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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 06:19

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A mesure que le pouvoir prend forme, il change de forme dans notre pays et prend une juste mesure, celle qui fait de chaque citoyen la mesure de toute chose…

 

 

De l’absolutisme au relativisme

 

A de nombreuses encablures de « l’omniprésidence », François HOLLANDE rend aujourd’hui possible une présidence conforme à l’esprit et aux normes de la République.

 

Si l’absolutisme est le fait de ce qui « délie des lois », le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT apparaît bien dans ce qu’il est profondément : intimement lié aux lois.

 

Par l’évidence de celui qui, en sa qualité de chef de gouvernement, provient, comme Président du groupe socialiste, de l’Assemblée Nationale.

 

Par la valeur de l’exemple que François HOLLANDE replace au cœur de la République. L’exemple qui ainsi agit comme un signe avant-coureur de la loi à venir tout autant que comme son principal promoteur. L’exemple qui procure la confiance utile au législateur qui s’engage et nous engage. L’exemple qui permet à la représentation (nationale), au sens étymologique du terme, de rendre quelque chose d’absent présent ; en l’occurrence, le sens d’une action politique.

 

Par l’orientation voulue du réformisme. Celui qui envisage la transformation sociale par l’usage du dialogue, par la pratique de l’équilibre, par la recherche continue de ce qui porte à conséquence et de ce qui s’inscrit dans la durée… A la faveur de l’inscription nouvelle dans la loi.

 

Par le respect d’une « solidarité organique » qui replace les deux têtes de l’exécutif dans leur fonction respective tout autant que dans leur dessein commun qui est celui de servir ensemble le changement validé par les français.

Le gouvernement actuel est, dans les faits, doté de réelles prérogatives, contrairement au précédent qui fut sous contrôle, sous administré, réduit à n’être qu’une dépendance dans une arrière-cour de l’Elysée…

 

 

De la culture de la délimitation à la culture partagée

 

La nature de la composition du gouvernement, de la répartition des attributions des ministères et des correspondances qui existent entre eux est déjà en-soi une rupture avec le gouvernement précédent mais également avec les usages préexistants.

 

Les décrets d’attribution des ministères qui viennent d’être publiés au journal officiel en témoignent. Des choix annonciateurs d’une orientation politique.

 

Le Ministre de l’économie et des finances, Pierre MOSCOVICI, prend la tête d’un gros portefeuille avec la responsabilité pleine et entière des comptes publics, des règles relatives aux finances locales, de l’équilibre des comptes sociaux et des mesures de financement de la protection sociale. Mais son autorité sera, sur la direction de la Sécurité sociale, conjointe avec la Ministre aux affaires sociales, Marisol TOURAINE. De la même manière, Bercy perd la tutelle de la réforme de l’Etat et de la fonction publique.

La direction générale des collectivités locales (DGCL) sera désormais partagée, sous l’autorité conjointe du Ministre de l’intérieur, Manuel VALLS et de la Ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise LEBRANCHU.

L’agence des participations de l’Etat (APE) ne sera plus du seul ressort du Ministre de l’économie mais placée sous l’autorité conjointe de Pierre MOSCOVICI et Arnaud MONTEBOURG, Ministre du redressement productif.

 

Contrairement à la précédente majorité où la Direction de l’énergie et du climat dépendait fortement du Ministre de l’industrie, la nouvelle Ministre de l’Ecologie « élabore et met en œuvre la politique de l’énergie, afin notamment d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la lutte contre le réchauffement climatique. »

Un choix conforme à la philosophie du Parti Socialiste qui inscrivit en 2008 dans l’article 7 de sa Déclaration de principes que : « Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de leur production. » Et dans son article 4 : « Les socialistes veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. »

 

De nombreux autres exemples existent de ces attributions partagées avec comme l’indique la porte-parole du gouvernement, Najat VALLAUD-BELKACEM, une « autorité conjointe » sur un certain nombre de dossiers.

« Plusieurs Ministres seront ainsi amenés à intervenir en bonne intelligence, en bonne entente. » « Les administrations seront au service de chaque ministère. »

 

Nous sommes au cœur de l’inspiration de ce gouvernement qui élabore une culture partagée du pouvoir ainsi que des politiques transversales pour une action globale.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:01

francois-hollande-sous-pluie_51997_23wzir.jpg  

De l’investiture à la mise en place du gouvernement, François HOLLANDE inaugure une présidence nouvelle.

