Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 10:51

desordre_du_monde.jpg 

L’ordre et le mouvement en politique. L’ordre et le mouvement dans le rapport à la gauche, dans le rapport à la droite… Y a-t-il une répartition ? Laquelle ? Est-elle la même ? A-t-elle changé ?

Début de réflexion...

Une différence « ontologique » entre la gauche et la droite semble naturellement résider dans cette inclination première à vouloir ou non changer le cours des choses… 

 

Léon BLUM indiquait :

« On est socialiste à partir du moment où (…) l'on a cessé de dire : « Bah ! c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n'y changerons rien ».

 

Evidemment, on perçoit la gauche dans la plénitude de sa dimension de changement : « une force qui va ». Tandis que la droite s’illustre comme une faiblesse qui demeure… dans la conservation.

 

Dans le cadre du débat sur le mariage pour tous, la droite s’est manifestée dans l’épure d’elle-même : dans une forme de rappel à l’ordre. L’ordre des choses, l’ordre dit « naturel »… Celui d’une société patriarcale fondée sur les « prérequis chrétiens » de la France.

 

En cela, la droite Française s’inscrit dans le sillon de son Histoire dont le cours de ses actions est avant tout une réaction. Réaction au changement, réaction au progrès, réaction à l’émergence de nouveaux droits individuels et collectifs.

 

Pour la conservation d’un ordre sociétal aux racines anciennes.

 

La droite donc peut se caractériser par son ontologique et perpétuel « rappel à l’ordre ». Un ordre ancien, traditionnel et de réaction. Parce que, au fond, son acte créateur est avant toute chose, « de dire non à un autre qu’elle-même, à un extérieur à soi… »

Mais la droite se manifeste également aujourd’hui par l’orientation d’un désordre possible.

 

A la faveur de ses interventions outrancières à l’égard de la République - fustigée dans le cœur même de son parlement, dans sa représentation préfectorale, dans l’indépendance de sa justice et dans sa légitimité à produire des lois qui durent – la droite est une instigatrice du désordre républicain.

 

Largement inspirée par « l’école Buissonnière », l’UMP ne sait plus donner de mot d’ordre en faveur des républicains lorsque les socialistes sont seuls opposés à l’extrême droite…

 

Sur le plan économique, la droite Française, par son incapacité à maîtriser les finances publiques, le niveau de l’endettement (+ 612 milliards en 5 ans) et les comptes sociaux, n’a rien suggéré d’autre que l’établissement méthodique d’un désordre financier.

 

Et de ce point de vue, les efforts compensatoires déployés aujourd’hui par le gouvernement, sont de nature à rattraper ce que l’on ne peut raisonnablement laisser filer plus longtemps mais aussi et surtout, doivent constituer les nouvelles bases sur lesquelles la redistribution doit reprendre ses droits.

 

Il faut le rappeler : chaque point pris à l’endettement constitue un point ajouté à la qualité de nos services publics : pour nos écoles, nos hôpitaux, nos routes…

 

Sur le plan démocratique, la droite du jour est en apprentissage. L’organisation d’un vote non-décisif entre Copé et Fillon puis d’une nouvelle consultation en 2016 visant à annoncer une prochaine désignation « de type primaires », est loin de donner les assurances de la stabilité politique…

En sachant que le parti gaulliste demeurera encore en proie à son fétiche du recours à l’homme providentiel.

 

La droite c’est aussi et surtout l’attachement à la main invisible du marché qui n’est rien d’autre que la conduite d’une politique sans main.

 

La droite apparaît aujourd’hui dans toute sa plénitude. Consubstantiellement une forme de « rappel à l’ordre », politiquement un agent du désordre multidimensionnel et culturellement un anéantissement du fait politique.

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 10:08

 

 morin.jpg

A lire dans le Libé du jour :

 

 

Edgar Morin, l'amoureux du monde

 

À 90 ans il est l'intellectuel français le plus reconnu à l'étranger, docteur honoris causa de 28 universités à travers le monde! Edgar Morin nous reçoit chez lui à Paris en plein déménagement. Les souvenirs remontent sans brouiller sa curiosité.

 

De retour du Maroc, vous partez bientôt au Brésil. Êtes-vous souvent en voyage ?

