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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 11:39

 

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Nettement et durablement distancé dans les enquêtes d’opinion, Nicolas SARKOZY est en quelque sorte condamné à exister pour survivre…

Il recherche, pour tenter d’éviter le décrochage, la production de la différence…

 

La différence ontologique :

Celle qui consiste à revendiquer le courage là où les autres seraient des pleutres.

A la faveur d’une « confection maison » qui sonne comme une tentative de transformer l’impopularité en grandeur d’âme… Comme si le fait de taper à bras raccourcis sur les personnes défavorisées constituait une haute valeur humaine…

 

La différence de rythme :

François HOLLANDE est parti tôt, il déroule sa campagne en demeurant en tête, en conservant et en amplifiant son avance.

Nicolas SARKOZY en déclarant sa candidature mercredi, va tenter de produire une rupture de rythme, de couper la linéarité du temps politique qui appartient à François HOLLANDE …

 

Le différentialisme culturel :

Conçue par le Club de l’horloge, théorisée par Bruno MEGRET, mise en scène par Jean-Marie LE PEN à travers « la préférence nationale », cette idéologie pernicieuse fonde le différentialisme non plus sur la notion de race mais sur celle de culture.

Elle pose comme postulat la prétendue non-équivalence entre les cultures, les civilisations, dans le but de les hiérarchiser et d’établir une différence des droits.

Nicolas SARKOZY en est aujourd’hui le promoteur décomplexé... Dans un seul but : reprendre à son compte « le capital » de l’électorat du F.N et se placer en tête du 1er tour de l’élection présidentielle.

 

La différence des valeurs :

En échec particulièrement sur le plan économique et social, Nicolas SARKOZY, cherche à installer le débat sur un terrain qui lui semble moins défavorable : les valeurs (ce qui reste à prouver…). Travail, famille, responsabilité… Avec une méthode inspirée de Gramsci dans la recherche de l’hégémonie culturelle.

  

Clairement installé en pôle-position, François HOLLANDE, afin d’éviter le « mano à mano » et de demeurer dans une adresse directe et continue avec les français, cultive « l’indifférence. »

  

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L’indifférence, cette geste toute mitterrandienne qui est la marque des grands. Elle ne s’applique évidemment pas aux français qui sont au centre de toute son attention, ni aux orientations politiques qui sollicitent bien sûr la faculté de faire la différence, de hiérarchiser les priorités pour faire des choix…

 

Il s’agit de l’indifférence appliquée aux épreuves, à l’adversité.

François MITTERRAND le disait : « il faut mépriser l’événement ». Ne pas cèder à l’empire des sens, diraient les stoiciens...

    

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François MITTERRAND à Assouan.

 

« Avoir la passion de l’indifférence » disait encore l’homme du 10 mai.

En d'autres termes, cela sous entend que l’un des secrets de la responsabilité consiste à garder une distance par rapport à la brutalité de chaque événement, et faire de chaque situation critique une expérience positive.

Dans la période qui vient, ce ne sera pas du luxe…

 

François HOLLANDE a raison de se concentrer sur son couloir, sur ses thèmes, sur son rythme de campagne, sur les français.

 

Pour faire gagner la France multiculturelle, la France juste, la République.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:02

Après le passage éclair du “Sarko-circus » à Lavaur, François HOLLANDE dans le Tarn ?

 

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L'arrivée de F. HOLLANDE en 2007, à… Saint-Paul-Cap-de-Joux ! Si, si...

 

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Un excellent souvenir de son discours, de son attention manifestée auprès de chacun-e-, de sa volonté politique, …

 

Et, vivement les souvenirs à venir !

