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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:42

 

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Voyage au centre de l’extrême : La menace national-populiste.

 

Depuis son discours de Longjumeau dans lequel il indiqua que « LE PEN était compatible avec la République », Nicolas SARKOZY poursuit ce que François HOLLANDE qualifie très justement de fuite en avant.

 

Sans honneur, sans vergogne et dans le plus grand mépris pour les institutions dont il demeure légalement le premier dépositaire, le candidat sortant dilapide notre bien le plus cher, celui qui est public, celui qui est commun, celui qui est consubstantiel à l’identité même de la France : la République.

 

Animé par le désespoir de la seule cause (le pourcentage) qui ait à ses yeux un prix, le locataire de l’Elysée est, lors de cet entre-deux tours, dans une épure de lui-même ; unilatéralement, invariablement, inlassablement pétri de la seule approche qui le caractérise véritablement : « l’approche client. »

 

Dès lors, la réponse univoque à la demande constitue sa seule matrice, le mouvement perpétuel représente sa seule matière, la concurrence libre et non faussée produit sa seule règle du jeu…

 

Tel un spéculateur en bourse, Nicolas SARKOZY qui cherche à faire monter sa côte, ignore toute limite, toute résistance, toute entrave à l’exercice de sa geste politique qui n’est que geste.

 

Le principal enseignement que l’on peut tirer du résultat du vote en faveur de Mme LE PEN c’est qu’il s’inscrit dans un développement durable dans notre pays.

Avec 17,90 % des suffrages exprimés, elle totalise en effet 950 000 voix de plus que son père en 2002. Et de ce point de vue, je le répète, la faiblesse du résultat du F.N en 2007, agit comme un trompe l’œil dans le rapport au diagnostic sur la réalité de la demande national-populiste qui, loin d’avoir baissé, a été entretenue et confortée.

En 2007, Nicolas SARKOZY offrait alors un « débouché » aux thématiques d’extrême droite visitées : celui de l’homme venu de l’intérieur, celui de l'homme de la rupture confisquée à la gauche et celui de l'homme de la nouveauté.

En 2012, il est devenu l’homme de l’Elysée, l’homme de la complicité avec « l’establishment » et l’homme du passif.

 

La suite, nous la connaissons…

 

Au bout de 5 longues années de banalisation des idées national-populistes, le candidat sortant vient d’amorcer leur pleine légitimation républicaine. La lepénisation des esprits ne connaît plus désormais la moindre borne. Les dégâts au sein même de la demande promettent à moyen long terme d’être dévastateurs…

 

Le mobile immédiat de Nicolas SARKOZY, sa vaine tentative jusqu’au boutiste de réélection le 6 mai prochain, est devenu, dans sa nature même (matricée sur les orientations du F.N), contradictoire avec l’intérêt de la droite républicaine qui devrait chercher principalement à éviter l’hémorragie nationaliste dans ses rangs lors des élections législatives.

 

Parce que désormais la question centrale de la recomposition de la droite est celle de savoir si elle affirme une préférence nationaliste ou une préférence républicaine.

 

A cette question, aujourd’hui posée insidieusement à la droite par Mme LE PEN, personne évidemment, ne peut répondre en entraînant véritablement toute la droite. (En dépit de la réponse périssable de Nicolas SARKOZY au sujet du maintien des candidats UMP lors des élections législatives...).

 

Pourtant, l’heure de la réponse devra nécessairement intervenir à la veille du 1er  et entre les 2 tours des élections législatives…

 

L’heure de la réponse c'est-à-dire forcément les 2 réponses, c'est-à-dire la division des droites…

 

Et, de ce point de vue, une autre question se pose : quel sera le rapport entre Mme LE PEN et la partie de la droite qui manifeste sa préférence nationaliste, à savoir le groupe parlementaire de M. MARIANI et de ses 40 députés plus connu sous le nom de « Droite populaire ? »

 

Fera t’elle le choix de les condamner (par triangulaire) ou de les annexer (par enrôlement sous la bannière « Rassemblement Bleu Marine ») ?

 

Si ce 2ème choix était retenu, cela impliquerait par exemple dans le Tarn, une candidature de M. CARAYON sous l’étiquette national-populiste…

 

Quel que soit le cas de figure, quelle sera la réponse de la gauche ? Quelle sera la réponse des républicains ?

 

La responsabilité de chacun sera alors engagée. Nous n'en sommes pas encore là... Pas encore...

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