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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 10:19

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Aujourd'hui, nous sommes un, nous sommes des millions !

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 15:52

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 10:31

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Qui a dit que les primaires citoyennes étaient incolores, inodores et sans saveur ? Que finalement tout ceci manquait de …. sel ?

 

Désormais le public en aura pour son argent : les échanges ont gagné en pugnacité…

 

Un effet secondaire des primaires qui était somme toute autant prévisible qu’inévitable.

 

Comment veut-on en effet engager une compétition entre 2 personnes qui portent la même histoire, les mêmes couleurs, le même projet, sans que la recherche de la différenciation ne soit au cœur du jeu ?

 

Ces primaires citoyennes sont-elles pour autant « une concurrence libre et non faussée » entre les candidat-e-s ?

Presque mais pas tout à fait, me direz-vous… Il y a une Haute autorité !

 

Avec un rôle clair : organiser le duel, distribuer les épées et stopper « l’échange » au premier sang…

  

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Toujours est-il que, devant les origines siamoises des 2 finalistes qui furent longtemps les fils politiques de DELORS et JOSPIN, la marge différentielle ne peut se construire entre eux, qu’en surface.

Sur le style, les domaines préférentiels de compétence, les trajectoires individuelles de responsabilités,…

 

On peut donc se poser la question : si les différences entre François HOLLANDE et Martine AUBRY sont loin d’être des monuments impérissables défiant l’éternité, alors le critère déterminant et prioritaire de choix semble être celui de la capacité de rassemblement.

 

Et, de ce point de vue, force est de constater aujourd’hui que les 4 candidat-e-s éliminés au 1er tour, ont tous appelés à suivre le même chemin : celui de François HOLLANDE.

  

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Porté en tête des suffrages par les millions de Français et les milliers de Tarnais qui ont fait du premier tour des primaires citoyennes une grande réussite démocratique, François Hollande est aujourd’hui le candidat du changement.

 

Inscrit dans une continuité d’engagement, une invariable cohérence politique et une large capacité de rassemblement, il est celui qui peut faire gagner la gauche en 2012.

 

Aussi, je ne saurais jamais trop vous inviter à vous mobiliser le plus fortement possible en sa faveur pour donner un destin au changement que nous attendons en 2012.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 10:38

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RENVERSANT !

 

Les élus tarnais se mobilisent pour François HOLLANDE !

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 10:15

 

 

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Du brio. C’est le mot qui me vient à l’esprit lorsque je pense à Arnaud MONTEBOURG.

 Ses synonymes semblent également  lui aller à ravir : adresse, éloquence, habileté, maestria, maîtrise, panache, talent, virtuosité,...

 

 

Il est le chantre de la rénovation au sein du P.S (ce qui n’est pas un luxe, loin s’en faut…), du renouvellement des institutions (la VIème République), de la limitation du cumul des mandats, de la rupture démondialisante et d’un néo-protectionnisme…

 

Et puis, il est un personnage : vibrionnant souvent, cabotin parfois, provocateur à l’occasion et ne mégote jamais à sortir un bon mot parfois au détriment d’un enjeu ou du sien propre….

 

Un politique qui sort de l’ordinaire en somme. Et qui représente une nouvelle génération (même si tout est relatif). Un acteur, en tous cas, sur lequel la gauche devra compter en 2012.

 

Toujours est-il qu’il interpelle aujourd’hui des « Impétrants » :

(Sens :  « Qui obtient un titre ou une distinction d'une autorité »). 

 

Comme suite aux 4 conditions posées par lui aux 2 finalistes de la primaire citoyenne, il y a fort à parier que nous allons prochainement assister à une montée graduelle des enchères qui ne sera pas sans rappeler le fameux sketch des Nuls « C'est possible » avec Hassan Cehef

 

Dont voici un extrait savoureux :

 

« Et si je te demande des cacahuètes, le costume et que je dis que je te paye plus tard, tu ne vas pas me dire que "c'est possible"? »

« -Oui, oui, oui, c’est possible. »

 

http://video-de-culte.blogspot.com/2009/05/les-nuls-cest-possible-hassan-cehef-et.html

 

Mais trêve de plaisanterie...

 

Arnaud MONTEBOURG est indubitablement la révélation de ces primaires citoyennes.