 

 

Un grand merci à VDD pour les photos transmises.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 11:20

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Se hâter lentement, créer un événement d’importance sans qu’il soit pour autant central dans la campagne du candidat, manifester un volontarisme sans verser dans l’outrance, donner à voir quelques axes programmatiques sans les dévoiler tous, ne pas partir trop tard mais ne pas tout donner tout de suite, suivre une référence (mitterrandienne) en étant soi-même, attaquer l’inspiration de Sarkozy sans jamais le désigner, se livrer en tant qu’homme sans être impudique, être un brillant orateur et avoir de la profondeur, faire des promesses en évitant qu’elles déçoivent, aimer ce qui fait la France et vouloir la transformer, faire des choix et rassembler, chercher la victoire et l’exercice du pouvoir, être libre et solidaire, vouloir et pouvoir, avoir une vision globale et aimer les gens, donner du rêve, un rêve éveillé.

 

François HOLLANDE l’a fait. C’était au Bourget. Ca continue !

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 11:48

Moins de 100 jours. Un bilan au poids d’enclume. Des « affaires » qui, dans leur nombre et leur qualité, feraient presque rougir Charles Pasqua. Une impopularité digne de Francis Lalanne…

 

Mais Nicolas Sarkozy n’est pas du genre à renoncer ni à rendre les armes… On ne le pense pas spontanément faire le choix d’une douceur de vie tournée vers les couleurs bigarrées de la Toscane, les attraits de la Renaissance italienne au XVIème siècle et l’usage de la lenteur qui sied à un homme faisant le choix de méditer et deviser sur la condition humaine …

 

La rapidité et la fulgurance de son accès au sommet du pouvoir n’a pas d’équivalent dans l’Histoire de la Vème République.

Il est un homme des temps courts, un homme de vitesse… Aujourd’hui face à son destin, bien décidé à ne pas le laisser lui échapper…

 

Et pour ce faire, tous les moyens semblent être bons.

A commencer par celui de « la tactique de la terre déserte. »

Celle-ci se résume bien dans ces paroles de Charles V le sage : « Mieux vaut pays pillé que pays perdu » et consiste à faire le vide devant l'adversaire en stockant hommes et biens dans des endroits hors d'atteinte, sans toutefois détruire le pays.

(Ouf alors ! Nous voilà rassurés !)

   

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Ici, ce sont les finances qui sont vidées de leur substance, les marges de manœuvre qui sont ainsi confisquées, le champ des possibles et le sens même de l’alternative qui paraissent alors stockés dans des endroits hors d’atteinte…

 

L’hiver… Nicolas Sarkozy semble avoir convoqué rien de moins que l’hiver de la politique. Un climat choisi à dessein qui consiste à faire de toute proposition programmatique une contre-production qui s’abattrait immanquablement sur la neige d’une France en deuil.

 

Le deuil selon lui nécessaire de l’Etat providence, des acquis sociaux, des services publics et pourquoi pas un jour ou une nuit… des collectivités territoriales ?

 

Le tout imposé par des « circonstances qui commandent », celles d’un temps de crise dont les causes seraient toutes antécédentes à son mandat et étrangères à son action…

 

Le vide… C’est le produit sans taille, sans couleur ni densité que Nicolas Sarkozy semble bel et bien confectionner autour de lui, par « l’exercice du trop plein… »

   

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 Le vide financier :

Depuis 10 ans, la droite a multiplié la dette par 2 par une politique qui ne profite qu’à une minorité de nos concitoyens les plus aisés.

 

Le vide de la politique d’austérité :

 

Fort de ce bilan, le gouvernement impose au pays une cure d’austérité brutale et injuste, désastreuse économiquement et financièrement inefficace.

 

Le vide de la politique :

 

Toute proposition qui ne serait pas préalablement couronnée d’un entonnoir, serait donc, du point de vue de la droite, nulle et non avenue dans le débat politique. La création de 60 000  postes d’enseignants dans l’éducation nationale, par exemple… (Ceci étant, sans vouloir être mauvaise langue - de nombreux "témoins de moralité" pourraient attester qu'à l'accoutumée, je ne le suis pas - il serait bon que dans ses choix d’expression publique, Benoît Hamon gagne en maturité et en responsabilité…).