Forcément nouvelle dans la mesure où sa victoire signe la défaite de celui qui appartient désormais avec Valéry Giscard d’Estaing, au pool des deux Présidents de la Vème République à ne pas avoir été réélus ; c’est à dire à avoir été éconduits…

 

C’est cette promesse d’une Présidence nouvelle qui a rendu possible la victoire et c’est la victoire qui rend possible la Présidence nouvelle.

 

D’évidence, c’est le changement qui est attendu par les Français.

 

Le changement de destination de la politique économique, sociale, industrielle, fiscale, éducative, territoriale, de la France.

Le changement de destinataires qui sont légitimement toujours plus nombreux à attendre que le redressement de notre pays se produise dans la justice et dans la conduite d’un destin qui soit réellement partagé.

Le changement attendu dans la contingence de la réalité vécue de chacun-e-

 

Ce changement qui ne saurait exister sans l’impulsion première donnée ces jours derniers par François HOLLANDE.

Et, de ce point de vue, le Président socialiste, eu égard aux « coutumes » qui l’ont précédé, inaugure un autre rapport au pouvoir, un « pouvoir autrement ».

Un pouvoir exemplaire pétri de morale sans le moralisme, un pouvoir incarné avec du symbole sans le sacré, un pouvoir empreint de dignité sans la condescendance.

 

 

La valeur de l’exemple contre l’exemple de la valeur.

 

Pour la droite, le pouvoir constitue prioritairement et à lui seul la marque de la valeur ultime. A la fois révélateur de l’excellence due au rang, but en soi et exercice autosuffisant, il représente par définition la destination finale…

Il est l’exemple de la valeur. Une valeur supérieure et permanente dotée d’une substance « en-soi »…

Nicolas SARKOZY a ajouté à cette culture du pouvoir multiséculaire à droite, la culture de l’entreprise afin d’asseoir notamment sa revalorisation salariale de près de 170 % pour effectuer le « job ».

 

Pour la gauche le pouvoir n’a « en-soi » qu’une valeur relative. Il n’est que la continuation de la volonté politique par un autre moyen. Un outil. Il n’y a pas véritablement, à gauche, d’essence du pouvoir.

Celui-ci n’est rien de plus que l’expression d’une volonté populaire qui aspire au changement, le prolongement du suffrage universel qui indique une orientation, le moyen dont l’usage permet la transformation sociale. Ou presque rien de plus…

C’est le « sur-moi » du pouvoir qui a de la valeur : c’est l’intention qui compte. Le pouvoir est second, il doit être conforme à la volonté d’origine, il doit rendre des comptes, se justifier, il ne doit pas décevoir. Il est potentiellement coupable…

Vous savez, ce lointain remords de la gauche d’être au pouvoir. C’est une vieille, une mauvaise habitude qui habite la gauche française : l’accession au pouvoir déclenche la conscience du remords à venir… Sur le mode : « maintenant que nous avons gagné, il nous faut tenter de nous faire pardonner. » Comme si la gauche intériorisait une culpabilité prométhéenne de se trouver dans l’exercice du pouvoir qui agirait fatalement comme un corrupteur de sa conscience… De ce point de vue, il n’est que temps que la gauche assume la relation entre la permanence de ses valeurs et la transformation de ses moyens. (J’y reviendrai prochainement). Ses 3  victoires à l’élection présidentielle qui prouvent au fond que la gauche au pouvoir c’est possible, c’est durable puis normal, doivent nous faire avancer dans cette perspective.

 

Pour la gauche donc, le pouvoir tire sa justification de la valeur de l’exemple. Valeur que François HOLLANDE, avec juste raison, replace au cœur de la République.

L’exemple est avant toute autre considération une approche de déontologie qui vaut « en-soi ». C’est tout le sens de la Charte de déontologie adoptée par le tout nouveau conseil des ministres. Avec notamment la signature d’une déclaration d’intérêt, la remise des cadeaux au service des domaines, la renonciation à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère », le non-cumul des mandats, la valorisation des logements de fonction comme avantage en nature (pour le fisc)…

 

L’exemple, dans sa fonction de modèle et dans son incitation à être imité, est également une préfiguration d’une action proposée et à venir. Une sorte « d’expérience partielle » pouvant illustrer le sens d’une action globale. La réduction de 30 % des émoluments des ministres prend acte de la crise économique et indique les efforts qui devront être consenti pour plus de justice sociale et fiscale.

 

Mais plus largement, il peut également constituer une philosophie de l’engagement qui propose le but comme chemin… Et non comme une destination plus ou moins exotique…

 

La manière dont on appréhende et dont on pratique le pouvoir serait alors de nature à produire des exemples… à suivre.