 

En ce moment, je suis plutôt en déménagement, car je dois quitter mon appartement. C'est aussi un autre voyage. Quitter un lieu où il y a tellement de souvenirs qui me lient ! Partir c'est mourir un peu, alors il faut ressusciter après. Cette année j'ai 90 ans, et tous les dix ans, quelque chose change dans ma vie, quelque chose meurt et quelque chose renaît. Quand j'avais dix ans, en 1931, ma mère est morte, quand j'ai eu vingt ans, j'ai pris le risque mortel de la Résistance. À trente ans, je suis rentré au CNRS. Je ne vais pas vous faire toute la liste, mais tous les dix ans ma vie change.

 

Une définition du voyage ?

 

Le voyage c'est surtout le décentrement, c'est à dire regarder d'une autre façon l'Hexagone. En restant en France, on est prisonnier d'une vision close, on ne se voit pas « vu de loin ». L'idée est de retrouver ce que faisait Montesquieu dans les Lettres Persanes, essayer de se voir avec le regard des autres.

 

Est-ce que vous voyagez encore pour le simple plaisir ?

 

Je lie mon plaisir à mes voyages. Invité à des conférences dans le monde entier, j'ai le plaisir d'exprimer mes idées, mais aussi de découvrir quelque chose qui me touche, m'émeut. Pas seulement la beauté des paysages, mais aussi la bonté des gens, la vitalité des peuples, la nourriture. Je crois que je suis amoureux du monde parce que partout où j'ai été, j'ai trouvé des voluptés, des ivresses, des joies, des émerveillements...

 

Est-ce qu'il y a un pays, une destination pour laquelle vous avez une attirance particulière ?

 

La Toscane. Il y a une densité de beauté plus grande qu'ailleurs. Les villages, les paysages m'émeuvent beaucoup... Je dirais aussi Séville et l'Andalousie, je dirais le Brésil...

 

L'idée de l'île, c'est quelque chose qui vous fait rêver ?

 

Oui. Je rêve à l'île et je rêve à l'oasis. Ce sont deux formes différentes mais qui veulent dire la même chose. D'un côté, autour c'est la mer, et de l'autre, le désert. Ça parle de l'infini. C'est quelque chose de riant d'être dans l'infini de la mer ou dans l'infini du sable. C'est un rêve profond en moi.

 

Alors que le monde est en ébullition depuis quelques mois est-ce qu'il n'est pas frivole de s'intéresser au voyage, à la beauté du monde ?

 

Le voyage n'est pas que dans le plaisir esthétique. J'avoue que j'ai de moins en moins envie d'aller dans des musées ou dans les grands lieux. Par exemple pendant longtemps je voulais aller aux chutes de l'Iguaçu à la frontière du Brésil et de l'Argentine, maintenant je n'en ai plus tellement envie, ce qui m'intéresse vraiment c'est la diversité de l'humanité. Par exemple, je suis fasciné par les peuples de Bolivie et du Pérou, ce peuple andin qui est resté très lié à ses traditions, à sa façon de s'habiller, les visages qui sont d'une gravité extraordinaire, ils ont une musique que je trouve d'une beauté incroyable, notamment le huayno... En plus, ils réussissent à vivre sur les sommets du monde, l'Altiplano à 4000 m d'altitude. Ce monde est vraiment fascinant à la fois si loin et si proche.

 

Est-ce que vous pensez que les voyages aident à comprendre le monde?

 

Ça dépend comment vous faites le voyage. Si vous êtes dans un inclusive tour dans lequel vous avez un guide qui vous fait cavaler dans les musées, un arrêt de trois secondes devant la Joconde et que vous vous bornez à prendre des photographies, je crois que c'est nul, de la frivolité à l'état pur. Les vacances dans des hôtels de luxe, dans des paysages ensoleillés sont dans le fond des ghettos pour Européens aisés. Ils sont coupés totalement de la population et ne voient que les aspects pittoresques. Parallèlement, il y a une nouvelle tendance qui se développe pour essayer de comprendre les autres. Par exemple, une partie de la jeunesse voyage un peu en vagabond, et se fait accueillir par l'habitant.

 

Le tourisme fait-il partie du meilleur ou du pire de la civilisation occidentale ?

 

Les deux. Il correspond à ce que Pascal appelait le « divertissement », c'est-à-dire une façon d'oublier ses problèmes dans des choses futiles et secondaires. La façon de vivre le tourisme, uniquement pour prendre des photographies, ou pour dire « j'étais aux chutes du Niagara » est tout à fait superficielle, une manière de se fuir soi-même, de fuir les problèmes. C'est le pire.