 

Ce vide constitue le choix d’un terrain qui consiste à installer Nicolas Sarkozy dans un rôle de gardien de l’existant, éviteur du pire qui est présenté comme étant potentiellement devant nous (et non pas juste là ou juste derrière nous…).

 

Dès lors, il revient à François Hollande de chasser le vide, de choisir naturellement son terrain, d’imposer ses thèmes.

Mais surtout, il nous appartient de convaincre les français que le plus grand risque auquel notre pays serait exposé, est celui de l’absence de volonté, de l’absence de dessein, de l’absence de politique.

 

Il faut chasser l’hiver ! Et faire vivre le printemps de notre République !

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 13:00

A chaque Président de la République sa marque de fabrique.

 

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Jacques CHIRAC ne détestait rien autant que gouverner, semblant revenir épisodiquement à la vie pour le temps des conquêtes…

Victorieuses ou non, qu’importe, … Mener campagne c’est se révéler, c’est vouloir être une force qui va, plutôt qu’une force qui est…

 

Et quand la linéarité du temps mandaté se fit trop longue, l’ancien locataire de l’Elysée n’hésita pas à l’abréger, comme on abrège une souffrance… Par une salvatrice dissolution… A la faveur de ce que Pierre SAUVANET nomme comme étant « l’insu : une pensée en suspens ». Loin d’une action inconsciente, une action non-consciente…

 

L’image la plus simple de cette réalité complexe est tout entière illustrée par cette devinette attribuée à Léonard de Vinci :

« Qu’est-ce qu’on cherche sans le trouver ; qu’est-ce qu’on trouve sans le chercher ? – Le sommeil ».

En ce qui concerne Jacques CHIRAC, le pouvoir remplace (en tant que réponse) avantageusement le sommeil…

 

Au final, il n’aura véritablement fait usage ni de sa victoire de 1995, ni de celle de 2002…

La 1ère fois pour cause d’automutilation politique (en 1997), pour non-usage de majorité et la seconde pour n’avoir pas endossé le costume gaullien que lui conférait pourtant la légitimité du suffrage universel (82 % !), pour non dépassement de majorité…

 

Jacques CHIRAC c’est la conquête à répétition.

 

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Nicolas SARKOZY semble animé, que dis-je, agité (!) par un moteur différent…

 

« La communication de SARKOZY s’inscrit dans un présent perpétuel » nous dira François Jost, sémiologue et professeur à la Sorbonne.

Une sorte de résilience stratégique permanente semble ainsi abolir toute forme de passé, toute forme d’avenir et toute forme de sens… Pour ne laisser libre cours qu’au mouvement, le mouvement brut. Dès lors, tout est construit autour de l’événement, l’événement à créer, l’événement qui seul est roi…

Et chacun d’entre ceux-ci chasse le précédent à la faveur d’une amnésie consubstantielle. Rien ne semble alors valoir mieux ou plus que la manifestation de l’acte dans son épure, dénué de tout fondement, de toute valeur supérieure, de tout sens…

 

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C’est précisément ce qui a fait jusqu’ici toute la force de Nicolas SARKOZY.

Là où François MITTERRAND se révélait être un grand horloger qui savait mieux que quiconque « prendre position » dans le rapport au temps, Nicolas SARKOZY à l’image de l’aiguille de la pendule se détermine par le fait de « prendre mouvement… »

Et il faut bien reconnaître que cela lui a plutôt bien réussi jusque là… Même si les 12 coups de minuit ne tarderont pas à sonner...

 

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Adapté à une époque pétrie de vitesse, de communication, il a donné l’illusion d’un volontarisme providentiel à la faveur d’une omnipotente présence… François MITTERRAND s’est inscrit dans la permanence du temps, Nicolas SARKOZY dans son impermanence… Quand le 1er « donnait du temps au temps », le second semblait prendre du temps au temps…

 

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(Inutile de préciser que « la comparaison » s’arrête là… Tant il est vrai que le Président socialiste avait le goût de la culture, de l’éternité, de la liberté pour chacun, de la justice,… Mais au fait, M. SARKOZY est-il un homme de goût ?)

