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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 20:36

 

victoire300La vive émotion et la profonde tristesse qui saisirent chacun(e) d'entre nous suite aux actes d'horreur perpétrés dans Paris, ont touché au cœur notre République et des millions de Français parmi lesquels plusieurs milliers de Tarnais.

 

L’immense sursaut de la manifestation du 11 janvier érige nos valeurs essentielles à la hauteur de notre Histoire et de nos attentes pour l’avenir. Comme l’indiqua Georges Clémenceau : « d'un désastre terrible a su jaillir un moment d’une douceur infinie. »

 

Dans un cri de silence la France s’est rappelée à elle-même et exprime aujourd’hui son attachement viscéral à la liberté qui, loin d’être un supplément d’âme est l'essence de la France.

 

Rien ne compte davantage que la défense et la promotion, par une fraternité vivante et un engagement de tous les instants, de notre liberté, de notre souveraineté et de notre indépendance.

 

Il nous appartient d’ajouter au nécessaire rappel des valeurs, la substance qu’elles contiennent.

 

La liberté d’expression qui constitue un droit inaliénable pour chacun-e, s’arrête là où commence l’injure, la diffamation, l’incitation ou la provocation à la haine, à la discrimination, l’apologie du terrorisme.

 

La laicité fondée sur la séparation des Eglises et de l’Etat qui introduit les principes de non-ingérence et de séparation avec les institutions religieuses, ne saurait être détournée de son objet et de sa finalité : elle n’est ni l’instrument de la négation d’une religion par une autre, ni la négation de toutes les religions. La laicité assure la coexistence entre les différents absolus philosophiques, politiques et religieux. Elle est la garante de la liberté de croire ou de ne pas croire.

 

La République ne saurait se réduire à la signalisation du triptique gravé sur le fronton de nos mairies, elle doit s’inscrire dans le réel, dans la concrétude de nos politiques publiques et dans nos vies.

 

Tout l’enjeu est de donner corps au principe de justice sociale en favorisant par notre action, l’emploi, la solidarité, l’éducation, la politique de la ville, la cohésion territoriale, l’accès à la citoyenneté, à la culture, aux sports, au logement et aux soins.

 

Nous devons conduire des politiques globales, efficaces et transversales qui portent à conséquence pour l’ensemble de nos concitoyens.

 

Nul ne doit se sentir hors de la République, la République doit être partout et favoriser l’exercice des droits comme le rappel des devoirs de chacun-e.

 

En ce sens, tous les moyens doivent être déployés pour le renforcement de l'Etat de droit en donnant plus de force législative, judiciaire et policière à la nécessaire protection des citoyens et en donnant plus de sens collectif à l’attachement à nos valeurs républicaines.

 

Pourquoi opposer l’incontournable obligation de se protéger à l’impérieuse nécessité de défendre et promouvoir nos libertés individuelles et collectives ? La République doit demeurer notre fin, elle doit rester notre moyen. Devant la force des exigences citoyennes, nous n’avons pas le droit de décevoir.

 

L’éthique de conviction doit s’allier à l’éthique de responsabilité. Le rappel de notre identité de Socialistes doit se combiner avec l’ouverture citoyenne. Au respect de la légitimité démocratique doit s’ajouter la transformation profonde de nos modes d’organisation.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:20

 

Hotel-Matignon

Contribution individuelle aux états généraux du P.S
Thème numéro 5
Démocratie et représentation :

 

Le temps de l'exigence du renouvellement de nos institutions est venu.

 

La dyarchie de l'exécutif est régie par une hiérarchie qui confère la compétence de la compétence au Président de la République et la faculté de s'y soumettre au Premier ministre.


 Pourtant, comme autorité administrative de premier plan, le Premier ministre doit gérer les affaires du pays dans la perspective des grandes lignes.

 

Le Député est un représentant au parlement, élu par le peuple et exerce le pouvoir législatif.


 Le mode de scrutin actuel qui prévoit son élection dans le cadre d'une circonscription territoriale réduite, suscite le localisme, transforme les parlementaires en assistants sociaux et constitue un frein par rapport à sa mission fondamentale qui est de faire la loi pour une circonscription indivisible qui est la France.

 

Je propose la mise en œuvre d'élections législatives par scrutin de liste.


 Les élections législatives doivent devenir la clef de voûte des institutions de notre République.


