur sous MITTERRAND) Un SOCIALISTE HUMANISTE.

Extraits de Paris-presse l'intransigeant " Dernière heure " jeudi 26 juillet 1962.


Le maire de Marseille a 150.000 habitants de trop. GASTON DEFFERRE : " Que les " pieds-noirs " aillent se réadapter ailleurs "

Il y a cent cinquante mille habitants de trop actuellement à Marseille. C'est le nombre des rapatriés d'Algérie qui pensent que le Grand Nord commence à Avignon et qui ne veulent pas quitter la
ville du soleil malgré les sollicitations des autorités officielles

Cette présence massive de ces Français d'Afrique du Nord pose de graves problèmes au sénateur-maire, M. Gaston Defferre.


" Et les enfants ? Ici, pas question de les inscrire à l'école, car il n'y a déjà pas assez de place pour les petits Marseillais.

- Avez-vous embauché dans vos services municipaux des fonctionnaires " pieds-noirs " ?
- " Pas question que j'embauche des fonctionnaires " pieds-noirs ".

Voyez-vous une solution aux problèmes des rapatriés à Marseille ?
" Oui, qu'ils quittent Marseille en vitesse ; qu'ils essaient de se réadapter ailleurs et tout ira pour le mieux. "

Racisme ordinaire d'un Grand Socialiste.

Ch. Simon