 

Il est tout à fait compréhensible qu’il ne se jette pas à corps perdu dans le soutien de l’un des 2 candidat-e-s : son acte politique se veut fondateur (au sens où il porte un projet original) et le corps électoral sollicité ne se réduit ni au P.S ni à ses intrigues possibles…

 

Il en va du respect des électeurs qui sont responsables et maîtres de leurs choix dans un contexte où il n’y a pas, rappelons-le, d’autres candidat-e-s que des socialistes…

 

Et où la tentation de désignation de supposées incohérences politiques paraît parfois doucement désuète eu égard à l’origine politique longtemps commune des 2 finalistes…

 

Ceci étant dit, visiblement, de nombreux soutiens d'Arnaud MONTEBOURG paraissent d'ores et déjà plutôt enclins à soutenir François HOLLANDE.

 

On ne va pas s'en plaindre !

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 10:14

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Près de 2 500 000 français, 196 357 Midi-Pyrénéens et 19 700 tarnais se sont déplacés ce dimanche pour être les acteurs du changement, les porteurs diligents d’une alternative, les volontaires d’une alternance tant désirée…

 

Moment démocratique à la fois inédit et sans précédent, les primaires citoyennes constituent, par la force du mouvement populaire qu’elles ont entraîné, une procédure qui est indubitablement de nature à transformer profondément et durablement le rapport à la Vème République et à notre démocratie représentative. 

  

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Les votants, en s’emparant du choix proposé, sont devenus des « super-citoyens ». Le P.S, en organisant ce grand rendez-vous de la citoyenneté, s’est démocratisé : il ne sera plus jamais la « propriété » de quelques-uns !

 

Ce qui signe assurément la fin des druides, des « prescripteurs chevronnés », des diseurs de morale et de bonne aventure et des « gardiens de boutiques » en tous genres…

 

Désormais, les prochaines investitures aux élections devront mimer ce processus démocratique et en appeler au peuple de gauche pour choisir les candidat-e-s socialistes…

 

La droite elle-même se posera la question, forcément…

Et c’est toute la démocratie française qui s’en trouvera ainsi changée. 

 

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Dimanche prochain, les français ont à nouveau un choix à faire.

 

Je souhaite que ce choix soit celui de la mobilisation la plus forte possible autour de celui qui est arrivé en tête au 1er tour.

 

Rien ne serait pire en effet que la dispersion, la confusion et le partage en 2 parties (quasi) égales d’une légitimité qui doit être entière pour entraîner la gauche et affronter la droite…

 

François HOLLANDE est aujourd’hui le plus à même de rassembler. A nous de le conforter. A nous de lui donner la confiance claire qu’il réclame.

   

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L’Histoire s’avance. A nous d’en être les acteurs.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 10:26

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Le bonheur… C’est quoi ça déjà ?

Cela commencerait avec l’évitement des différentes formes de déplaisir nous dira Michel Onfray…

 

Comment cela ? Est-ce à dire qu’il suffirait donc, pour être heureux, d’éviter la fréquentation des betteraves, des salles polyvalentes, des druides moralisants en fin de vie, des tables en formica, des arrières-mondes à la magie infantile ou des habitudes mortifères ?

  

 

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Non, bien sûr, ce serait trop simple… Le bonheur est l’affaire de chacun, dans la subjectivité de son interprétation et en rapport à notre propre réalité vécue… Il se situe peut-être plus dans une quête que sur une « terre promise ».

  

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En tous cas, des sociétés en ont fait un droit :

 

DECLARATION unanime des treize Etats unis d'Amérique réunis en Congrès le 4 juillet 1776 

 

« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

  

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Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

  

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Le droit au bonheur inscrit dans la constitution du Brésil

 

La Commission justice et citoyenneté du Sénat (CCJ) a approuvé le 10 novembre 2010 un amendement de la Constitution dit du droit au bonheur.

 

Selon le texte proposé par le sénateur et ancien ministre de l’Education Cristovam Buarque, l’article 6 de la Constitution fédérale brésilienne devra désormais affirmer que "les droits sociaux essentiels à la recherche du bonheur sont l'éducation, la santé, l'alimentation, le travail, le logement, le repos, la sécurité sociale, la protection de la maternité et de l’enfance et l’assistance aux plus démunis"

  

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Le projet de loi – qui devait être voté en séance plénière par le Sénat puis par la Chambre des députés – "n’obligeait pas l’Etat à garantir le bonheur de ses citoyens".

 

Selon Cristovam Buarque, la proposition visait avant tout "à changer l’imaginaire de la société quant à la dignité humaine".

  

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 11:52

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Pourquoi François HOLLANDE est-il aujourd’hui en situation ?