 

Et en ce sens, ces exemples peuvent être vus comme des actions contingentes pleines et entières qui font sens pour les citoyens.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:29

 

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Dans sa victoire à l'élection présidentielle, la gauche a qualifié son orientation qui est celle du changement.
Elle a ainsi, en la personne de François HOLLANDE, su incarner une  alternative par rapport à l'existant et créer les conditions de  l'alternance dans la République.
Un peu avant et un peu après la fin subite de son chef, la droite  considéra que son revers était de nature à étourdir la France.
Suggérant par la même que la gauche c'est la France à l'envers et la droite la France à l'endroit.
En suivant une telle assertion, le suffrage universel serait alors rangé au magasin des accessoires et ne serait plus que le supplément  d'âme d'une avantageuse répartition préexistante et rituelle : à la  droite, le pouvoir, à la gauche, la contestation du pouvoir...

 

Dans le déploiement d'une dialectique "ami-ennemi" sans concession pour la République, la droite oppose la gauche à la France et lui fait le procès de l'incompatibilité avec la nation...
Le soir où il fut défait, Nicolas SARKOZY donna le ton : "Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattu. Nous aimons notre pays."
La droite du jour dénie ainsi à la gauche la faculté de servir la France. Rien de moins... Vous conviendrez avec moi qu'il serait ardu d'en dire plus...

La gauche et l'anti-chambre du pouvoir.

Dans la vision "UMPiste" tout se passe comme si la droite était consubstantiellement vouée à demeurer au pouvoir. L'accès de la gauche aux responsabilités ne pourrait se produire qu'à la faveur d'un accident, d'une conjonction d'aléas.
Elle serait le résultat d'un symptôme qui témoignerait d'un malaise passager de la France, à guérir au plus tôt...
Une situation d'exception qui ne ferait que confirmer la règle communément admise selon laquelle la droite est "conçue" pour le pouvoir et la gauche matricée pour s'y opposer...
En réclamant pour elle-même la marque déposée "France éternelle", l'UMP s'arroge la propriété ontologique de notre pays en indiquant le rapport exclusif qu'elle entretiendrait avec lui...

 

Est-ce à dire que la gauche représenterait "la France temporaire" ? La gauche serait ainsi la fille illégitime de la France ...?
La droite avance pourtant 2 dialectiques contradictoires :
-D'une part, une vision maurassienne qui oppose le pays réel (où elle élit volontiers domicile) au pays légal qui serait par nature éloigné de la France éternelle. Schéma de lecture très largement développé durant la campagne électorale par Nicolas SARKOZY ;
-D'autre part, une vision gaullienne pétrie de l'évidence, qui s'imposerait à la raison de chacun-e-, selon laquelle la France serait dotée, avec la droite, d'un propriétaire...

Et il faut bien que la droite française produise un choix entre sa réclamation du pays réel opposé à ce qui tient force de loi et sa revendication en légitimisme qui semble nous dire : "Nous sommes depuis des temps immémoriaux, la loi."
Dépassant ainsi la notion de production de la loi par celle de "l'étant de la loi."

 

L'alternative contre l'endroit et l'envers.

C'est l'existence même de l'alternative qui, au sens propre du terme est un choix entre deux possibilités distinctes, qui est frappée de nullité par la droite.
Pour cette dernière, comme l'indique son slogan de campagne législative : "Ensemble, choisissons la France", il n'y a, si l'on peut dire, qu'un choix.
Comme si les électeurs étaient tous potentiellement des exilés fiscaux...
Il est à noter que ce slogan est un contre-sens. Sous couvert d'exhorter les français à choisir, il ne leur laisse pas le choix... 
Puisque toute option "autre" serait contraire à la France. Et pourquoi pas ennemie de celle-ci ...?
Réthorique relative à "l'ennemi de l'intérieur" propre aux 
cousinades thématiques UMP-FN de la campagne présidentielle.
On remarquera que tous les mouvements politiques, à l'exception notable de l'UMP, respectent la valeur fondatrice du choix devant la pluralité des offres politiques différenciées qui seule permet, dans une démocratie digne de ce nom, de proposer afin de le réaliser, un possible.
Or, dans sa disgrâce, ce parti sans doute touché par la tentation d'être unique, semble se morfondre aujourd'hui dans une nostalgique volonté de restauration. Mais de restauration de quoi...?
Tous les autres mouvements politiques, à la faveur de l'usage du mot alternative (ou de ses figures diverses) utilisé fautivement (sous l'influence de l'anglais) dans le sens d'une seconde option, valident la concurrence des projets, l'expression de la démocratie et l'affirmation de la liberté de vote du citoyen.