 L'idée est de rapprocher les institutions républicaines de la société ainsi que les députés des citoyens en clarifiant les enjeux des élections législatives et en conférant une source de légitimité issue du suffrage universel au Premier ministre.


 Si l'on veut que les élections législatives soient gouvernementalisées, les députés doivent être élus sur des listes nationales.


 Avec un tel système, la tête de liste devient le candidat de fait du parti ou de la coalition à la fonction de Premier ministre.
Pour renforcer le poids des électeurs dans les institutions républicaines, il faut que les citoyens choisissent, non seulement le Président de la République mais aussi une coalition et un programme de législature.


 C'est pourquoi, il faut prévoir que les élections législatives se jouent en deux tours avec possibilité de fusion des listes entre les deux tours et maintien en lice des deux seules listes arrivées en tête au premier tour.


 Ainsi les électeurs choisissent un chef de gouvernement : les élections législatives sont gouvernementalisées.
Mais ce chef de gouvernement n'est qu'une tête de liste, ce qui évite le caractère monarchisant et bonapartiste du déplorable système actuel.


 Les électeurs choisissent une majorité, c'est à dire une coalition qui les gouvernera la législature durant : l'efficacité de la stabilité prolonge la légitimité de l'élection.


 Les partis ont du se mettre d'accord devant les électeurs et avant les élections, sous peine de perdre les élections.


 Leur alliance a été scellée devant les électeurs, ce qui la rend plus solide.


 La majorité ne se forme pas après les élections comme sous les IIIèmes et IVèmes Républiques, c'est à dire dans le dos des électeurs, mais devant les électeurs, ce qui la rend plus démocratique.


 Aussi, lors du vote, les électeurs choisissent un programme de gouvernement et non le programme d'un parti qui ne gouvernera pas seul et donc qui n'appliquera pas son programme mais un compromis avec ses alliés.


 Nous aurons ainsi une dyarchie équilibrée à la tête de l'exécutif, un Premier ministre légitime, un programme de gouvernement partagé et des parlementaires renforcés dans leur mission.

 

Samuel CEBE
Premier Secrétaire Fédéral
du PS du Tarn

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 10:49

 

la-droite-brune-ump-fn-les-secrets-d-une-liaison-fatale-de-.jpgPour la Saint-Valentin, je constate que la droite graulhétoise s’engage dans des liaisons dangereuses…

 

En indiquant que pour gagner, il prévoit de « présenter une seule liste qui couvre toutes les sensibilités de la droite de l'UDI au FN », monsieur Bonleux, Conseiller municipal d’opposition UMP, trahit les Graulhétois.

 

Les habitants qui lui ont accordé leur suffrage ne lui ont pas donné mandat pour réaliser un accord avec le Front National.

 

Les conséquences d’une cogestion avec le Front National seraient :

-L’isolement politique de la ville de Graulhet vis-à-vis de ses partenaires institutionnels : Communauté de communes de Tarn & Dadou, Conseil général du Tarn, Conseil Régional de Midi-Pyrénées.

-L’enclavement territorial et économique de la commune qui se verrait alors fuie par les différents acteurs qui donneraient alors leur préférence aux communes voisines qui bénéficieraient seules de l’attractivité toulousaine.

-La stigmatisation de la ville de Graulhet placée ainsi au banc des collectivités sur le plan national.

-Le développement grandissant de l’insécurité avec l’opposition des Graulhétois entre eux.

 

Les gestions médiocres, faites de renoncements et d’incompétence, de quelques villes vite perdues (Toulon et Vitrolles par exemple) ont montré que le F.N ne pouvait passer l’obstacle de la gouvernance.

 

Le FN prône avant tout une France du repli sur soi et de l'autarcie, y compris en matière économique. Sa proposition de sortie de l'Euro aurait pour conséquence une hausse de 200 % du prix de l'essence. Son programme porterait prioritairement atteinte aux personnes qui perçoivent de baibles revenus et aux PME.

 

La préférence nationale serait introduite pour les prestations sociales, l'accès au logement et à l'emploi, ce qui en pratique signifie priver de droits élémentaires les 3,5 millions d'étrangers qui vivent en France.

Concernant le logement social, «seules les personnes qui peuvent légitimement y prétendre pourront conserver» leur habitation : les autres seront donc expulsés de chez eux.

