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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:56

 

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En ce 8 mai, François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY ont donné l’image de l’unité pour un temps suspendu qui est celui d’une commémoration nationale et qui ouvre également celui d’une transition républicaine jusqu’au 15 mai prochain, jour de la passation officielle du pouvoir présidentiel.

 

Le nouveau Président élu mesure mieux que quiconque la portée de l’image donnée dans les touts premiers jours qui succèdent à son élection.

Il avait indiqué être prêt, au service des français, à la hauteur des enjeux ? Il l'est.

 

Engagé avec sérieux, diligence et simplicité dans la préparation des premiers actes du changement.

Loin, très loin de l’image précieuse-ridicule donnée par son prédécesseur, François HOLLANDE offre le visage de l’abnégation qui envisage une action patiente et progressive.

 

Il impose une figure humble et besogneuse qui préfigure un mandat pétri de cohérence et de progressivité.

Pour un réformisme de gauche qui s’appuie sur la mise en actes du discours validé par les citoyens, sur le rassemblement des français et sur l’inscription dans la durée.

 

Ces premiers gestes semblent agir comme des augures qui offrent des signes présageant la nature et le sens du mandat qui ne tardera pas à s’ouvrir…

 

Quel événement symbolique ?

 

le-pantheon-paris_80.jpg

 

François HOLLANDE va choisir un acte premier, une intervention, une commémoration ou bien encore une célébration… qui sera de nature à installer une orientation voulue de sa présidence.

 

Comme chacun-e- le sait, François MITTERRAND inaugura son mandat le 21 mai 1981, au Panthéon en consacrant 3 valeurs célébrées par le dépôt de roses sur les tombes de Victor SCHOELCHER, Jean JAURES et Jean MOULIN pour la liberté, la paix et la résistance…

Ce faisant, l’ancien Président voulut également comme l’indiqua Milan KUNDERA, « ressembler aux morts car la mort et l'immortalité formant un couple d'amants inséparables, celui dont le visage se confond avec le visage des morts est immortel de son vivant. »

Son successeur, Jacques CHIRAC, fit le choix, le 16 Juillet 1995, soixante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, de reconnaitre solennellement la responsabilité de l'Etat français dans les crimes commis pendant l'Occupation.

Il engagea ainsi la France devant son Histoire et prit par la même, le contre-pied de tous ses prédécesseurs qui de De Gaulle à Mitterrand, avaient au contraire défendu l’idée que Vichy n'était pas la France et l'Etat français seulement une parenthèse.

On peut aujourd’hui penser que François HOLLANDE fera un choix symbolique qui sera en rupture avec les errements de la présidence de Nicolas SARKOZY. Et peut-être aussi en décalage avec le goût immodéré (?) de François MITTERRAND pour le marbre de l’éternité…

Un choix, au fond, qui lui ressemble : fait de porosité, de rassemblement et de générosité…

 

Quel gouvernement ?

 

Jean-Michel-Baylet-Jean-Marc-Ayrault-Martine-Aubry-copie-1.jpg

En ce qui concerne le choix de son 1er Ministre (qui sera un-e- socialiste), François HOLLANDE se prononcera certainement en faveur d’un proche.  En 1981, François MITTERRAND avait bien choisi Pierre MAUROY et non Michel ROCARD…

La netteté de son résultat et la relative faiblesse (au regard de ce qui était attendu…) de celui du Front de Gauche le conforteront dans cette voie.

Le Président socialiste a déjà annoncé que l’équipe gouvernementale respecterait le principe de la parité homme-femme. Il favorisera sans doute la diversité. 

De nouveaux talents, révélés durant la campagne, doivent se confirmer dans l’exercice des responsabilités de l’Etat.

Un panachage entre l’expérience utile et un renouvellement souhaitable devrait être de mise.

Une équipe resserrée et non pléthorique sera une marque supplémentaire de la volonté d’exemplarité en matière de maîtrise des finances publiques.

L’ouverture aux radicaux de gauche, aux Verts et à des communistes est en question… Nous verrons.

 

Quelle Assemblée nationale ?

 

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A la faveur de l’obtention d’une majorité lors des élections législatives, les représentants de l’U.M.P disent vouloir rééquilibrer les pouvoirs…

Il est vrai que la gauche détient aujourd’hui de nombreux instruments du pouvoir républicain sur le plan national (Présidence de la République, Sénat), territorial (la quasi-totalité des Conseils régionaux, la majorité des Conseils généraux) et local (de nombreuses communes, grandes, moyennes et petites…).

 

Mais il ne saurait y avoir d’équilibre sans cohérence, sans continuité et sans stabilité.

Or, le fait de vouloir priver le nouveau Président de la République d’une majorité à l’Assemblée Nationale, c’est chercher à contrefaire ce que le suffrage universel a déjà fait.

C’est tenter de soustraire à la souveraineté déjà exprimée une part conséquente de cette même souveraineté.

C’est suggérer d’installer une cohabitation de 5 ans entre les 2 têtes de l’exécutif alors que la France a besoin aujourd’hui plus que jamais d’être habitée par une orientation claire.

C’est faire le choix de l’instabilité institutionnelle alors qu’il est impératif d’œuvrer au redressement national.

C’est faire le choix d’une indépassable contradiction là où il est nécessaire d’assurer la cohérence d’une orientation, la continuité d’une action et le développement durable d’une politique dans le temps entier d’un mandat.

 

Lire l'article de Guy CARCASSONNE, professeur en droit public, intitulé “Tous les pouvoirs ?” :

http://www.huffingtonpost.fr/guy-carcassonne/tous-les-pouvoirs-gauche_b_1503618.html?ref=france

 

 

 61 % des français se prononcent aujourd'hui pour une majorité favorable à François HOLLANDE.

Le nouveau Président de la République a reçu un mandat du peuple de France pour conduire le changement. Il reste à lui en donner les moyens.

 

A l’aube de son début d'exercice, François HOLLANDE entend cultiver ce qui fait sa marque de fabrique : une attention particulière portée aux citoyens, un sens aigu du service de l’Etat, une propension naturelle au rassemblement.

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