 

L'alternance contre l'envers et l'endroit.

L'alternance est avant tout le prolongement d'une conjonction entre une aspiration au changement et une offre de changement. Elle est également une preuve nécessaire et irréfutable que le rapport au pouvoir est empreint d'impermanence et non pas de permanence.
Au bout de 23 années d'absence de la gauche de la gouvernance nationale, la victoire de François MITERRAND en 1981, démontra par l'exemple que les socialistes au pouvoir c'est possible.
En 1988, "la force tranquille" qualifia l'idée selon laquelle la gauche, c'est durable.
En 2012, l'élection de François HOLLANDE rappelle que l'élection d'un Président socialiste, c'est normal !
Dès lors, le procès du jour intenté à la gauche sur sa prétendue incapacité à "administrer" la France, sur sa prétendue illégitimité et sur sa prétendue incompatibilité avec la nation, apparait comme étant gentiment désuet et anachronique...
Sinon pour le moins déplacé, au regard du passif laissé par la droite sur le plan de la dette, des comptes sociaux, du niveau du chômage, de la fracture territoriale et fiscale... Notamment...

 

L’habitation contre la cohabitation au sein de l’exécutif.

 

L’équilibre… Une notion qui, en politique, suscite des interprétations multiples sinon controversées…

Il y a l’équilibre institutionnel notamment entre l’exécutif et le législatif qui est une condition d’un fonctionnement régulier de nos institutions.

Il y a l’équilibre propre à une nécessaire séparation des pouvoirs chère à Montesquieu, en particulier entre celui qui relève du politique et celui qui relève du judiciaire. (Son rétablissement ne sera d'ailleurs pas un luxe...).

Il y a l’équilibre d’une politique qui, passant outre une vision fragmentée de la société, s’adresse à tous les citoyens.

 

Mais alors qu’est-ce donc que ce « nouvel équilibre » brandi par la droite du moment qui n’est rien d’autre que la volonté d’imposer à la France une cohabitation de 5 ans ?

Si ce n’est la confusion, l’incohérence, la limitation de l’action publique… ?

On a déjà vu un Président de la République placé dans cette configuration refuser de signer les ordonnances (même si, de notre point de vue, c’était pour la bonne cause…).

On a pu constater un Premier Ministre subir des engagements européens de la France qui furent contraires à sa politique de relance au niveau stato-national…

Cela existe, donc. Mais comment ignorer que c’est toujours au détriment de l’action publique ?

 

Et ce d’autant plus que :

-Le passage du septennat au quinquennat alourdit la dimension d’incompatibilité de la cohabitation (qui passe de 2 à 5 ans) avec le service de l’Etat.

-L’inversion du calendrier voulue par Lionel JOSPIN ajouté à la coincidence des mandats présidentiel et législatif pour un temps entier de 5 ans, renforce la nécessité de la cohérence entre les 2 têtes de l’exécutif.

-L’interdépendance croissante entre la politique européenne et la politique nationale exige une continuité de l’orientation portée par le Président de la République d'une part et par le Premier Ministre d'autre part.

 

Au-delà des arguments déroutés d’une droite du moment en pleine déroute, il faut se souvenir que tous les cadres de la droite française et en particulier les gaullistes, défendent depuis toujours « l’habitation » d’une seule et même politique par les deux têtes de l’exécutif.

 

La résurgence de ce canal historique conforme à la plus grande épure du mouvement gaulliste nous vient de la récente déclaration de M. GUEANT : « Institutionnellement, par principe, je pense que ce n’est pas l’esprit de la Vème République qu’il y ait une cohabitation. L’esprit de la Vème République, c’est qu’il y ait une puissance d’action publique et que par conséquent il y ait une cohérence, au sein de l’exécutif, entre le gouvernement, le Président et l’Assemblée Nationale. »

 

Une fois n’est véritablement pas coutume,… Mais, sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec Monsieur GUEANT.

 

Les 10 et 17 juin, donnons, dans l’esprit de la Vème République, une majorité forte au Président afin qu’il ait la puissance d’action publique suffisante et nécessaire pour conduire le changement voulu par les français.

 

 

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:56

 

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En ce 8 mai, François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY ont donné l’image de l’unité pour un temps suspendu qui est celui d’une commémoration nationale et qui ouvre également celui d’une transition républicaine jusqu’au 15 mai prochain, jour de la passation officielle du pouvoir présidentiel.