 

Le minimum vieillesse serait également réservé aux Français, et supprimé pour les étrangers qui ne vivent pas en France et/ou y ont travaillé moins de 10 ans. Une rupture totale avec l'esprit des lois de Sécurité sociale de 1945.

Les républicains de la droite tarnaise doivent également dénoncer cette compromission de l'UMP graulhétoise.

 

Face à ces liaisons dangereuses entre une partie de la droite et le F.N, nous devons plus que jamais être des acteurs de la réussite du gouvernement, du rassemblement de la gauche et dénoncer les dangers du programme du Front National.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 06:19

Jean-Marc-Ayrault.jpg

A mesure que le pouvoir prend forme, il change de forme dans notre pays et prend une juste mesure, celle qui fait de chaque citoyen la mesure de toute chose…

 

 

De l’absolutisme au relativisme

 

A de nombreuses encablures de « l’omniprésidence », François HOLLANDE rend aujourd’hui possible une présidence conforme à l’esprit et aux normes de la République.

 

Si l’absolutisme est le fait de ce qui « délie des lois », le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT apparaît bien dans ce qu’il est profondément : intimement lié aux lois.

 

Par l’évidence de celui qui, en sa qualité de chef de gouvernement, provient, comme Président du groupe socialiste, de l’Assemblée Nationale.

 

Par la valeur de l’exemple que François HOLLANDE replace au cœur de la République. L’exemple qui ainsi agit comme un signe avant-coureur de la loi à venir tout autant que comme son principal promoteur. L’exemple qui procure la confiance utile au législateur qui s’engage et nous engage. L’exemple qui permet à la représentation (nationale), au sens étymologique du terme, de rendre quelque chose d’absent présent ; en l’occurrence, le sens d’une action politique.

 

Par l’orientation voulue du réformisme. Celui qui envisage la transformation sociale par l’usage du dialogue, par la pratique de l’équilibre, par la recherche continue de ce qui porte à conséquence et de ce qui s’inscrit dans la durée… A la faveur de l’inscription nouvelle dans la loi.

 

Par le respect d’une « solidarité organique » qui replace les deux têtes de l’exécutif dans leur fonction respective tout autant que dans leur dessein commun qui est celui de servir ensemble le changement validé par les français.

Le gouvernement actuel est, dans les faits, doté de réelles prérogatives, contrairement au précédent qui fut sous contrôle, sous administré, réduit à n’être qu’une dépendance dans une arrière-cour de l’Elysée…

 

 

De la culture de la délimitation à la culture partagée

 

La nature de la composition du gouvernement, de la répartition des attributions des ministères et des correspondances qui existent entre eux est déjà en-soi une rupture avec le gouvernement précédent mais également avec les usages préexistants.

 

Les décrets d’attribution des ministères qui viennent d’être publiés au journal officiel en témoignent. Des choix annonciateurs d’une orientation politique.

 

Le Ministre de l’économie et des finances, Pierre MOSCOVICI, prend la tête d’un gros portefeuille avec la responsabilité pleine et entière des comptes publics, des règles relatives aux finances locales, de l’équilibre des comptes sociaux et des mesures de financement de la protection sociale. Mais son autorité sera, sur la direction de la Sécurité sociale, conjointe avec la Ministre aux affaires sociales, Marisol TOURAINE. De la même manière, Bercy perd la tutelle de la réforme de l’Etat et de la fonction publique.

La direction générale des collectivités locales (DGCL) sera désormais partagée, sous l’autorité conjointe du Ministre de l’intérieur, Manuel VALLS et de la Ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise LEBRANCHU.

L’agence des participations de l’Etat (APE) ne sera plus du seul ressort du Ministre de l’économie mais placée sous l’autorité conjointe de Pierre MOSCOVICI et Arnaud MONTEBOURG, Ministre du redressement productif.

 

Contrairement à la précédente majorité où la Direction de l’énergie et du climat dépendait fortement du Ministre de l’industrie, la nouvelle Ministre de l’Ecologie « élabore et met en œuvre la politique de l’énergie, afin notamment d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la lutte contre le réchauffement climatique. »

Un choix conforme à la philosophie du Parti Socialiste qui inscrivit en 2008 dans l’article 7 de sa Déclaration de principes que : « Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de leur production. » Et dans son article 4 : « Les socialistes veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. »

 

De nombreux autres exemples existent de ces attributions partagées avec comme l’indique la porte-parole du gouvernement, Najat VALLAUD-BELKACEM, une « autorité conjointe » sur un certain nombre de dossiers.