Mais il y a une autre façon qui est de se relier à cette espèce humaine dont on fait partie, qui est à la fois une et diverse. Vous sentez, quand vous voyez un monde étranger, qu'il est tout à fait autre par ses coutumes, ses mœurs, mais en même temps on voit que ce sont des gens qui peuvent aimer, souffrir, rire, et donc il y a une unité, une communauté, et quand le tourisme permet la compréhension et la sympathie, c'est évidemment ce qu'il y a de meilleur.

 

Qu'est ce qui va sauver le tourisme ?

 

Peut-être que ce sont les périls accrus! Les bombes qui explosent dans les avions, les attentats qui ont lieu dans des pays exotiques... Je crois que ce qui va sauver le tourisme c'est beaucoup plus une transformation de l'intérieur. Le vrai péril du tourisme c'est sa tendance à la superficialité, à la chronométrie, à la rapidité... c'est-à-dire qu'en fuyant notre propre monde, nous retrouvons ses pires défauts :  se lever à telle heure, ne pas rater tel endroit, rester trois minutes dans ce musée et repartir. Au moins le Club Méditerranée nous donne une sorte d'utopie concrète, il n'y a plus d'horaires, plus de monnaie (malheureusement, il faut payer pour ne plus avoir de monnaie !) Vous avez le choix entre la plongée sous-marine, la musique, etc. Ce n'est pas un voyage, ce sont des vacances. Ce qu'on cherche là ce n'est pas tant le dépaysement, mais un lieu de détente absolue pour fuir le quotidien. En bref, plus nous sommes prisonniers de notre civilisation, plus nous avons besoin de cet au-delà.

 

Vous travaillez la notion de « pensée complexe » depuis plus de trente ans. En résumé c'est: unir des notions qui se repoussent. Dans le monde du voyage ça serait quoi ?

 

D'un côté, nous avons besoin de nous regarder nous-mêmes, d'avoir une vie intérieure, calme, qui suppose une certaine sédentarité. D'un autre côté, nous avons une pulsion de curiosité pour le monde. Là dessus nous sommes les héritiers des mammifères. Nous avons gardé de l'enfance cette curiosité du monde et c'est très bon, mais en même temps, il faut garder la curiosité de soi même parce qu'on est un grand mystère. Voyager à l'intérieur de soi-même est aussi un drôle de voyage.

 

Vous vous souvenez de votre premier voyage en solo ?

 

J'étais adolescent, c'était un peu avant la guerre. J'ai fait un voyage à Luchon, une station thermale, parce que j'avais une rhinopharyngite, et j'étais très content parce que j'avais échappé à l'autorité de mon père.

 

Vous êtes entré dans la Résistance, vous étiez communiste. Avez-vous voyagé dans le bloc communiste ?

 

Je n'ai voyagé dans ce bloc qu'après ma rupture avec le parti quand j'étais déjà très hostile après 1951. J'ai fait un séjour très drôle à Berlin-Est. À l'époque il n'y avait pas de relations diplomatiques. Avec mon ami Robert Antelme nous étions fauchés et nous savions que nous avions des droits d'auteurs, car nos livres étaient traduits à Berlin-Est. Nous avions pu avoir des papiers en quatre langues, avec plein de tampons français, mais on n'avait pas obtenu les visas soviétiques qui étaient nécessaires. À l'arrivée au poste-frontière soviétique, moi qui connais un peu la mentalité bureaucratique, je dis: « wir sind schriftsteller » ( nous sommes des écrivains) et je montre ma facture de l'éditeur. Ils sont éberlués. Ils réfléchissent dix minutes et nous laissent passer. Le lendemain à Berlin-Est, je vais voir mon éditeur et je reçois une masse énorme de deutsche marks. Mais c'est un argent qu'on ne pouvait pas changer! Alors, on est resté quatre ou cinq jours pour tout dépenser : les restaurants les plus chers, on a même acheté plusieurs appareils photo qui n'ont jamais fonctionné !

 

Après êtes-vous retourné à Berlin ?

 

Pratiquement tous les ans, et chaque fois j'ai vu la ville se transformer. Aujourd'hui elle redevient UNE. J'ai toujours voulu écrire là-dessus, mais je ne l'ai pas encore fait. C'est peut-être la chose la plus intéressante que j'aie vue. Comment, entre 1945 et 1990 une ville fut coupée en deux villes ennemies avant de redevenir une seule ville.

 

Trois livres à lire ?

 

Robinson Crusoé de D. Defoe. Dans les Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand raconte aussi bien ses voyages en Amérique, en Italie ou ailleurs. Il y a aussi Stendhal et ses Promenades dans Rome...