 

Le nouveau Président élu mesure mieux que quiconque la portée de l’image donnée dans les touts premiers jours qui succèdent à son élection.

Il avait indiqué être prêt, au service des français, à la hauteur des enjeux ? Il l'est.

 

Engagé avec sérieux, diligence et simplicité dans la préparation des premiers actes du changement.

Loin, très loin de l’image précieuse-ridicule donnée par son prédécesseur, François HOLLANDE offre le visage de l’abnégation qui envisage une action patiente et progressive.

 

Il impose une figure humble et besogneuse qui préfigure un mandat pétri de cohérence et de progressivité.

Pour un réformisme de gauche qui s’appuie sur la mise en actes du discours validé par les citoyens, sur le rassemblement des français et sur l’inscription dans la durée.

 

Ces premiers gestes semblent agir comme des augures qui offrent des signes présageant la nature et le sens du mandat qui ne tardera pas à s’ouvrir…

 

Quel événement symbolique ?

 

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François HOLLANDE va choisir un acte premier, une intervention, une commémoration ou bien encore une célébration… qui sera de nature à installer une orientation voulue de sa présidence.

 

Comme chacun-e- le sait, François MITTERRAND inaugura son mandat le 21 mai 1981, au Panthéon en consacrant 3 valeurs célébrées par le dépôt de roses sur les tombes de Victor SCHOELCHER, Jean JAURES et Jean MOULIN pour la liberté, la paix et la résistance…

Ce faisant, l’ancien Président voulut également comme l’indiqua Milan KUNDERA, « ressembler aux morts car la mort et l'immortalité formant un couple d'amants inséparables, celui dont le visage se confond avec le visage des morts est immortel de son vivant. »

Son successeur, Jacques CHIRAC, fit le choix, le 16 Juillet 1995, soixante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, de reconnaitre solennellement la responsabilité de l'Etat français dans les crimes commis pendant l'Occupation.

Il engagea ainsi la France devant son Histoire et prit par la même, le contre-pied de tous ses prédécesseurs qui de De Gaulle à Mitterrand, avaient au contraire défendu l’idée que Vichy n'était pas la France et l'Etat français seulement une parenthèse.

On peut aujourd’hui penser que François HOLLANDE fera un choix symbolique qui sera en rupture avec les errements de la présidence de Nicolas SARKOZY. Et peut-être aussi en décalage avec le goût immodéré (?) de François MITTERRAND pour le marbre de l’éternité…

Un choix, au fond, qui lui ressemble : fait de porosité, de rassemblement et de générosité…

 

Quel gouvernement ?

 

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En ce qui concerne le choix de son 1er Ministre (qui sera un-e- socialiste), François HOLLANDE se prononcera certainement en faveur d’un proche.  En 1981, François MITTERRAND avait bien choisi Pierre MAUROY et non Michel ROCARD…

La netteté de son résultat et la relative faiblesse (au regard de ce qui était attendu…) de celui du Front de Gauche le conforteront dans cette voie.

Le Président socialiste a déjà annoncé que l’équipe gouvernementale respecterait le principe de la parité homme-femme. Il favorisera sans doute la diversité. 

De nouveaux talents, révélés durant la campagne, doivent se confirmer dans l’exercice des responsabilités de l’Etat.

Un panachage entre l’expérience utile et un renouvellement souhaitable devrait être de mise.

Une équipe resserrée et non pléthorique sera une marque supplémentaire de la volonté d’exemplarité en matière de maîtrise des finances publiques.

L’ouverture aux radicaux de gauche, aux Verts et à des communistes est en question… Nous verrons.

 

Quelle Assemblée nationale ?

 

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A la faveur de l’obtention d’une majorité lors des élections législatives, les représentants de l’U.M.P disent vouloir rééquilibrer les pouvoirs…

Il est vrai que la gauche détient aujourd’hui de nombreux instruments du pouvoir républicain sur le plan national (Présidence de la République, Sénat), territorial (la quasi-totalité des Conseils régionaux, la majorité des Conseils généraux) et local (de nombreuses communes, grandes, moyennes et petites…).

 

Mais il ne saurait y avoir d’équilibre sans cohérence, sans continuité et sans stabilité.

Or, le fait de vouloir priver le nouveau Président de la République d’une majorité à l’Assemblée Nationale, c’est chercher à contrefaire ce que le suffrage universel a déjà fait.

C’est tenter de soustraire à la souveraineté déjà exprimée une part conséquente de cette même souveraineté.