 

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Justement, c’est là que les atteignants s’atteignirent : la matrice de l’actuel locataire de l’Elysée n’apparaît pas comme étant conçue pour durer…

Il a brûlé ses vaisseaux et dévalué sa parole. Trop de changements de pieds, trop de contradictions, trop de mise en scène, trop d’échecs inavoués, trop d’arrogance, trop de suffisance, trop de vulgarité, trop… !

 

Trop pour les français qui ont enfin l'occasion de dire : assez !

 

Nicolas SARKOZY a jusqu’à présent pris de vitesse tous ses concurrents. Désormais, ce sont les français qui pourraient bien ne plus vouloir le suivre…

 

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François HOLLANDE a l’avantage pour lui d’avoir la culture mitterrandienne du rapport au temps tout en ayant celle du mouvement défragmenté.

 

Cette élection présidentielle, comme la plupart des autres, n’est pas faite.

 

Le candidat socialiste aura besoin de la mobilisation de chacun pour l’emporter.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 12:48

 

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«Plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président tout simplement, ironise le candidat du PS. C’est cette responsabilité qui m’incombe».

 

Entre espoir et volonté. Entre augure et détermination. Entre le destin et ce qui devient. Entre ce qui est proche et ce qui est plus lointain. Il existe un ici, il existe un maintenant.

Celui du visage de la France que nous voulons autrement. Celui d’une France qui nous rassemble. Celui d’une France qui nous ressemble. Pour que vive la République !

 

Le changement que nous souhaitons appelle une adhésion à un projet global de transformation sociale. François HOLLANDE le présentera progressivement aux français dans le cours de sa campagne.

 

En attendant, c’est l’heure du bilan… Et comme on ne saurait exagérément compter sur l’éthique, la probité et la lucidité du « encore locataire de l’Elysée », pour dresser un auto-bilan en bonne et due forme, benh,… Il faut bien qu’on s’y colle !

 

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SARKOZY, c’est 5 ans d’échec. (Près de 8 Millions de tracts du P.S intitulés : « Nicolas SARKOZY, les 15 chiffres de l’échec » vont prochainement être distribués). En voici l’essentiel :

 

La sécurité en échec :

Les violences contre les personnes ont augmenté de 21,2 %.

 

La solidarité en échec :

-Les cadeaux fiscaux pour les plus riches et perdus pour l’Etat : 75 Milliards d’€ offerts en 5 ans.

-La multiplication des taxes pour tout le monde :                    24 taxes supplémentaires depuis 2007.

 

-La santé : 4 Millions de personnes n’ont pas de complémentaire santé ou renoncent aux soins.

 

La justice sociale en échec :

-L’explosion du chômage :                                                     1 Million de chômeurs de plus en 5 ans.

-La pauvreté : 337 000 personnes sont devenues pauvres.

-Les retraités : 60 000  retraités sont devenus pauvres depuis 2007.

-La précarité au travail : 70 000 actifs (en particulier les jeunes) sont devenus pauvres depuis 2007.

 

La gestion des finances publiques en échec :

-La dette publique : 612 Milliards d’euros d’augmentation en 5 ans.

-Le déficit de la sécurité sociale : 8,7 Milliards d’augmentation en 5 ans.

 

Le développement économique en échec :

-La croissance : 0 point de croissance supplémentaire sur l’ensemble du quinquennat.

-Le déficit commercial : 36 Milliards d’augmentation en 5 ans.

 

Ce petit rappel des chiffres doit permettre assurément à la gauche de démasquer la droite pour mieux la combattre.