« Plusieurs Ministres seront ainsi amenés à intervenir en bonne intelligence, en bonne entente. » « Les administrations seront au service de chaque ministère. »

 

Nous sommes au cœur de l’inspiration de ce gouvernement qui élabore une culture partagée du pouvoir ainsi que des politiques transversales pour une action globale.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:01

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De l’investiture à la mise en place du gouvernement, François HOLLANDE inaugure une présidence nouvelle.

Forcément nouvelle dans la mesure où sa victoire signe la défaite de celui qui appartient désormais avec Valéry Giscard d’Estaing, au pool des deux Présidents de la Vème République à ne pas avoir été réélus ; c’est à dire à avoir été éconduits…

 

C’est cette promesse d’une Présidence nouvelle qui a rendu possible la victoire et c’est la victoire qui rend possible la Présidence nouvelle.

 

D’évidence, c’est le changement qui est attendu par les Français.

 

Le changement de destination de la politique économique, sociale, industrielle, fiscale, éducative, territoriale, de la France.

Le changement de destinataires qui sont légitimement toujours plus nombreux à attendre que le redressement de notre pays se produise dans la justice et dans la conduite d’un destin qui soit réellement partagé.

Le changement attendu dans la contingence de la réalité vécue de chacun-e-

 

Ce changement qui ne saurait exister sans l’impulsion première donnée ces jours derniers par François HOLLANDE.

Et, de ce point de vue, le Président socialiste, eu égard aux « coutumes » qui l’ont précédé, inaugure un autre rapport au pouvoir, un « pouvoir autrement ».

Un pouvoir exemplaire pétri de morale sans le moralisme, un pouvoir incarné avec du symbole sans le sacré, un pouvoir empreint de dignité sans la condescendance.

 

 

La valeur de l’exemple contre l’exemple de la valeur.

 

Pour la droite, le pouvoir constitue prioritairement et à lui seul la marque de la valeur ultime. A la fois révélateur de l’excellence due au rang, but en soi et exercice autosuffisant, il représente par définition la destination finale…

Il est l’exemple de la valeur. Une valeur supérieure et permanente dotée d’une substance « en-soi »…

Nicolas SARKOZY a ajouté à cette culture du pouvoir multiséculaire à droite, la culture de l’entreprise afin d’asseoir notamment sa revalorisation salariale de près de 170 % pour effectuer le « job ».

 

Pour la gauche le pouvoir n’a « en-soi » qu’une valeur relative. Il n’est que la continuation de la volonté politique par un autre moyen. Un outil. Il n’y a pas véritablement, à gauche, d’essence du pouvoir.

Celui-ci n’est rien de plus que l’expression d’une volonté populaire qui aspire au changement, le prolongement du suffrage universel qui indique une orientation, le moyen dont l’usage permet la transformation sociale. Ou presque rien de plus…

C’est le « sur-moi » du pouvoir qui a de la valeur : c’est l’intention qui compte. Le pouvoir est second, il doit être conforme à la volonté d’origine, il doit rendre des comptes, se justifier, il ne doit pas décevoir. Il est potentiellement coupable…

Vous savez, ce lointain remords de la gauche d’être au pouvoir. C’est une vieille, une mauvaise habitude qui habite la gauche française : l’accession au pouvoir déclenche la conscience du remords à venir… Sur le mode : « maintenant que nous avons gagné, il nous faut tenter de nous faire pardonner. » Comme si la gauche intériorisait une culpabilité prométhéenne de se trouver dans l’exercice du pouvoir qui agirait fatalement comme un corrupteur de sa conscience… De ce point de vue, il n’est que temps que la gauche assume la relation entre la permanence de ses valeurs et la transformation de ses moyens. (J’y reviendrai prochainement). Ses 3  victoires à l’élection présidentielle qui prouvent au fond que la gauche au pouvoir c’est possible, c’est durable puis normal, doivent nous faire avancer dans cette perspective.

 

Pour la gauche donc, le pouvoir tire sa justification de la valeur de l’exemple. Valeur que François HOLLANDE, avec juste raison, replace au cœur de la République.