C’est suggérer d’installer une cohabitation de 5 ans entre les 2 têtes de l’exécutif alors que la France a besoin aujourd’hui plus que jamais d’être habitée par une orientation claire.

C’est faire le choix de l’instabilité institutionnelle alors qu’il est impératif d’œuvrer au redressement national.

C’est faire le choix d’une indépassable contradiction là où il est nécessaire d’assurer la cohérence d’une orientation, la continuité d’une action et le développement durable d’une politique dans le temps entier d’un mandat.

 

Lire l'article de Guy CARCASSONNE, professeur en droit public, intitulé “Tous les pouvoirs ?” :

http://www.huffingtonpost.fr/guy-carcassonne/tous-les-pouvoirs-gauche_b_1503618.html?ref=france

 

 

 61 % des français se prononcent aujourd'hui pour une majorité favorable à François HOLLANDE.

Le nouveau Président de la République a reçu un mandat du peuple de France pour conduire le changement. Il reste à lui en donner les moyens.

 

A l’aube de son début d'exercice, François HOLLANDE entend cultiver ce qui fait sa marque de fabrique : une attention particulière portée aux citoyens, un sens aigu du service de l’Etat, une propension naturelle au rassemblement.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:37

 

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Comment ne pas penser, en cette journée de l’Europe, à la Lettre tout à la fois visionnaire et d’actualité que Victor HUGO adressa aux membres du Congrès de la paix à Lugano, le 20 septembre 1872 ?

 

Juste pour le plaisir :

 

"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis couronnent le nouveau [...], nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des Empereurs ; nous aurons la patrie sans frontières, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l' éducation sans l'abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l' échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans enfer, l'amour sans la haine [...] "

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 15:58

 

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En ce 7 mai, quelque chose a changé, l’air semble plus léger, la lumière plus intense, les couleurs plus vives. Pourtant, comme souvent j’ai décidé de couper par le jardin, le même jardin…

Mais rapidement, une idée s’avance, elle prend forme, elle s’impose à la raison et devient réalité : François HOLLANDE vient d’être élu Président de la République !

 

« Quelle Histoire ! ». C’est ainsi que François MITTERRAND exprima son regard sur l’Histoire en y faisant son entrée. Ce fut le 10 mai 1981, à Châteauchinon.

2 mandats plus tard, l’ancien Président, le jour de son départ de l’Elysée, indiqua aux socialistes rassemblés rue de Solférino que désormais l’alternance était inscrite dans le cours de la vie politique française…

 

François HOLLANDE vient de le confirmer par son éclatante victoire. Pour notre plus grand bonheur. Il est temps d'en apprécier la saveur, maintenant !

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:19

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La victoire de Samothrace

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:02

 

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Le 1er mai : le jour où les atteignants s’atteignirent ?

 

Président. Le 1er mai, la 1ère fois, le 1er jour où Nicolas SARKOZY a cessé de l’être et où François HOLLANDE l’est devenu.

 

Le candidat sortant a, ce jour-là décidément choisi, à la faveur de la poursuite d’une dialectique ami-ennemi, la confrontation pure. Celle qui recherche à entamer la journée internationale du travail et des travailleurs par l’exercice de « la réaction » au mouvement progressiste de revendications sociales.

Par la création de ce rassemblement anti-social, Nicolas SARKOZY s’est ainsi dépossédé des attributs de sa fonction présidentielle.

Il a symboliquement démissionné.

 

François HOLLANDE a eu raison devant cette culture de la différence de cultiver l’indifférence et de se tenir à distance de la division afin de ne pas entrer dans le jeu de la confrontation et de ne pas ajouter de la confusion à la confusion.

Il est ainsi devenu de fait le garant du rassemblement de la République.

 

Ce faisant, le candidat socialiste fait le choix de la hauteur de vue et du respect de l’autonomie du mouvement syndical tout en appuyant la cause de cette journée internationale : "Je veux que ce 1er mai soit celui du droit au travail pour la génération qui vient".

 

Surtout, par la commémoration de la mort de Pierre BEREGOVOY, il rend hommage à un homme d’Etat aux origines modestes et au destin de militant puis de serviteur de la République au dévouement sans faille.

 

L’ancien 1er Ministre pour lequel l’éthique de responsabilité ne pouvait jamais s’exprimer sans l’éthique de conviction, ne put supporter que l’on attente, à son endroit, à leur étroite liaison… Lui qui, par "sa mort voulue", fit le choix de partir par là où il était venu : de l'insigne d'un 1er mai... Emportant avec lui son secret d'homme.