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:20

 

imagesCA49J9QR.jpg

La victoire de Samothrace.

 

 

Comment le dire sans provoquer par la même les derniers soubresauts des druides et autres métaphysiciens qui continuent, contre toute attente (surtout celle du plus grand nombre), à peupler la gauche française ?

 

Etre socialiste et jouer le jeu de la Vème République.

Dieu ! Comment diable est-ce possible ?

 

N’allons-nous pas ce faisant, nous compromettre ou pire, nous corrompre ? Au contact de ce régime politique « si impur » voulu par et pour Charles DE GAULLE dès 1958 ?

 

Ce régime que nous socialistes, n’avons eu de cesse de décrier avec tant de raison d’ailleurs depuis ces 50 dernières années…

Les arguments ne manquent pas en effet pour dénoncer légitimement cet habit institutionnel conçu par un homme – fut-il un des plus grands du XXème siècle – pour lui-même.

 

Avec la présidentialisation du régime qui repose notamment sur l’élection présidentielle au suffrage universel, le symbolique article 49-3, le recours possible au référendum, la tutelle de l’exécutif sur le législatif, la couleur bleue éternelle (quoique…) du Sénat, le centralisme politique,…

 

En un mot, une savante organisation institutionnelle qui rend possible ce que François MITTERRAND désignait alors très justement comme « le coup d’Etat permanent ».

 

Ce dernier qui, sans relâche, a combattu DE GAULLE dans sa conception autant que dans sa pratique de la Vème République.

 

Et pourtant et pourtant,… François MITTERRAND, le seul et l'unique socialiste (jusqu’à la preuve du contraire !) à avoir gagné l’élection reine de la Vème République n’avait-il pas manifestement « pré-incarné » la fonction présidentielle afin de la conquérir et avant « de l’occuper » ?

 

Et n’est-ce pas là toute l’ambivalence (non pas romanesque…) mais bien stratégique du candidat socialiste à l’élection présidentielle que de fustiger le visage de la Vème République tout en le préfigurant lui-même à sa suite ? 

  

7717561224_francois-mitterrand-devant-un-portrait-de-jean-j.jpg

François MITTERRAND à Castres en 1988.

 

N’est-ce pas le dilemme auquel Arnaud MONTEBOURG s’est, quelques décennies plus tard confronté - à sa mesure - en promettant, par l’usage actif de l’exemplarité, la consommation du divorce avec la Vème République tout en épousant finalement cette dernière en seconde noce pour une question de… survie politique ? 

 

Survie politique en tant qu’acteur qui, ayant frisé la défaite aux dernières élections législatives, a ensuite délibérément abandonné son exemplarité du non-cumul des mandats en se transformant en « primo-accédant » à la Présidence du Conseil général de son Département, afin de « protéger » son mandat de Député.

 

Ce faisant, son acte se situe « par delà le bien et le mal » de la rénovation politique, il est simplement un acte de mise en conformité avec le jeu des institutions de la Vème République…

 

Survie politique également en tant que porteur du projet de la VIème République. Que vaudrait en effet celle-ci sans l’existence de son principal promoteur ?

 

Le pragmatisme appelle ici une pensée suffisamment libre et éloignée des préconisations druidiques des métaphysiciens de gauche, qui soit apte à préparer la conception d’une VIème République tout en intégrant les règles du jeu de la Vème pour… Inventer le changement possible.

 

Et, en la matière, il semble bien que le seul candidat socialiste à avoir intégré cette double dimension politique, dialectique et stratégique, porte le même prénom que MITTERRAND.

 

Il lui appartient désormais de montrer au peuple de gauche et à la France, le visage imperçu de la victoire.

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 10:10

4115410540_79dfa0d3c1.jpgEn ces temps réputés pour leur langueur estivale, rien de mieux que de puiser dans une philosophie libre et véritable pour se maintenir en forme.

 

A des années lumières des médicaments et autres expédients philosophiques que l’on nous propose à intervalles réguliers sur les plateaux télé : les Luc Ferry, Alain Finkielkraut, Bernard Henri-Lévy,…

 

Ces métaphysiciens des temps modernes qui préconisent des ordonnances à usage passif à base de morale à bas prix pour des vies mornes et médiocres…

 

Je vous propose plutôt quelques extraits d’une pensée qui ragaillardit, celle de Friedrich Nietzsche.