Même s’il est inutile de préciser que cela ne suffira pas à gagner. Souvenons-nous pour achever de nous en convaincre, de la stratégie de Sarkozy dans le texte :

 

Au fond, j'ai fait mienne l'analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C'est la première fois qu'un homme de droite assume cette bataille-là.
Nicolas Sarkozy, Le Figaro, 17 avril 2007

 

La dynamique du rejet de Sarkozy et de sa politique ne pourra seule nous donner la victoire.

 

Il faudra encore que la gauche choisisse son terrain, impose ses thèmes et puis aussi… Qu’elle soit elle-même.

 

Je suis convaincu que François HOLLANDE va révéler tous ses talents dans le cours de cette campagne qui ne fait que commencer.

 

A nous de lui apporter le soutien nécessaire.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 12:46

La « démondialisation »… Un terme porteur, un portage sans terme… Pourquoi ? 

 

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Un terme porteur :

 

L’avantage de la clarté.

Là où les sociaux-démocrates disent : nous reconnaissons le marché mais nous voulons le réguler… Les « démondialistes » sussurent, à la faveur d’une réthorique assez baroque, « nous voulons changer le système… » C’est… plus simple. A l’heure de la communication, cela rentre plus facilement dans les canaux…

 

L’avantage de la rupture.

François MITTERRAND le disait déjà au congrès d’Epinay : « Celui qui n’est pas pour la rupture, je le dis,… Celui-là, ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste ! »

Ce « sur-moi » doctrinal demeure dans la galaxie socialiste française, transformant par la même, tous les non artisans de la rupture, en aménageurs douteux de l’économie de marché, en coupables d’intelligence avec l’ennemi (les détenteurs du capital…) ou en « sans-couilles » notoires…

La « démondialisation » induit une perspective de rupture avec l’existant, elle subodore le volontarisme sans avoir à l’assumer…

 

L’avantage de l’invitation à croire.

Les « démondialistes » suggèrent un monde autre, un « arrière-monde » ? Ce faisant, ils invitent à croire… A ne pas se « corrompre » avec le monde tel qu’il est, tel qu’il va…

Inutile de dire que les ressorts d’une telle approche, peuvent avoir des échos retentissants dans l’opinion...  

 

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Un portage sans terme :

 

 

Pour Raphael Enthoven, philosophe de son état, «La démondialisation est une idée fausse et arrogante»

 

 « La démondialisation, c’est une idée fausse, arrogante, contradictoire et démagogique, lâche-t-il, avant de développer sa pensée. C’est une idée fausse, parce qu’elle repose sur l’idée qu’on peut remonter le temps. Ce serait comme vouloir défaire une mayonnaise: on ne retrouve jamais l’huile, les œufs et la moutarde ! ».  

 

 

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Avec méthode et acuité, il poursuit sa critique: « C’est arrogant, parce que cela suppose que la petite France peut changer le monde. Puis, c’est contradictoire, parce que, pour démondialiser, il faut mondialiser : à quoi bon remettre des frontières, si on est le seul à le faire.

Enfin, c’est démagogique en période électorale: aujourd’hui à gauche, la démondialisation occupe la place que le tropisme sécuritaire occupe à droite ».

 

Republication d’un article que j’avais publié sur ce thème, sur ce blog, le 7 avril 2011 :

 

http://www.samuel-cebe.com/article-vive-la-terre-patrie-vive-la-republique-universelle-71199060.html

 

La régulation du monde plutôt que la "démondialisation".

 

La « démondialisation » c’est quoi ?

 

Au-delà du réflexe du « c’était mieux avant », les tenants de la démondialisation suggèrent de rendre le monde un peu moins monde… Tout un programme me direz-vous. Encore que la colonisation de la planète Mars pourrait un jour ou une nuit leur donner gain de cause…

 

En attendant, loin de chercher à rendre ce monde-ci plus juste, plus accessible, plus respectueux de l’environnement, les chantres du « démonde » suggèrent de revenir à « l’état de nature de l’Etat ».