L’exemple est avant toute autre considération une approche de déontologie qui vaut « en-soi ». C’est tout le sens de la Charte de déontologie adoptée par le tout nouveau conseil des ministres. Avec notamment la signature d’une déclaration d’intérêt, la remise des cadeaux au service des domaines, la renonciation à « toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère », le non-cumul des mandats, la valorisation des logements de fonction comme avantage en nature (pour le fisc)…

 

L’exemple, dans sa fonction de modèle et dans son incitation à être imité, est également une préfiguration d’une action proposée et à venir. Une sorte « d’expérience partielle » pouvant illustrer le sens d’une action globale. La réduction de 30 % des émoluments des ministres prend acte de la crise économique et indique les efforts qui devront être consenti pour plus de justice sociale et fiscale.

 

Mais plus largement, il peut également constituer une philosophie de l’engagement qui propose le but comme chemin… Et non comme une destination plus ou moins exotique…

 

La manière dont on appréhende et dont on pratique le pouvoir serait alors de nature à produire des exemples… à suivre.

 

Et en ce sens, ces exemples peuvent être vus comme des actions contingentes pleines et entières qui font sens pour les citoyens.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 06:29

 

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Dans sa victoire à l'élection présidentielle, la gauche a qualifié son orientation qui est celle du changement.
Elle a ainsi, en la personne de François HOLLANDE, su incarner une  alternative par rapport à l'existant et créer les conditions de  l'alternance dans la République.
Un peu avant et un peu après la fin subite de son chef, la droite  considéra que son revers était de nature à étourdir la France.
Suggérant par la même que la gauche c'est la France à l'envers et la droite la France à l'endroit.
En suivant une telle assertion, le suffrage universel serait alors rangé au magasin des accessoires et ne serait plus que le supplément  d'âme d'une avantageuse répartition préexistante et rituelle : à la  droite, le pouvoir, à la gauche, la contestation du pouvoir...

 

Dans le déploiement d'une dialectique "ami-ennemi" sans concession pour la République, la droite oppose la gauche à la France et lui fait le procès de l'incompatibilité avec la nation...
Le soir où il fut défait, Nicolas SARKOZY donna le ton : "Je ne serai jamais comme ceux qui nous ont combattu. Nous aimons notre pays."
La droite du jour dénie ainsi à la gauche la faculté de servir la France. Rien de moins... Vous conviendrez avec moi qu'il serait ardu d'en dire plus...

La gauche et l'anti-chambre du pouvoir.

Dans la vision "UMPiste" tout se passe comme si la droite était consubstantiellement vouée à demeurer au pouvoir. L'accès de la gauche aux responsabilités ne pourrait se produire qu'à la faveur d'un accident, d'une conjonction d'aléas.
Elle serait le résultat d'un symptôme qui témoignerait d'un malaise passager de la France, à guérir au plus tôt...
Une situation d'exception qui ne ferait que confirmer la règle communément admise selon laquelle la droite est "conçue" pour le pouvoir et la gauche matricée pour s'y opposer...
En réclamant pour elle-même la marque déposée "France éternelle", l'UMP s'arroge la propriété ontologique de notre pays en indiquant le rapport exclusif qu'elle entretiendrait avec lui...

 

Est-ce à dire que la gauche représenterait "la France temporaire" ? La gauche serait ainsi la fille illégitime de la France ...?
La droite avance pourtant 2 dialectiques contradictoires :
-D'une part, une vision maurassienne qui oppose le pays réel (où elle élit volontiers domicile) au pays légal qui serait par nature éloigné de la France éternelle. Schéma de lecture très largement développé durant la campagne électorale par Nicolas SARKOZY ;
-D'autre part, une vision gaullienne pétrie de l'évidence, qui s'imposerait à la raison de chacun-e-, selon laquelle la France serait dotée, avec la droite, d'un propriétaire...

Et il faut bien que la droite française produise un choix entre sa réclamation du pays réel opposé à ce qui tient force de loi et sa revendication en légitimisme qui semble nous dire : "Nous sommes depuis des temps immémoriaux, la loi."
Dépassant ainsi la notion de production de la loi par celle de "l'étant de la loi."

 

L'alternative contre l'endroit et l'envers.

