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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:14

 

terre_patrie.jpgLa régulation du monde plutôt que la "démondialisation".

 

La « démondialisation » c’est quoi ?

Au-delà du réflexe du « c’était mieux avant », les tenants de la démondialisation suggèrent de rendre le monde un peu moins monde… Tout un programme me direz-vous. Encore que la colonisation de la planète Mars pourrait un jour ou une nuit leur donner gain de cause…

 

En attendant, loin de chercher à rendre ce monde-ci plus juste, plus accessible, plus respectueux de l’environnement, les chantres du « démonde » suggèrent de revenir à « l’état de nature de l’Etat ».

 

Ce temps béni où les consciences nationales remplaçaient avantageusement les consciences mondiales du jour, où chacun était chez soi, où les structures internationales n’en étaient qu’à leur balbutiement, où le protectionnisme était la loi de tous les Etats, où l’Europe n’était caressée par quelques-uns que comme un rêve, ce temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître…

 

Devant une telle offensive du camp de la réaction, au sens propre du terme, je ne peux m’empêcher de penser à la lettre adressée par Victor Hugo aux membres du Congrès de la paix à Lugano le 20 septembre 1872 :

 

"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe , qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis couronnent le nouveau [...], nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des Empereurs ; nous aurons la patrie sans frontières, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l' éducation sans l' abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l' échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans enfer, l' amour sans la haine [...] "

 

Les prescripteurs de la démondialisation nous préconisent donc le retour au monde clos qui passe nécessairement par l’abandon de l’univers infini tel que dessiné par la révolution galiléenne ou la découverte du calcul infinitésimal par Leibniz et Newton qui ont profondément modifié la conscience qu'a l'homme de lui-même et de sa place dans l'univers.

 

Surtout, nos réactionnaires de ce début de XXIème siècle, nient en bloc l’interdépendance sans cesse croissante qui existe entre les Etats et les a ainsi engagé à se rapprocher.

 

Ils oublient que nous vivons aujourd’hui dans une « Terre-patrie » (cf : ouvrage d’Edgar Morin) qui fait de nous des citoyens du monde. Et que la mondialisation de la culture, de la démocratie, des droits de l’Homme, de l’information, de la connaissance, mais aussi des échanges, constituent un progrès sans borne pour toutes celles et ceux qui sont épris de liberté.

 

Alors, oui, il faut que cette mondialisation soit régulée pour qu’elle serve la justice qui est très gravement mise en cause par la main invisible du marché qui se transforme en « poing invisible » pour les plus faibles.

 

Et pour ce faire, il convient de renforcer le rôle des instances de régulation nationales et internationales, de renforcer le rôle du politique.

 

Mais certainement pas de préconiser le retour au passé : en remettant en cause l’Euro, la construction européenne, le libre-échange et les institutions internationales qui ne doivent pas être balayées mais bien plutôt renforcées.

 

Henri Lacordaire résumait bien cette exigence de l’intervention régulatrice par ces quelques mots :

 

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit. » 

 

Aujourd’hui, les lois sont, par les hommes et pour les hommes, toujours à faire. Particulièrement les lois internationales…

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Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
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