Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:01

francois-hollande-sous-pluie_51997_23wzir.jpg  

De l’investiture à la mise en place du gouvernement, François HOLLANDE inaugure une présidence nouvelle.

Forcément nouvelle dans la mesure où sa victoire signe la défaite de celui qui appartient désormais avec Valéry Giscard d’Estaing, au pool des deux Présidents de la Vème République à ne pas avoir été réélus ; c’est à dire à avoir été éconduits…

 

C’est cette promesse d’une Présidence nouvelle qui a rendu possible la victoire et c’est la victoire qui rend possible la Présidence nouvelle.

 

D’évidence, c’est le changement qui est attendu par les Français.

 

Le changement de destination de la politique économique, sociale, industrielle, fiscale, éducative, territoriale, de la France.

Le changement de destinataires qui sont légitimement toujours plus nombreux à attendre que le redressement de notre pays se produise dans la justice et dans la conduite d’un destin qui soit réellement partagé.

Le changement attendu dans la contingence de la réalité vécue de chacun-e-

 

Ce changement qui ne saurait exister sans l’impulsion première donnée ces jours derniers par François HOLLANDE.

Et, de ce point de vue, le Président socialiste, eu égard aux « coutumes » qui l’ont précédé, inaugure un autre rapport au pouvoir, un « pouvoir autrement ».

Un pouvoir exemplaire pétri de morale sans le moralisme, un pouvoir incarné avec du symbole sans le sacré, un pouvoir empreint de dignité sans la condescendance.

 

 

La valeur de l’exemple contre l’exemple de la valeur.

 

Pour la droite, le pouvoir constitue prioritairement et à lui seul la marque de la valeur ultime. A la fois révélateur de l’excellence due au rang, but en soi et exercice autosuffisant, il représente par définition la destination finale…

Il est l’exemple de la valeur. Une valeur supérieure et permanente dotée d’une substance « en-soi »…

Nicolas SARKOZY a ajouté à cette culture du pouvoir multiséculaire à droite, la culture de l’entreprise afin d’asseoir notamment sa revalorisation salariale de près de 170 % pour effectuer le « job ».

 

Pour la gauche le pouvoir n’a « en-soi » qu’une valeur relative. Il n’est que la continuation de la volonté politique par un autre moyen. Un outil. Il n’y a pas véritablement, à gauche, d’essence du pouvoir.

Celui-ci n’est rien de plus que l’expression d’une volonté populaire qui aspire au changement, le prolongement du suffrage universel qui indique une orientation, le moyen dont l’usage permet la transformation sociale. Ou presque rien de plus…

C’est le « sur-moi » du pouvoir qui a de la valeur : c’est l’intention qui compte. Le pouvoir est second, il doit être conforme à la volonté d’origine, il doit rendre des comptes, se justifier, il ne doit pas décevoir. Il est potentiellement coupable…

Vous savez, ce lointain remords de la gauche d’être au pouvoir. C’est une vieille, une mauvaise habitude qui habite la gauche française : l’accession au pouvoir déclenche la conscience du remords à venir… Sur le mode : « maintenant que nous avons gagné, il nous faut tenter de nous faire pardonner. » Comme si la gauche intériorisait une culpabilité prométhéenne de se trouver dans l’exercice du pouvoir qui agirait fatalement comme un corrupteur de sa conscience… De ce point de vue, il n’est que temps que la gauche assume la relation entre la permanence de ses valeurs et la transformation de ses moyens. (J’y reviendrai prochainement). Ses 3  victoires à l’élection présidentielle qui prouvent au fond que la gauche au pouvoir c’est possible, c’est durable puis normal, doivent nous faire avancer dans cette perspective.

 

Pour la gauche donc, le pouvoir tire sa justification de la valeur de l’exemple. Valeur que François HOLLANDE, avec juste raison, replace au cœur de la République.

L’exemple est avant toute autre considération une approche de déontologie qui vaut « en-soi ». C’est tout le sens de la Charte de déontologie adoptée par le tout nouveau conseil des ministres. Avec notamment la signature d’une déclaration d’intérêt, la remise des cadeaux au service des domaines, la renonciation à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère », le non-cumul des mandats, la valorisation des logements de fonction comme avantage en nature (pour le fisc)…

 

L’exemple, dans sa fonction de modèle et dans son incitation à être imité, est également une préfiguration d’une action proposée et à venir. Une sorte « d’expérience partielle » pouvant illustrer le sens d’une action globale. La réduction de 30 % des émoluments des ministres prend acte de la crise économique et indique les efforts qui devront être consenti pour plus de justice sociale et fiscale.

 

Mais plus largement, il peut également constituer une philosophie de l’engagement qui propose le but comme chemin… Et non comme une destination plus ou moins exotique…

 

La manière dont on appréhende et dont on pratique le pouvoir serait alors de nature à produire des exemples… à suivre.

 

Et en ce sens, ces exemples peuvent être vus comme des actions contingentes pleines et entières qui font sens pour les citoyens.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans République
commenter cet article

commentaires