C'est l'existence même de l'alternative qui, au sens propre du terme est un choix entre deux possibilités distinctes, qui est frappée de nullité par la droite.
Pour cette dernière, comme l'indique son slogan de campagne législative : "Ensemble, choisissons la France", il n'y a, si l'on peut dire, qu'un choix.
Comme si les électeurs étaient tous potentiellement des exilés fiscaux...
Il est à noter que ce slogan est un contre-sens. Sous couvert d'exhorter les français à choisir, il ne leur laisse pas le choix... 
Puisque toute option "autre" serait contraire à la France. Et pourquoi pas ennemie de celle-ci ...?
Réthorique relative à "l'ennemi de l'intérieur" propre aux 
cousinades thématiques UMP-FN de la campagne présidentielle.
On remarquera que tous les mouvements politiques, à l'exception notable de l'UMP, respectent la valeur fondatrice du choix devant la pluralité des offres politiques différenciées qui seule permet, dans une démocratie digne de ce nom, de proposer afin de le réaliser, un possible.
Or, dans sa disgrâce, ce parti sans doute touché par la tentation d'être unique, semble se morfondre aujourd'hui dans une nostalgique volonté de restauration. Mais de restauration de quoi...?
Tous les autres mouvements politiques, à la faveur de l'usage du mot alternative (ou de ses figures diverses) utilisé fautivement (sous l'influence de l'anglais) dans le sens d'une seconde option, valident la concurrence des projets, l'expression de la démocratie et l'affirmation de la liberté de vote du citoyen.

 

L'alternance contre l'envers et l'endroit.

L'alternance est avant tout le prolongement d'une conjonction entre une aspiration au changement et une offre de changement. Elle est également une preuve nécessaire et irréfutable que le rapport au pouvoir est empreint d'impermanence et non pas de permanence.
Au bout de 23 années d'absence de la gauche de la gouvernance nationale, la victoire de François MITERRAND en 1981, démontra par l'exemple que les socialistes au pouvoir c'est possible.
En 1988, "la force tranquille" qualifia l'idée selon laquelle la gauche, c'est durable.
En 2012, l'élection de François HOLLANDE rappelle que l'élection d'un Président socialiste, c'est normal !
Dès lors, le procès du jour intenté à la gauche sur sa prétendue incapacité à "administrer" la France, sur sa prétendue illégitimité et sur sa prétendue incompatibilité avec la nation, apparait comme étant gentiment désuet et anachronique...
Sinon pour le moins déplacé, au regard du passif laissé par la droite sur le plan de la dette, des comptes sociaux, du niveau du chômage, de la fracture territoriale et fiscale... Notamment...

 

L’habitation contre la cohabitation au sein de l’exécutif.

 

L’équilibre… Une notion qui, en politique, suscite des interprétations multiples sinon controversées…

Il y a l’équilibre institutionnel notamment entre l’exécutif et le législatif qui est une condition d’un fonctionnement régulier de nos institutions.

Il y a l’équilibre propre à une nécessaire séparation des pouvoirs chère à Montesquieu, en particulier entre celui qui relève du politique et celui qui relève du judiciaire. (Son rétablissement ne sera d'ailleurs pas un luxe...).

Il y a l’équilibre d’une politique qui, passant outre une vision fragmentée de la société, s’adresse à tous les citoyens.

 

Mais alors qu’est-ce donc que ce « nouvel équilibre » brandi par la droite du moment qui n’est rien d’autre que la volonté d’imposer à la France une cohabitation de 5 ans ?

Si ce n’est la confusion, l’incohérence, la limitation de l’action publique… ?

On a déjà vu un Président de la République placé dans cette configuration refuser de signer les ordonnances (même si, de notre point de vue, c’était pour la bonne cause…).

On a pu constater un Premier Ministre subir des engagements européens de la France qui furent contraires à sa politique de relance au niveau stato-national…

Cela existe, donc. Mais comment ignorer que c’est toujours au détriment de l’action publique ?

 

Et ce d’autant plus que :

-Le passage du septennat au quinquennat alourdit la dimension d’incompatibilité de la cohabitation (qui passe de 2 à 5 ans) avec le service de l’Etat.

-L’inversion du calendrier voulue par Lionel JOSPIN ajouté à la coincidence des mandats présidentiel et législatif pour un temps entier de 5 ans, renforce la nécessité de la cohérence entre les 2 têtes de l’exécutif.

-L’interdépendance croissante entre la politique européenne et la politique nationale exige une continuité de l’orientation portée par le Président de la République d'une part et par le Premier Ministre d'autre part.

