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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:20

 

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La victoire de Samothrace.

 

 

Comment le dire sans provoquer par la même les derniers soubresauts des druides et autres métaphysiciens qui continuent, contre toute attente (surtout celle du plus grand nombre), à peupler la gauche française ?

 

Etre socialiste et jouer le jeu de la Vème République.

Dieu ! Comment diable est-ce possible ?

 

N’allons-nous pas ce faisant, nous compromettre ou pire, nous corrompre ? Au contact de ce régime politique « si impur » voulu par et pour Charles DE GAULLE dès 1958 ?

 

Ce régime que nous socialistes, n’avons eu de cesse de décrier avec tant de raison d’ailleurs depuis ces 50 dernières années…

Les arguments ne manquent pas en effet pour dénoncer légitimement cet habit institutionnel conçu par un homme – fut-il un des plus grands du XXème siècle – pour lui-même.

 

Avec la présidentialisation du régime qui repose notamment sur l’élection présidentielle au suffrage universel, le symbolique article 49-3, le recours possible au référendum, la tutelle de l’exécutif sur le législatif, la couleur bleue éternelle (quoique…) du Sénat, le centralisme politique,…

 

En un mot, une savante organisation institutionnelle qui rend possible ce que François MITTERRAND désignait alors très justement comme « le coup d’Etat permanent ».

 

Ce dernier qui, sans relâche, a combattu DE GAULLE dans sa conception autant que dans sa pratique de la Vème République.

 

Et pourtant et pourtant,… François MITTERRAND, le seul et l'unique socialiste (jusqu’à la preuve du contraire !) à avoir gagné l’élection reine de la Vème République n’avait-il pas manifestement « pré-incarné » la fonction présidentielle afin de la conquérir et avant « de l’occuper » ?

 

Et n’est-ce pas là toute l’ambivalence (non pas romanesque…) mais bien stratégique du candidat socialiste à l’élection présidentielle que de fustiger le visage de la Vème République tout en le préfigurant lui-même à sa suite ? 

  

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François MITTERRAND à Castres en 1988.

 

N’est-ce pas le dilemme auquel Arnaud MONTEBOURG s’est, quelques décennies plus tard confronté - à sa mesure - en promettant, par l’usage actif de l’exemplarité, la consommation du divorce avec la Vème République tout en épousant finalement cette dernière en seconde noce pour une question de… survie politique ? 

 

Survie politique en tant qu’acteur qui, ayant frisé la défaite aux dernières élections législatives, a ensuite délibérément abandonné son exemplarité du non-cumul des mandats en se transformant en « primo-accédant » à la Présidence du Conseil général de son Département, afin de « protéger » son mandat de Député.

 

Ce faisant, son acte se situe « par delà le bien et le mal » de la rénovation politique, il est simplement un acte de mise en conformité avec le jeu des institutions de la Vème République…

 

Survie politique également en tant que porteur du projet de la VIème République. Que vaudrait en effet celle-ci sans l’existence de son principal promoteur ?

 

Le pragmatisme appelle ici une pensée suffisamment libre et éloignée des préconisations druidiques des métaphysiciens de gauche, qui soit apte à préparer la conception d’une VIème République tout en intégrant les règles du jeu de la Vème pour… Inventer le changement possible.

 

Et, en la matière, il semble bien que le seul candidat socialiste à avoir intégré cette double dimension politique, dialectique et stratégique, porte le même prénom que MITTERRAND.

 

Il lui appartient désormais de montrer au peuple de gauche et à la France, le visage imperçu de la victoire.

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Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
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