 

Ce temps béni où les consciences nationales remplaçaient avantageusement les consciences mondiales du jour, où chacun était chez soi, où les structures internationales n’en étaient qu’à leur balbutiement, où le protectionnisme était la loi de tous les Etats, où l’Europe n’était caressée par quelques-uns que comme un rêve, ce temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître…

 

Devant une telle offensive du camp de la réaction, au sens propre du terme, je ne peux m’empêcher de penser à la lettre adressée par Victor Hugo aux membres du Congrès de la paix à Lugano le 20 septembre 1872 :

 

"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe , qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis couronnent le nouveau [...], nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des Empereurs ; nous aurons la patrie sans frontières, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l' éducation sans l' abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l' échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans enfer, l' amour sans la haine [...] "

 

Les prescripteurs de la démondialisation nous préconisent donc le retour au monde clos qui passe nécessairement par l’abandon de l’univers infini tel que dessiné par la révolution galiléenne ou la découverte du calcul infinitésimal par Leibniz et Newton qui ont profondément modifié la conscience qu'a l'homme de lui-même et de sa place dans l'univers.

 

Surtout, nos réactionnaires de ce début de XXIème siècle, nient en bloc l’interdépendance sans cesse croissante qui existe entre les Etats et les a ainsi engagé à se rapprocher.

 

Ils oublient que nous vivons aujourd’hui dans une « Terre-patrie » (cf : ouvrage d’Edgar Morin) qui fait de nous des citoyens du monde. Et que la mondialisation de la culture, de la démocratie, des droits de l’Homme, de l’information, de la connaissance, mais aussi des échanges, constituent un progrès sans borne pour toutes celles et ceux qui sont épris de liberté.

 

Alors, oui, il faut que cette mondialisation soit régulée pour qu’elle serve la justice qui est très gravement mise en cause par la main invisible du marché qui se transforme en « poing invisible » pour les plus faibles.

 

Et pour ce faire, il convient de renforcer le rôle des instances de régulation nationales et internationales, de renforcer le rôle du politique.

 

Mais certainement pas de préconiser le retour au passé : en remettant en cause l’Euro, la construction européenne, le libre-échange et les institutions internationales qui ne doivent pas être balayées mais bien plutôt renforcées.

 

Henri Lacordaire résumait bien cette exigence de l’intervention régulatrice par ces quelques mots :

 

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit. » 

 

Aujourd’hui, les lois sont, par les hommes et pour les hommes, toujours à faire. Particulièrement les lois internationales…

Pour un monde toujours plus juste,... Celui-ci : le nôtre !

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:42

 

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Quel bel hômme ! Dirait Jack Lang… Quel panache ! Penseront certains… Il y a pourtant, dans ce soda à la française, beaucoup de sucres ajoutés.

 

Dominique DE VILLEPIN, en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, provoque la surprise.

 

Mais, me direz-vous, comment eut-il pu en être autrement ?

 

Les surprises, ça le connaît ! Souvenez-vous, c’est en 1997, il est alors Secrétaire général de l’Elysée. Il donne à son Président le conseil le plus mortifère de l’histoire de la Vème République : dissoudre l’assemblée nationale !

 

Eh oui, en politique, c’est bon de le rappeler, le conseil c’est ce qui vaut le plus cher : c’est ce qui sauve, c’est aussi ce qui tue…

 

Et entre un Président et son conseiller, il n’est pas inutile que les tempéraments, les inclinaisons, se complètent. Et avec un Jacques CHIRAC Président (qui n’a pas exactement le tempérament de Jacques DELORS…), il n’eut pas été de trop que son Secrétaire général fasse office de modérateur, de prescripteur d’alliance nouvelle,…  Or, en la matière, ils se sont surajoutés…

 

Livrant ainsi cet élixir explosif de la dissolution, avec un précipité rouge qui a certes permis pour ses commanditaires d’accélérer les choses… Mais, de leur point de vue, pour le pire.