 

« Quand de nos jours on entend dire d'un homme qu'il mène la vie du "sage" et du "philosophe", cela ne signifie presque rien de plus qu'une vie "prudente" et "retirée". [...] Mais le véritable philosophe, ne le sentons-nous pas, mes amis, ne vit ni en "philosophe" ni en "sage", ni surtout en homme prudent... » Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1886.

 

« Ce qu'on fait par amour s'accomplit toujours par-delà le bien et le mal. » Nietzsche, Par-delà le bien et le mal.

  

dali-salvador-1904-1989-spain-paysage-surrealiste-2218033.jpg

 

"Il faut être riche en opposition, ce n'est qu'à ce prix-là que l'on est fécond; on ne reste jeune qu'à condition que l'âme ne se repose pas, que l'âme ne demande pas la paix." Nietzsche.

 

« L'amour ne veut pas la durée; il veut l'instant et l'éternité. » Nietzsche.

 

« L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité. » Nietzsche.

 

« On en viendra bientôt à ne plus céder à un penchant vers la vie contemplative (c'est-à-dire à se promener, accompagné de pensées et d'amis) sans mépris de soi et mauvaise conscience. » Nietzsche, Le Gai Savoir, 1883.

 

« La valeur de la vie ne saurait être évaluée. Pas par un vivant, car il est partie, et même objet du litige, et non juge; pas davantage par un mort, pour une tout autre raison. » Nietzsche, Crépuscule des idoles, 1889.

 

« Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l'instant présent ne pourraient exister sans faculté d'oubli. » Nietzsche, La Généalogie de la morale, 1887.

 

Friedrich NIETZSCHE / Humain, trop humain. (1878-1879) / OEuvres I / Robert Laffont -Bouquins « Tiré de l’expérience. — L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt une condition. » 

 

LGUME_-1.JPG

 

Friedrich NIETZSCHE / Humain, trop humain. (1878-1879) / OEuvres I / Robert Laffont -Bouquins 1990 « Échelle de mesure pour tous les jours. On se trompera rarement si l’on ramène les actions extrêmes à la vanité, les médiocres à l’habitude et les mesquines à la peur. »

 

Friedrich NIETZSCHE / Aurore. (1881) / OEuvres I / Robert Laffont -Bouquins 1990 « À l’individu, dans la mesure où il recherche son bonheur, il ne faut donner aucun précepte sur le chemin qui mène au bonheur : car le bonheur individuel jaillit selon ses lois propres, inconnues de tous, il ne peut être qu’entravé et arrêté par des préceptes qui viennent du dehors. »

  

joiesenigmeshetranges.jpg

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 10:12

 

Le-bonheur-est-il-dans-la-decroissance_medium.jpgLa Fondation Jean Jaurès relaie la publication d’un essai intitulé : « Le bonheur est-il dans la décroissance ? »

Un ouvrage intéressant qui porte un regard neuf sur la production et son rapport à l’environnement. Entre les notions d’éthique de conviction et d’éthique de responsabilité.

En voici la synthèse :

« La croissance est-elle aujourd’hui encore la solution, ou n’est-elle pas en passe de devenir le problème ?

Ses excès, sa démesure, ses conséquences sur l’environnement, sur la société et sur l’économie elle-même, soulèvent des questions qui ne peuvent plus être ignorées. Pour autant, les réticences sont nombreuses et vives dès que l’on parle de décroissance. Sont-elles fondées ?

Christophe Caresche, Géraud Guibert et Diane Szynkier proposent d’analyser la pertinence du concept autant que ses limites.

Avant toute chose, ils pointent ce qui constitue peut-être le cœur du malentendu : pris au sens strict, le terme de décroissance évoque la régression, la stagnation de la technique, la diminution des richesses et apparaît ainsi comme l’exacte antithèse du progrès.

Mais la décroissance n’est pas une alternative concrète, ni un programme ; sa véritable vertu réside dans sa critique du dogme du salut par la croissance et sa capacité à réveiller les consciences.

Cette invitation à remettre en cause les bases du système capitaliste et de la société de consommation ne peut laisser la gauche insensible. Mais comment concilier ces critiques légitimes avec le progressisme auquel il n’est pas question pour la gauche de renoncer ?

D’abord, en reconnaissant la légitimité de cette contestation de la croissance. De fait, les auteurs s’accordent avec les tenants de la décroissance sur un certain nombre de points. La logique actuelle de croissance prédatrice débouche sur l’épuisement des ressources naturelles, et vouloir répondre par davantage de progrès aux dangers engendrés par le progrès lui-même relève du pari : rien ne garantit l’infaillibilité de ce calcul.