 

Au-delà des arguments déroutés d’une droite du moment en pleine déroute, il faut se souvenir que tous les cadres de la droite française et en particulier les gaullistes, défendent depuis toujours « l’habitation » d’une seule et même politique par les deux têtes de l’exécutif.

 

La résurgence de ce canal historique conforme à la plus grande épure du mouvement gaulliste nous vient de la récente déclaration de M. GUEANT : « Institutionnellement, par principe, je pense que ce n’est pas l’esprit de la Vème République qu’il y ait une cohabitation. L’esprit de la Vème République, c’est qu’il y ait une puissance d’action publique et que par conséquent il y ait une cohérence, au sein de l’exécutif, entre le gouvernement, le Président et l’Assemblée Nationale. »

 

Une fois n’est véritablement pas coutume,… Mais, sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec Monsieur GUEANT.

 

Les 10 et 17 juin, donnons, dans l’esprit de la Vème République, une majorité forte au Président afin qu’il ait la puissance d’action publique suffisante et nécessaire pour conduire le changement voulu par les français.

 

 

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:56

 

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En ce 8 mai, François HOLLANDE et Nicolas SARKOZY ont donné l’image de l’unité pour un temps suspendu qui est celui d’une commémoration nationale et qui ouvre également celui d’une transition républicaine jusqu’au 15 mai prochain, jour de la passation officielle du pouvoir présidentiel.

 

Le nouveau Président élu mesure mieux que quiconque la portée de l’image donnée dans les touts premiers jours qui succèdent à son élection.

Il avait indiqué être prêt, au service des français, à la hauteur des enjeux ? Il l'est.

 

Engagé avec sérieux, diligence et simplicité dans la préparation des premiers actes du changement.

Loin, très loin de l’image précieuse-ridicule donnée par son prédécesseur, François HOLLANDE offre le visage de l’abnégation qui envisage une action patiente et progressive.

 

Il impose une figure humble et besogneuse qui préfigure un mandat pétri de cohérence et de progressivité.

Pour un réformisme de gauche qui s’appuie sur la mise en actes du discours validé par les citoyens, sur le rassemblement des français et sur l’inscription dans la durée.

 

Ces premiers gestes semblent agir comme des augures qui offrent des signes présageant la nature et le sens du mandat qui ne tardera pas à s’ouvrir…

 

Quel événement symbolique ?

 

le-pantheon-paris_80.jpg

 

François HOLLANDE va choisir un acte premier, une intervention, une commémoration ou bien encore une célébration… qui sera de nature à installer une orientation voulue de sa présidence.

 

Comme chacun-e- le sait, François MITTERRAND inaugura son mandat le 21 mai 1981, au Panthéon en consacrant 3 valeurs célébrées par le dépôt de roses sur les tombes de Victor SCHOELCHER, Jean JAURES et Jean MOULIN pour la liberté, la paix et la résistance…

Ce faisant, l’ancien Président voulut également comme l’indiqua Milan KUNDERA, « ressembler aux morts car la mort et l'immortalité formant un couple d'amants inséparables, celui dont le visage se confond avec le visage des morts est immortel de son vivant. »

Son successeur, Jacques CHIRAC, fit le choix, le 16 Juillet 1995, soixante ans après la fin de la seconde guerre mondiale, de reconnaitre solennellement la responsabilité de l'Etat français dans les crimes commis pendant l'Occupation.

Il engagea ainsi la France devant son Histoire et prit par la même, le contre-pied de tous ses prédécesseurs qui de De Gaulle à Mitterrand, avaient au contraire défendu l’idée que Vichy n'était pas la France et l'Etat français seulement une parenthèse.

On peut aujourd’hui penser que François HOLLANDE fera un choix symbolique qui sera en rupture avec les errements de la présidence de Nicolas SARKOZY. Et peut-être aussi en décalage avec le goût immodéré (?) de François MITTERRAND pour le marbre de l’éternité…

Un choix, au fond, qui lui ressemble : fait de porosité, de rassemblement et de générosité…

 

Quel gouvernement ?

 

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En ce qui concerne le choix de son 1er Ministre (qui sera un-e- socialiste), François HOLLANDE se prononcera certainement en faveur d’un proche.  En 1981, François MITTERRAND avait bien choisi Pierre MAUROY et non Michel ROCARD…

La netteté de son résultat et la relative faiblesse (au regard de ce qui était attendu…) de celui du Front de Gauche le conforteront dans cette voie.