 

Les éléments de contexte existent. Comment les nier ? La sortie de route de DSK. La candidature « par défaut » de Martine AUBRY. Les limites de Ségolène ROYAL…

 

Si ces éléments sont là, ils ne sauraient néanmoins être auto-suffisants pour expliquer la percée de celui qui inspire la confiance tout autant qu’il la sollicite…

 

François HOLLANDE est pleinement l’acteur de son destin, celui de la gauche et, je l’espère, celui de la France. 

 

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Plusieurs raisons à cela :

 

-Une candidature qui vient de lui.                                                 

 A la faveur d’une démarche qui semble dire : « le but c’est le chemin », François HOLLANDE a démontré que sa candidature procédait d’une intime conviction, d’une intime résolution. Et que c’est cette part là de l’intime qu’il souhaitait partager directement avec les français, sans filtre ni prescripteur…

 

-Une candidature qui vient de loin.                                        

 Il a exprimé son intention aux français dans la clarté de ton, dans la liberté politique et sans attendre (ni un début de procédure, ni un début de concurrence). Son échappée du peloton constitue un acte fondateur dans l’ascension de la présidentielle.

 

-Une candidature qui s’exprime de près.                                

 Il est un candidat qui se présente d’une façon toute « braudélienne » en venant de province (vous savez, ce petit endroit qui n'est ni Paris ni sa région...), à la manière d’un MITTERRAND ou d’un CHIRAC. Il peut ainsi se situer à l’équilibre entre la réalité vécue des français et la réalité pensée pour la France.

Parce que, indubitablement, pour représenter au mieux notre pays, il faut provenir de "son centre…"

 

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-Une candidature qui incarne.                                                   

 En rappelant son adhésion au projet socialiste, il a marqué de son empreinte le projet qu’il souhaite pour la France. Sans complexe ni justification, il s’est impliqué à la faveur d’un « je » conforme à l’esprit de la Vème République et à l’expression politique attendue par les français.

François MITTERRAND le disait à sa manière : « Vos idées sont belles mais comment sont-elles habillées ? »

François HOLLANDE a su revêtir les habits de la fonction qu’il convoite.

 

De ce point de vue, il est celui qui est le plus en adéquation avec l’exercice : exercer une campagne dont s’exhale le parfum de l’exercice de la responsabilité première de la République…

 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:19

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Peinture de Monsù desiderio.

 

Droite : de l’appel au secours à l’appel au recours ?

Le doute aurait-il changé de camp ?

 

Des affaires qui touchent la proximité de l’Elysée à la défaite sénatoriale de la majorité en passant par les défaillances successives de cette dernière en matière économique, financière et sociale, le temps de la confiance semble faire défaut au sarkozysme présidentiel…

 

A tel point que la candidature de l’actuel locataire de l’Elysée à l’élection présidentielle n’est plus désormais ni l’évidence qui s’impose à la raison de tous les membres de l’UMP, ni la révélation incontournable du secours attendu par la droite.

 

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Loin s’en faut ! C’est que la majorité actuelle fait l’addition de ses déroutes en rase campagne depuis ces 4 dernières années : municipales, cantonales, régionales, sénatoriales,…

 

Des signes encourageants s’il en est, pour la gauche, qui a aujourd’hui des outils véritables pour préparer la conquête de la présidence de la République en 2012.

 

Même s’il convient évidemment de ne pas sous-estimer le Sarkozy qui demeure un redoutable candidat qui ne s’épanouit jamais autant que dans une campagne électorale…

  

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En ce sens, je reste convaincu que la gauche doit se concentrer, dès le 1er tour de scrutin des primaires, sur le candidat le mieux placé pour ensuite se rassembler le plus largement possible et se déployer au mieux.

  

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 10:08

 

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A lire dans le Libé du jour :

 

 

Edgar Morin, l'amoureux du monde

 

À 90 ans il est l'intellectuel français le plus reconnu à l'étranger, docteur honoris causa de 28 universités à travers le monde! Edgar Morin nous reçoit chez lui à Paris en plein déménagement. Les souvenirs remontent sans brouiller sa curiosité.

 

De retour du Maroc, vous partez bientôt au Brésil. Êtes-vous souvent en voyage ?