 

En voulant en effet régler quelques petits comptes entre amis (juguler l’influence balladurienne au sein de l’Assemblée nationale), Jacques CHIRAC est ainsi entré dans une cohabitation de 5 ans (!) à la faveur d’un auto dessaisissement de majorité…

 

C’est un peu comme si, devant l’équipage insuffisamment discipliné de son porte-avion, un général prenait la décision vertigineuse de faire fondre dessus un avion kamikaze pour régler le problème… 

 

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Dominique DE VILLEPIN est de ceux-là, ceux qui, devant un tapis vert, au beau milieu d’un casino, prenant à témoins tous les « gagne-petits », s’exclame, sous une crinière prédatrice et un œil conquérant : « Tout sur le 11 ! »

 

La posture esthétique le dispute à l’affirmation d’une liberté et à la dépense jubilatoire…

 

Comme s’il voulait nous dire : le risque c’est ça ! C’est tout ou rien ! Ma liberté ne vaut que pour autant qu’elle me distingue…

Dominique DE VILLEPIN est un homme de brio capable du meilleur,… et surtout du pire !

Il a atteint son niveau de crête lors de son discours prononcé à l’ONU en pleine crise irakienne en 2003. A cette occasion, il a incarné la France, il a « réincarné » le gaullisme.

Ce fut son temps de gloire, le seul véritable.

 

Cet événement ne saurait pourtant faire oublier ses faiblesses structurelles. Il est un technocrate tardivement reconverti en acteur politique à la faveur du Prince (Jacques CHIRAC), sans jamais s’être présenté devant le suffrage universel (ce qui est su universellement par les élus de notre République).

 

Il demeure au fond, un Talleyrand qui se rêve en Napoléon. (Un Talleyrand à la démarche sinueuse mais sans le pied-bot…).

  

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Dominique DE VILLEPIN ne peut prétendre représenter l’homme providentiel dont la France aurait besoin puisqu’il n’est ni attendu, ni rassembleur.

 

Son long « contentieux », le mot est très très faible, qui l’a impliqué avec Nicolas SARKOZY, fait passer au second plan sa candidature dite pour l’intérêt supérieur de la France au profit d’une candidature pour la volonté de « flinguer » le petit Nicolas…

 

Ajoutons à cela la présence des candidatures officiellement probables, au centre, de François BAYROU et Hervé MORIN et on voit bien là se dessiner, pour Dominique DE VILLEPIN, les contours d’une falaise en à pic…

Et, en la matière, il sait de quoi il parle... Nous pouvons au moins lui faire crédit de savoir (pouvoir ?) faire perdre son camp. Il a l'expérience avec lui, un certain talent et une faculté consubstantielle qui consiste à se rapprocher le plus vite possible de la fin...

 

Mais, que voulez-vous, cet homme pétri d’emphase et de superlatifs, ne saurait se résoudre à la morne plaine, il n’aime jamais rien autant que les cîmes si ce ne sont les abysses…

 

Il ne faut pas le contrarier…

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 12:00

 

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Une troisième fois ou bien une troisième voie ? Qu’importe, pourvu qu’il y ait l’ivresse !

 

Ca y est, c’est fait : François BAYROU a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle…

 

De quel type de « sur-moi » faut-il bien être le locataire pour arborer ainsi une certitude empruntée à la nonchalance, à la faveur de la seule répétition d’un mouvement unipersonnel qui voudrait se confondre avec l’affirmation d’un destin taillé pour le service du plus grand nombre ?

 

Mais quoi ? Quelles sont bien les raisons qui pourraient contre-faire la providence quand celle-ci s’est ainsi choisie un « élu » ?

S’il en est une, c’est bien la raison de l’Histoire, celle qui forge la nature immémorielle de la France.

 

François BAYROU en est persuadé. Il a en a eu la révélation du croyant. Celle qui s’impose à la raison… La raison même qui ouvre pourtant tous les possibles pour les hommes qui désirent ardemment s’inscrire dans le souvenir marbré de nos suivants…

Il croit en son destin propre comme celui qui a été appelé par une force qui le dépasse.