Mais, au-delà de la question écologique, de façon peut-être plus fondamentale encore, l’idée même selon laquelle la croissance implique le progrès doit être nuancée. Le chômage, l’effritement du lien social, la déshumanisation du travail, conséquences de l’obsession pour la productivité et la richesse, autorisent à douter de la réalité de ce progrès sur le plan humain comme sur le plan social.

A cet égard, le PIB, qui ne mesure que les activités marchandes, constitue un indicateur partiel et insuffisant dudit progrès. L’avènement d’une société d’hyperconsommation engendre l’aliénation psychologique de ses membres, les assujettit au règne de l’argent et de la logique marchande et s’ajoute aux motifs de contestation de la croissance.

Mais les ambiguïtés et les limites de ce concept de décroissance ne peuvent être ignorées. Il souffre d’abord de l’absence de définition politique positive.

Certains « objecteurs de croissance » reconnaissent ainsi la difficulté d’inventer un nouveau récit pour l’imaginaire collectif : la part de sacrifice que la décroissance présuppose rend particulièrement délicate l’imposition d’un tel projet.

La décroissance a ainsi pu être stigmatisée parce que les populations et pays les plus pauvres pâtiraient les premiers de sa logique de réduction globale. Le programme politique concret de ses partisans présente en outre de graves lacunes sur la question de la transition et de ses modalités. Les tenants de la décroissance récusent l’idée d’une croissance verte, reléguée au statut de « mirage » (Hervé Kempf) parce qu’aussi inefficace que socialement inégalitaire et se montrent tout aussi critiques à l’égard des « développementalistes ».

C’est qu’il ne s’agit pas, pour les décroissants, de rendre le système plus vertueux mais bien de changer de système. Or, cette volonté de rupture radicale les place dans une posture contestataire finalement peu opérationnelle.

Quel crédit accorder par ailleurs à une position qui récuse toute forme de progrès technique ? Il serait absurde et déraisonnable de se priver de l’apport du progrès technique – qui n’est ni bon ni mauvais en lui-même, sa valeur dépendant entièrement de l’utilisation qui en est faite – pour répondre à la crise écologique.

Enfin, face à l’accroissement démographique, le développement apparaît comme une solution incontournable.

Entre ces deux options, la gauche doit tracer sa voie propre, proposer une synthèse entre écologie et solidarité. Ces deux questions sont interdépendantes : la politique sociale ne peut pas ne pas prendre en compte les enjeux écologiques ; réciproquement, et quoi qu’en disent certains décroissants, la politique écologique suppose au préalable la réduction des inégalités sociales.

Imaginer une modification profonde dans la façon de mesurer la croissance, sortir de la logique de chiffres, améliorer la qualité de l’indice du PIB en prenant en compte d’autres paramètres serait un premier pas. La mise en place d’un revenu maximal autorisé et la création d’un revenu universel d’existence participeraient à la réduction des inégalités.

Pour rompre avec le tout consommation, la gauche aurait aussi tout intérêt à considérer le combat mené par les décroissants contre la publicité envahissante et agressive, et à en proposer une limitation dans le temps et l’espace. D’autres points de convergence pourraient être trouvés entre les partisans de la décroissance et la pensée social-démocrate, autour d’une volonté commune de concevoir une autre économie, qui s’appuierait sur des bases nouvelles.

La relocalisation, avec un soutien aux petites entreprises, à l’artisanat, au commerce de proximité, ainsi qu’une attention particulière à l’agriculture paysanne et vivrière, le ralentissement du rythme des activités, la priorité donnée à l’usage contre la logique d’accumulation des biens de consommation et du gaspillage pollueur (en valorisant l’économie de recyclage et en développant l’économie de la fonctionnalité) seraient autant de propositions sur lesquelles décroissants et sociaux-démocrates sont susceptibles de s’accorder.

Telle est, selon les auteurs du présent essai, la perspective à retenir pour la gauche : celle d’une conjugaison entre préoccupations sociales et préoccupations écologiques, entre solidarité et responsabilité ».

 

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 09:52

fjord-goteborg.jpg

 Fjord à Goteborg.

 

 « Donnez-moi un point à l’extérieur du monde pour comprendre le monde » disait René Descartes.

La Suède. Cette « partie » du monde si extérieure au monde qui semble tout à la fois le devancer et l’entraîner… Pour le meilleur et pour le pire.

 

Ce pays occupé par la Laponie, à la faible densité humaine (9 M d’habitant-e-s), très bien placé dans les classements européens sur l'Indice de développement humain (IDH), est, en 2008, selon l'indice de démocratie de The Economist, le pays le plus démocratique au monde avec un indice de 9,88/10.