 

En ce moment, je suis plutôt en déménagement, car je dois quitter mon appartement. C'est aussi un autre voyage. Quitter un lieu où il y a tellement de souvenirs qui me lient ! Partir c'est mourir un peu, alors il faut ressusciter après. Cette année j'ai 90 ans, et tous les dix ans, quelque chose change dans ma vie, quelque chose meurt et quelque chose renaît. Quand j'avais dix ans, en 1931, ma mère est morte, quand j'ai eu vingt ans, j'ai pris le risque mortel de la Résistance. À trente ans, je suis rentré au CNRS. Je ne vais pas vous faire toute la liste, mais tous les dix ans ma vie change.

 

Une définition du voyage ?

 

Le voyage c'est surtout le décentrement, c'est à dire regarder d'une autre façon l'Hexagone. En restant en France, on est prisonnier d'une vision close, on ne se voit pas « vu de loin ». L'idée est de retrouver ce que faisait Montesquieu dans les Lettres Persanes, essayer de se voir avec le regard des autres.

 

Est-ce que vous voyagez encore pour le simple plaisir ?

 

Je lie mon plaisir à mes voyages. Invité à des conférences dans le monde entier, j'ai le plaisir d'exprimer mes idées, mais aussi de découvrir quelque chose qui me touche, m'émeut. Pas seulement la beauté des paysages, mais aussi la bonté des gens, la vitalité des peuples, la nourriture. Je crois que je suis amoureux du monde parce que partout où j'ai été, j'ai trouvé des voluptés, des ivresses, des joies, des émerveillements...

 

Est-ce qu'il y a un pays, une destination pour laquelle vous avez une attirance particulière ?

 

La Toscane. Il y a une densité de beauté plus grande qu'ailleurs. Les villages, les paysages m'émeuvent beaucoup... Je dirais aussi Séville et l'Andalousie, je dirais le Brésil...

 

L'idée de l'île, c'est quelque chose qui vous fait rêver ?

 

Oui. Je rêve à l'île et je rêve à l'oasis. Ce sont deux formes différentes mais qui veulent dire la même chose. D'un côté, autour c'est la mer, et de l'autre, le désert. Ça parle de l'infini. C'est quelque chose de riant d'être dans l'infini de la mer ou dans l'infini du sable. C'est un rêve profond en moi.

 

Alors que le monde est en ébullition depuis quelques mois est-ce qu'il n'est pas frivole de s'intéresser au voyage, à la beauté du monde ?

 

Le voyage n'est pas que dans le plaisir esthétique. J'avoue que j'ai de moins en moins envie d'aller dans des musées ou dans les grands lieux. Par exemple pendant longtemps je voulais aller aux chutes de l'Iguaçu à la frontière du Brésil et de l'Argentine, maintenant je n'en ai plus tellement envie, ce qui m'intéresse vraiment c'est la diversité de l'humanité. Par exemple, je suis fasciné par les peuples de Bolivie et du Pérou, ce peuple andin qui est resté très lié à ses traditions, à sa façon de s'habiller, les visages qui sont d'une gravité extraordinaire, ils ont une musique que je trouve d'une beauté incroyable, notamment le huayno... En plus, ils réussissent à vivre sur les sommets du monde, l'Altiplano à 4000 m d'altitude. Ce monde est vraiment fascinant à la fois si loin et si proche.

 

Est-ce que vous pensez que les voyages aident à comprendre le monde?

 

Ça dépend comment vous faites le voyage. Si vous êtes dans un inclusive tour dans lequel vous avez un guide qui vous fait cavaler dans les musées, un arrêt de trois secondes devant la Joconde et que vous vous bornez à prendre des photographies, je crois que c'est nul, de la frivolité à l'état pur. Les vacances dans des hôtels de luxe, dans des paysages ensoleillés sont dans le fond des ghettos pour Européens aisés. Ils sont coupés totalement de la population et ne voient que les aspects pittoresques. Parallèlement, il y a une nouvelle tendance qui se développe pour essayer de comprendre les autres. Par exemple, une partie de la jeunesse voyage un peu en vagabond, et se fait accueillir par l'habitant.

 

Le tourisme fait-il partie du meilleur ou du pire de la civilisation occidentale ?

 

Les deux. Il correspond à ce que Pascal appelait le « divertissement », c'est-à-dire une façon d'oublier ses problèmes dans des choses futiles et secondaires. La façon de vivre le tourisme, uniquement pour prendre des photographies, ou pour dire « j'étais aux chutes du Niagara » est tout à fait superficielle, une manière de se fuir soi-même, de fuir les problèmes. C'est le pire.

