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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 06:19

Jean-Marc-Ayrault.jpg

A mesure que le pouvoir prend forme, il change de forme dans notre pays et prend une juste mesure, celle qui fait de chaque citoyen la mesure de toute chose…

 

 

De l’absolutisme au relativisme

 

A de nombreuses encablures de « l’omniprésidence », François HOLLANDE rend aujourd’hui possible une présidence conforme à l’esprit et aux normes de la République.

 

Si l’absolutisme est le fait de ce qui « délie des lois », le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT apparaît bien dans ce qu’il est profondément : intimement lié aux lois.

 

Par l’évidence de celui qui, en sa qualité de chef de gouvernement, provient, comme Président du groupe socialiste, de l’Assemblée Nationale.

 

Par la valeur de l’exemple que François HOLLANDE replace au cœur de la République. L’exemple qui ainsi agit comme un signe avant-coureur de la loi à venir tout autant que comme son principal promoteur. L’exemple qui procure la confiance utile au législateur qui s’engage et nous engage. L’exemple qui permet à la représentation (nationale), au sens étymologique du terme, de rendre quelque chose d’absent présent ; en l’occurrence, le sens d’une action politique.

 

Par l’orientation voulue du réformisme. Celui qui envisage la transformation sociale par l’usage du dialogue, par la pratique de l’équilibre, par la recherche continue de ce qui porte à conséquence et de ce qui s’inscrit dans la durée… A la faveur de l’inscription nouvelle dans la loi.

 

Par le respect d’une « solidarité organique » qui replace les deux têtes de l’exécutif dans leur fonction respective tout autant que dans leur dessein commun qui est celui de servir ensemble le changement validé par les français.

Le gouvernement actuel est, dans les faits, doté de réelles prérogatives, contrairement au précédent qui fut sous contrôle, sous administré, réduit à n’être qu’une dépendance dans une arrière-cour de l’Elysée…

 

 

De la culture de la délimitation à la culture partagée

 

La nature de la composition du gouvernement, de la répartition des attributions des ministères et des correspondances qui existent entre eux est déjà en-soi une rupture avec le gouvernement précédent mais également avec les usages préexistants.

 

Les décrets d’attribution des ministères qui viennent d’être publiés au journal officiel en témoignent. Des choix annonciateurs d’une orientation politique.

 

Le Ministre de l’économie et des finances, Pierre MOSCOVICI, prend la tête d’un gros portefeuille avec la responsabilité pleine et entière des comptes publics, des règles relatives aux finances locales, de l’équilibre des comptes sociaux et des mesures de financement de la protection sociale. Mais son autorité sera, sur la direction de la Sécurité sociale, conjointe avec la Ministre aux affaires sociales, Marisol TOURAINE. De la même manière, Bercy perd la tutelle de la réforme de l’Etat et de la fonction publique.

La direction générale des collectivités locales (DGCL) sera désormais partagée, sous l’autorité conjointe du Ministre de l’intérieur, Manuel VALLS et de la Ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise LEBRANCHU.

L’agence des participations de l’Etat (APE) ne sera plus du seul ressort du Ministre de l’économie mais placée sous l’autorité conjointe de Pierre MOSCOVICI et Arnaud MONTEBOURG, Ministre du redressement productif.

 

Contrairement à la précédente majorité où la Direction de l’énergie et du climat dépendait fortement du Ministre de l’industrie, la nouvelle Ministre de l’Ecologie « élabore et met en œuvre la politique de l’énergie, afin notamment d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la lutte contre le réchauffement climatique. »

Un choix conforme à la philosophie du Parti Socialiste qui inscrivit en 2008 dans l’article 7 de sa Déclaration de principes que : « Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de leur production. » Et dans son article 4 : « Les socialistes veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. »

 

De nombreux autres exemples existent de ces attributions partagées avec comme l’indique la porte-parole du gouvernement, Najat VALLAUD-BELKACEM, une « autorité conjointe » sur un certain nombre de dossiers.

« Plusieurs Ministres seront ainsi amenés à intervenir en bonne intelligence, en bonne entente. » « Les administrations seront au service de chaque ministère. »

 

Nous sommes au cœur de l’inspiration de ce gouvernement qui élabore une culture partagée du pouvoir ainsi que des politiques transversales pour une action globale.

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