   

suede.jpg

 

Très investie dans la sauvegarde de l'environnement et en faveur des énergies renouvelables qui sont généralement la priorité des politiques, ainsi que d'une grande partie du peuple, la Suède est un pays où les hommes ont le droit de prendre un congé de paternité de quinze mois, où la doctrine en matière de sécurité routière est le "zéro mort", où les handicapés sont intégrés à la vie sociale à la faveur d’une approche universelle et d’un « design for everybody », où le système de santé repose sur la prévention et la maîtrise des coûts …

  

mpeg_krisprolls_feu.jpg

 

Mais c’est également un pays où le nombre de fonctionnaires est en chute libre, où les directeurs d’école sont quasiment des chefs d’entreprise, où les bureaux de poste sont transférés dans des supérettes et des stations-service, où les télécommunications, l’électricité et les transports publics sont totalement libéralisés…

 

Ce n’est pas un hasard si, depuis quelques temps, nos politiques, nos élus locaux, nos experts empruntent régulièrement le chemin de Stockholm : les réformes menées tambour battant par la Suède durant ces dernières années, préfigurent souvent les changements - bons ou mauvais - que nous connaissons en France.

 

C’est la raison pour laquelle, il me semble intéressant d’y regarder de plus près.

 

Pour ce faire, je vous invite à lire « Le modèle suédois » de Magnus Falkehed, journaliste indépendant, qui couvre depuis plus de 15 ans l’actualité française pour les plus grands journaux suédois.  J'avais réalisé, sur ce bouquin, une fiche de lecture pour la Fondation Jean Jaurès, voilà quelques années... Mais l'ouvrage demeure d'une désopilante actualité !  

 

9782228899444.jpg

 

P.S : pour éviter tout malentendu, cet ouvrage sérieux ne comporte aucune photo de « top model suédoise » ni autres blondes sulfureuses… Et il n’y a pas d’images non plus…

   

imagesCAW3A1L6.jpg

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 11:14

 

terre_patrie.jpgLa régulation du monde plutôt que la "démondialisation".

 

La « démondialisation » c’est quoi ?

Au-delà du réflexe du « c’était mieux avant », les tenants de la démondialisation suggèrent de rendre le monde un peu moins monde… Tout un programme me direz-vous. Encore que la colonisation de la planète Mars pourrait un jour ou une nuit leur donner gain de cause…

 

En attendant, loin de chercher à rendre ce monde-ci plus juste, plus accessible, plus respectueux de l’environnement, les chantres du « démonde » suggèrent de revenir à « l’état de nature de l’Etat ».

 

Ce temps béni où les consciences nationales remplaçaient avantageusement les consciences mondiales du jour, où chacun était chez soi, où les structures internationales n’en étaient qu’à leur balbutiement, où le protectionnisme était la loi de tous les Etats, où l’Europe n’était caressée par quelques-uns que comme un rêve, ce temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître…

 

Devant une telle offensive du camp de la réaction, au sens propre du terme, je ne peux m’empêcher de penser à la lettre adressée par Victor Hugo aux membres du Congrès de la paix à Lugano le 20 septembre 1872 :

 

"Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe , qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis couronnent le nouveau [...], nous aurons la généreuse fraternité des nations au lieu de la fraternité féroce des Empereurs ; nous aurons la patrie sans frontières, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l' éducation sans l' abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l' échafaud, la vie sans le meurtre, la forêt sans le tigre, la charrue sans le glaive, la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans enfer, l' amour sans la haine [...] "

 

Les prescripteurs de la démondialisation nous préconisent donc le retour au monde clos qui passe nécessairement par l’abandon de l’univers infini tel que dessiné par la révolution galiléenne ou la découverte du calcul infinitésimal par Leibniz et Newton qui ont profondément modifié la conscience qu'a l'homme de lui-même et de sa place dans l'univers.

 

Surtout, nos réactionnaires de ce début de XXIème siècle, nient en bloc l’interdépendance sans cesse croissante qui existe entre les Etats et les a ainsi engagé à se rapprocher.

 

Ils oublient que nous vivons aujourd’hui dans une « Terre-patrie » (cf : ouvrage d’Edgar Morin) qui fait de nous des citoyens du monde. Et que la mondialisation de la culture, de la démocratie, des droits de l’Homme, de l’information, de la connaissance, mais aussi des échanges, constituent un progrès sans borne pour toutes celles et ceux qui sont épris de liberté.