Mais il y a une autre façon qui est de se relier à cette espèce humaine dont on fait partie, qui est à la fois une et diverse. Vous sentez, quand vous voyez un monde étranger, qu'il est tout à fait autre par ses coutumes, ses mœurs, mais en même temps on voit que ce sont des gens qui peuvent aimer, souffrir, rire, et donc il y a une unité, une communauté, et quand le tourisme permet la compréhension et la sympathie, c'est évidemment ce qu'il y a de meilleur.

 

Qu'est ce qui va sauver le tourisme ?

 

Peut-être que ce sont les périls accrus! Les bombes qui explosent dans les avions, les attentats qui ont lieu dans des pays exotiques... Je crois que ce qui va sauver le tourisme c'est beaucoup plus une transformation de l'intérieur. Le vrai péril du tourisme c'est sa tendance à la superficialité, à la chronométrie, à la rapidité... c'est-à-dire qu'en fuyant notre propre monde, nous retrouvons ses pires défauts :  se lever à telle heure, ne pas rater tel endroit, rester trois minutes dans ce musée et repartir. Au moins le Club Méditerranée nous donne une sorte d'utopie concrète, il n'y a plus d'horaires, plus de monnaie (malheureusement, il faut payer pour ne plus avoir de monnaie !) Vous avez le choix entre la plongée sous-marine, la musique, etc. Ce n'est pas un voyage, ce sont des vacances. Ce qu'on cherche là ce n'est pas tant le dépaysement, mais un lieu de détente absolue pour fuir le quotidien. En bref, plus nous sommes prisonniers de notre civilisation, plus nous avons besoin de cet au-delà.

 

Vous travaillez la notion de « pensée complexe » depuis plus de trente ans. En résumé c'est: unir des notions qui se repoussent. Dans le monde du voyage ça serait quoi ?

 

D'un côté, nous avons besoin de nous regarder nous-mêmes, d'avoir une vie intérieure, calme, qui suppose une certaine sédentarité. D'un autre côté, nous avons une pulsion de curiosité pour le monde. Là dessus nous sommes les héritiers des mammifères. Nous avons gardé de l'enfance cette curiosité du monde et c'est très bon, mais en même temps, il faut garder la curiosité de soi même parce qu'on est un grand mystère. Voyager à l'intérieur de soi-même est aussi un drôle de voyage.

 

Vous vous souvenez de votre premier voyage en solo ?

 

J'étais adolescent, c'était un peu avant la guerre. J'ai fait un voyage à Luchon, une station thermale, parce que j'avais une rhinopharyngite, et j'étais très content parce que j'avais échappé à l'autorité de mon père.

 

Vous êtes entré dans la Résistance, vous étiez communiste. Avez-vous voyagé dans le bloc communiste ?

 

Je n'ai voyagé dans ce bloc qu'après ma rupture avec le parti quand j'étais déjà très hostile après 1951. J'ai fait un séjour très drôle à Berlin-Est. À l'époque il n'y avait pas de relations diplomatiques. Avec mon ami Robert Antelme nous étions fauchés et nous savions que nous avions des droits d'auteurs, car nos livres étaient traduits à Berlin-Est. Nous avions pu avoir des papiers en quatre langues, avec plein de tampons français, mais on n'avait pas obtenu les visas soviétiques qui étaient nécessaires. À l'arrivée au poste-frontière soviétique, moi qui connais un peu la mentalité bureaucratique, je dis: « wir sind schriftsteller » ( nous sommes des écrivains) et je montre ma facture de l'éditeur. Ils sont éberlués. Ils réfléchissent dix minutes et nous laissent passer. Le lendemain à Berlin-Est, je vais voir mon éditeur et je reçois une masse énorme de deutsche marks. Mais c'est un argent qu'on ne pouvait pas changer! Alors, on est resté quatre ou cinq jours pour tout dépenser : les restaurants les plus chers, on a même acheté plusieurs appareils photo qui n'ont jamais fonctionné !

 

Après êtes-vous retourné à Berlin ?

 

Pratiquement tous les ans, et chaque fois j'ai vu la ville se transformer. Aujourd'hui elle redevient UNE. J'ai toujours voulu écrire là-dessus, mais je ne l'ai pas encore fait. C'est peut-être la chose la plus intéressante que j'aie vue. Comment, entre 1945 et 1990 une ville fut coupée en deux villes ennemies avant de redevenir une seule ville.

 

Trois livres à lire ?

 

Robinson Crusoé de D. Defoe. Dans les Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand raconte aussi bien ses voyages en Amérique, en Italie ou ailleurs. Il y a aussi Stendhal et ses Promenades dans Rome...

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