 

Il n’est qu’à tenter l’expérience, dites : « Loulou », il vous répondra assurément et dans la seconde qui suit, par un : « Oui, c’est moi ».

 

Mais trêve de flagornerie ! On ne badine pas avec BAYROU.

L’annonce de sa candidature a été faite dans une épure et un minimalisme qui n’auraient rien à envier ni aux jansénistes, ni aux plus calvinistes des protestants…

 

C’est dans un espace dédié au recueillement solitaire, à l’éthique de responsabilité convaincue d’elle-même et à l’absence revendiquée de fioritures qui eurent sinon, été la marque de sa culpabilité originelle, qu’il s’est présenté,… dans son plus simple appareil. Je veux dire, en l’absence d’appareil véritable, de soutiens en nombre (…) et de ferveur populaire…

 

« En homme libre ». Il est vrai que François BAYROU n’a pas aujourd’hui à subir beaucoup d’entraves humaines à l’accomplissement de ses projets personnels : ses avants derniers soutiens l’ayant abandonné en rase campagne…

 

Le voilà donc titulaire d’un brevet de « liberté ». Vous savez, cette liberté politique dont s’affublent ceux qui n’ont plus aucune influence sur le monde qui va… Sans eux…

 

Ils se meuvent ainsi librement dans une digne apesanteur, bien au-delà de l’atmosphère terrestre pétrie de son enveloppe gazeuse qui pèse si lourdement sur la terre…

 

François BAYROU, en homme libre de toute attache, prêche en vérité : « Je ne ferai pas de promesses, agréables avant les élections, désastreuses après parce qu’on ne les tiendra jamais. Je ne raconterai pas d’histoires. »

 

Et comment ! Comment ne pas le croire sur parole ? Cet homme disposé à porter « l’écharpe blanche » tel qu’il l’écrivit dans un ouvrage. Ouvrage qu’il présenta d’ailleurs dans un temple protestant, voici quelques années, non loin de Ferrières, où j’eus le loisirs de le rencontrer, au château de mon oncle…

 

Le choix du lieu, conforme à l’objet de son livre, était certainement tout aussi conforme à l’esprit qui l’habite : celui d’un engagement politique qui cherche à se confondre avec la dimension de l’éthique et de la morale.

 

Il y a sans doute chez notre Loulou, du David HUME, ce philosophe empiriste écossais ayant notamment publié : « Recherche sur les principes de la morale ».

 

Comment ne pas le croire donc quand il nous fait la promesse de ne faire aucune promesse ? Quand il nous assure qu'il ne raconte pas d'histoire ni surtout la sienne ? Quand il indique qu'il ne dira rien qu'il ne tiendra pas ensuite, vous savez, après les élections, au moment où son engagement prend fin...

 

Et pour cause, la possibilité de son élection à la présidence de la République, ne semble pas prévue. Ni par lui, ni par nous…

 

Prochainement, la suite de l'article...

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:50

 

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J’informe les castrais de ma démission du mandat de conseiller municipal de Castres.

 

Mon activité professionnelle que j’exerce sur Albi ainsi que mon aménagement dans cette même ville depuis déjà plusieurs mois, ne me permettent plus désormais de poursuivre les missions afférentes à mon rôle d’élu local d’opposition à Castres.

 

Je tiens à saluer toutes les castraises et tous les castrais et à remercier en particulier toutes celles et tous ceux qui m’ont fait confiance.

 

Je reste convaincu que le chemin de la gauche castraise, pour servir les valeurs de justice sociale, de défense de l’environnement, de démocratie et de laicité, est autant souhaitable que praticable pour notre ville.

 

Ce sont les citoyens qui en décideront le moment venu.

C’est sans regret et, disons-le, avec un certain enthousiasme que je me tourne aujourd’hui vers d’autres horizons et vers l’avenir…

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