 

Alors, oui, il faut que cette mondialisation soit régulée pour qu’elle serve la justice qui est très gravement mise en cause par la main invisible du marché qui se transforme en « poing invisible » pour les plus faibles.

 

Et pour ce faire, il convient de renforcer le rôle des instances de régulation nationales et internationales, de renforcer le rôle du politique.

 

Mais certainement pas de préconiser le retour au passé : en remettant en cause l’Euro, la construction européenne, le libre-échange et les institutions internationales qui ne doivent pas être balayées mais bien plutôt renforcées.

 

Henri Lacordaire résumait bien cette exigence de l’intervention régulatrice par ces quelques mots :

 

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit. » 

 

Aujourd’hui, les lois sont, par les hommes et pour les hommes, toujours à faire. Particulièrement les lois internationales…

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:08

 LNJ_Gilles-Fichelstein_ok.jpgGilles Finchelstein présente « la dictature de l’Urgence » à l’IEP de Toulouse.

Le Directeur de la fondation Jean Jaurès sera samedi à l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse pour présenter son dernier ouvrage intitulé « la dictature de l’urgence ».

 

En présence notamment de militants et élus socialistes de Midi-Pyrénées, cette conférence me semble utile au débat public actuel et aux enjeux de la pré-campagne de l’élection présidentielle. Un temps de réflexion sur le rapport au temps de l'action politique...

 

Ancien élève de Sciences Po Paris et de l’ENA, Gilles Finchelstein a été conseiller technique dans des cabinets ministériels du gouvernement Lionel Jospin, d’abord comme conseiller chargé des questions politiques, des relations parlementaires et du suivi de l’opinion de Dominique Strauss-Kahn (1997-2000) quand ce dernier était ministre de l’Économie puis conseiller chargé des questions politiques de Pierre Moscovici (2000-2002).

 

Il est depuis 2000 directeur général de la Fondation Jean-Jaurès et depuis 2002 directeur des études de Euro RSCG Worldwide (conseil en communication).

 

Il est membre depuis 2008 du club Le Siècle.

Il est l’auteur, avec Mathieu Pigasse, du livre Le monde d’après, une crise sans précédent (Plon, 2009). Œuvre récompensée par le prix du meilleur livre économique décerné par La tribune et HEC.

Il publie en 2011 La dictature de l’urgence (Fayard).

 

Je vous invite à venir nombreux à la présentation de son ouvrage le :

Samedi 9 avril 2011
de 9 h 30 à 12 h 30

Institut d’Etudes Politiques de Toulouse – IEP
Amphithéâtre Bodin
2 rue des puits creusés – Toulouse

 imagesCAUW12CK Et ou à le lire... 

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article
12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 15:13

En ces week-ends de grisaille, rien de tel qu’un bon livre !

Je ne saurai trop vous conseiller le dernier ouvrage d’Edgar MORIN : « La voie ».

 

En voici un extrait tiré de sa conclusion :

 

« L’espérance semble morte. Les vieilles générations sont désabusées par les fausses promesses et les faux espoirs. Les jeunes générations sont plongées dans le désarroi. Elles se désolent qu’il n’y ait plus de cause à laquelle se vouer, comme celle de notre Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Mais notre cause portait en elle-même son contraire. Comme le disait Vassili Grossman, Stalingrad, la plus grande victoire de l’humanité, fut en même temps sa plus grande défaite, puisque le totalitarisme stalinien en sortit vainqueur. La victoire des démocraties rétablit du même coup leur colonialisme. AUjourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit bel et bien de sauver l’humanité.

 

L’espérance est réssuscitée au cœur même de la désespérance. L’espérance n’est pas synonyme d’illusion. L’espérance vraie sait qu’elle n’est pas certitude, mais elle sait que l’on peut frayer un chemin en marchant (« caminante no hay camino, se hace el camino al andar*»).

L’espérance sait que le salut par la métamorphose, bien qu’improbable, n’est pas impossible.

Mais l’espérance n’est qu’illusion si elle ignore que tout ce qui ne se régénère pas dégénère. Comme tout ce qui vit, comme tout ce qui est humain, les voies nouvelles sont sujettes à dégradations, avilissements, scléroses.

Cette conscience-là aussi est indispensable, en permanence. »

 

Edgar MORIN, « La voie ».

 

* Poème de Antonio MACHADO. (« Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant. »)

Repost 0
Published by Samuel CEBE - dans Réflexion
commenter cet article