 

François HOLLANDE, dans cet exercice, s’est mis plus que jamais dans les pas de François MITTERRAND dont il disait à Carmaux : « il a commencé sa campagne ici en 1980,… je la continue ». Le candidat socialiste a ainsi contracté le symbole ultime de la fonction présidentielle.

Et de ce point de vue, il démontre une fois encore qu'il en a parfaitement saisi la nature et le sens. Il faut, pour cet exercice, être doué de tant de qualités et notamment de souplesse d'esprit et du sens du symbole. (Ce qui, au-delà de leurs dimensions respectives, a manifestement manqué à Michel ROCARD, Edouard BALLADUR, Alain JUPPE, Lionel JOSPIN, Ségolène ROYAL, Martine AUBRY...).

 

Mais revenons au 1er mai...

 

Voici des extraits du discours de François MITTERRAND prononcé le 4 mai 1993 :

« Je parle au nom de la France, lorsque je dis devant son cercueil qu’avec Pierre Bérégovoy elle a perdu l'un de ses meilleurs serviteurs et qu'elle en prend conscience sous le choc d’un drame où se mêlent grandeur et désespoir, la grandeur de celui qui choisit son destin, le désespoir de celui qui souffre d'injustice à n'en pouvoir se plaindre, à n'en pouvoir crier.

(…)

L'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l'annonce de ce qui s'est passé samedi, en fin de journée, près de Nevers, sa ville, notre ville, au bord d'un canal où il était souvent venu goûter la paix et la beauté des choses, lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy.

 

Nous sommes autour de vous Madame, autour de vos enfants, de votre cercle de famille, avec le sentiment déchirant de ne pouvoir que vous accompagner sur le chemin qui reste à faire. Un signe, un regard, une certaine façon de se taire pour penser ou prier, le culte du souvenir et l'honneur d'être vos amis, voilà tout ce que nous possédons pour vous aider à vivre l'absence, l'insupportable, l'incompréhensible absence. Mais avec nous voyez cette foule, avant-garde des millions de Français qui dans tout le pays partagent notre douleur. Voyez Nevers, voyez la Nièvre, toutes opinions confondues, qui viennent à vous, qui vous retrouvent et qui vous aiment. J'ai moi-même tant et tant parcouru ces chemins que je reconnais la vieille terre fidèle où il va reposer, et je pense à ces derniers mots du grand savant Jacques Monod que chacun répète en soi-même jusqu'à la fin : «Je cherche à comprendre.»

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:42

 

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Voyage au centre de l’extrême : La menace national-populiste.

 

Depuis son discours de Longjumeau dans lequel il indiqua que « LE PEN était compatible avec la République », Nicolas SARKOZY poursuit ce que François HOLLANDE qualifie très justement de fuite en avant.

 

Sans honneur, sans vergogne et dans le plus grand mépris pour les institutions dont il demeure légalement le premier dépositaire, le candidat sortant dilapide notre bien le plus cher, celui qui est public, celui qui est commun, celui qui est consubstantiel à l’identité même de la France : la République.

 

Animé par le désespoir de la seule cause (le pourcentage) qui ait à ses yeux un prix, le locataire de l’Elysée est, lors de cet entre-deux tours, dans une épure de lui-même ; unilatéralement, invariablement, inlassablement pétri de la seule approche qui le caractérise véritablement : « l’approche client. »

 

Dès lors, la réponse univoque à la demande constitue sa seule matrice, le mouvement perpétuel représente sa seule matière, la concurrence libre et non faussée produit sa seule règle du jeu…

 

Tel un spéculateur en bourse, Nicolas SARKOZY qui cherche à faire monter sa côte, ignore toute limite, toute résistance, toute entrave à l’exercice de sa geste politique qui n’est que geste.

 

Le principal enseignement que l’on peut tirer du résultat du vote en faveur de Mme LE PEN c’est qu’il s’inscrit dans un développement durable dans notre pays.

Avec 17,90 % des suffrages exprimés, elle totalise en effet 950 000 voix de plus que son père en 2002. Et de ce point de vue, je le répète, la faiblesse du résultat du F.N en 2007, agit comme un trompe l’œil dans le rapport au diagnostic sur la réalité de la demande national-populiste qui, loin d’avoir baissé, a été entretenue et confortée.

En 2007, Nicolas SARKOZY offrait alors un « débouché » aux thématiques d’extrême droite visitées : celui de l’homme venu de l’intérieur, celui de l'homme de la rupture confisquée à la gauche et celui de l'homme de la nouveauté.

En 2012, il est devenu l’homme de l’Elysée, l’homme de la complicité avec « l’establishment » et l’homme du passif.

 

La suite, nous la connaissons…

 

Au bout de 5 longues années de banalisation des idées national-populistes, le candidat sortant vient d’amorcer leur pleine légitimation républicaine. La lepénisation des esprits ne connaît plus désormais la moindre borne. Les dégâts au sein même de la demande promettent à moyen long terme d’être dévastateurs…

 

Le mobile immédiat de Nicolas SARKOZY, sa vaine tentative jusqu’au boutiste de réélection le 6 mai prochain, est devenu, dans sa nature même (matricée sur les orientations du F.N), contradictoire avec l’intérêt de la droite républicaine qui devrait chercher principalement à éviter l’hémorragie nationaliste dans ses rangs lors des élections législatives.

 

Parce que désormais la question centrale de la recomposition de la droite est celle de savoir si elle affirme une préférence nationaliste ou une préférence républicaine.

 

A cette question, aujourd’hui posée insidieusement à la droite par Mme LE PEN, personne évidemment, ne peut répondre en entraînant véritablement toute la droite. (En dépit de la réponse périssable de Nicolas SARKOZY au sujet du maintien des candidats UMP lors des élections législatives...).

 

Pourtant, l’heure de la réponse devra nécessairement intervenir à la veille du 1er  et entre les 2 tours des élections législatives…

 

L’heure de la réponse c'est-à-dire forcément les 2 réponses, c'est-à-dire la division des droites…

 

Et, de ce point de vue, une autre question se pose : quel sera le rapport entre Mme LE PEN et la partie de la droite qui manifeste sa préférence nationaliste, à savoir le groupe parlementaire de M. MARIANI et de ses 40 députés plus connu sous le nom de « Droite populaire ? »

 

Fera t’elle le choix de les condamner (par triangulaire) ou de les annexer (par enrôlement sous la bannière « Rassemblement Bleu Marine ») ?

 

Si ce 2ème choix était retenu, cela impliquerait par exemple dans le Tarn, une candidature de M. CARAYON sous l’étiquette national-populiste…

 

Quel que soit le cas de figure, quelle sera la réponse de la gauche ? Quelle sera la réponse des républicains ?

 

La responsabilité de chacun sera alors engagée. Nous n'en sommes pas encore là... Pas encore...

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 16:17

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Tel le coyote de la Warner Bros, le candidat sortant a franchi, avec le 1er tour, une falaise …  Il se situe désormais outre République…

 

D’abord parce que, eu égard au vote sanction très largement dirigé contre lui et son bilan lors du 1er tour et à la faiblesse de ses provisions de voix en vue du second tour, il se transforme en objet « kitsch ».

Comme l’indiquait Milan Kundera : « Avant d'être oublié, il est changé en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli. »

Plus tout à fait Président et pas encore ex-Président. Pas encore…

 

Ensuite parce que le candidat sortant choisit délibérément de franchir le mur du son des valeurs de la République.

Il est peu de dire qu’il les avait déjà mises rudement à l’épreuve dans le temps entier de son mandat. Depuis la création du ministère de l’identité nationale jusqu’aux menaces proférées à l’encontre de la laicité, en passant par le discours de Grenoble, les tentatives d’attentat à l’encontre de la République ont souvent réussi…

 

Mais aujourd’hui, avec son discours de Longjumeau, Nicolas SARKOZY a franchi un nouveau seuil. Il est passé de l’autre côté !

 

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Tout y est passé. La filiation chrétienne de la France, la machine à intégrer qui s’est « embolisée », l’immigration qui n’est motivée que par la seule attraction des prestations sociales, la carte vitale qui doit être biométrique pour éviter la fraude, la division par 2 des flux d’entrée, l’organisation d’un examen d’entrée pour vérifier « la compatibilité républicaine », l’opposition au droit de vote des étrangers aux élections locales, l’affirmation toujours et encore d’un différentialisme culturel…

Une litanie en forme de catalogue, jusqu’à la nausée…

 

Le candidat sortant, après avoir défait la France sur le plan économique et social, achève sa tentative de déconstruction de la République. En 2 semaines de campagne, il ne pourra certainement pas gagner la présidence de la République, par contre, il pourra assurément en saper un peu plus encore les fondements.

 

Par la production toujours recommencée d’un discours de banalisation des thèses du Front National, il nourrit, il conforte, il exulte une demande en faisant mine d’y répondre par l’écho assourdissant de la France qu’il célèbre : une France blafarde.

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