Le Président socialiste a déjà annoncé que l’équipe gouvernementale respecterait le principe de la parité homme-femme. Il favorisera sans doute la diversité. 

De nouveaux talents, révélés durant la campagne, doivent se confirmer dans l’exercice des responsabilités de l’Etat.

Un panachage entre l’expérience utile et un renouvellement souhaitable devrait être de mise.

Une équipe resserrée et non pléthorique sera une marque supplémentaire de la volonté d’exemplarité en matière de maîtrise des finances publiques.

L’ouverture aux radicaux de gauche, aux Verts et à des communistes est en question… Nous verrons.

 

Quelle Assemblée nationale ?

 

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A la faveur de l’obtention d’une majorité lors des élections législatives, les représentants de l’U.M.P disent vouloir rééquilibrer les pouvoirs…

Il est vrai que la gauche détient aujourd’hui de nombreux instruments du pouvoir républicain sur le plan national (Présidence de la République, Sénat), territorial (la quasi-totalité des Conseils régionaux, la majorité des Conseils généraux) et local (de nombreuses communes, grandes, moyennes et petites…).

 

Mais il ne saurait y avoir d’équilibre sans cohérence, sans continuité et sans stabilité.

Or, le fait de vouloir priver le nouveau Président de la République d’une majorité à l’Assemblée Nationale, c’est chercher à contrefaire ce que le suffrage universel a déjà fait.

C’est tenter de soustraire à la souveraineté déjà exprimée une part conséquente de cette même souveraineté.

C’est suggérer d’installer une cohabitation de 5 ans entre les 2 têtes de l’exécutif alors que la France a besoin aujourd’hui plus que jamais d’être habitée par une orientation claire.

C’est faire le choix de l’instabilité institutionnelle alors qu’il est impératif d’œuvrer au redressement national.

C’est faire le choix d’une indépassable contradiction là où il est nécessaire d’assurer la cohérence d’une orientation, la continuité d’une action et le développement durable d’une politique dans le temps entier d’un mandat.

 

Lire l'article de Guy CARCASSONNE, professeur en droit public, intitulé “Tous les pouvoirs ?” :

http://www.huffingtonpost.fr/guy-carcassonne/tous-les-pouvoirs-gauche_b_1503618.html?ref=france

 

 

 61 % des français se prononcent aujourd'hui pour une majorité favorable à François HOLLANDE.

Le nouveau Président de la République a reçu un mandat du peuple de France pour conduire le changement. Il reste à lui en donner les moyens.

 

A l’aube de son début d'exercice, François HOLLANDE entend cultiver ce qui fait sa marque de fabrique : une attention particulière portée aux citoyens, un sens aigu du service de l’Etat, une propension naturelle au rassemblement.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 15:58

 

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En ce 7 mai, quelque chose a changé, l’air semble plus léger, la lumière plus intense, les couleurs plus vives. Pourtant, comme souvent j’ai décidé de couper par le jardin, le même jardin…

Mais rapidement, une idée s’avance, elle prend forme, elle s’impose à la raison et devient réalité : François HOLLANDE vient d’être élu Président de la République !

 

« Quelle Histoire ! ». C’est ainsi que François MITTERRAND exprima son regard sur l’Histoire en y faisant son entrée. Ce fut le 10 mai 1981, à Châteauchinon.

2 mandats plus tard, l’ancien Président, le jour de son départ de l’Elysée, indiqua aux socialistes rassemblés rue de Solférino que désormais l’alternance était inscrite dans le cours de la vie politique française…

 

François HOLLANDE vient de le confirmer par son éclatante victoire. Pour notre plus grand bonheur. Il est temps d'en apprécier la saveur, maintenant !

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:19

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La victoire de Samothrace

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:02

 

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Le 1er mai : le jour où les atteignants s’atteignirent ?

 

Président. Le 1er mai, la 1ère fois, le 1er jour où Nicolas SARKOZY a cessé de l’être et où François HOLLANDE l’est devenu.

 

Le candidat sortant a, ce jour-là décidément choisi, à la faveur de la poursuite d’une dialectique ami-ennemi, la confrontation pure. Celle qui recherche à entamer la journée internationale du travail et des travailleurs par l’exercice de « la réaction » au mouvement progressiste de revendications sociales.

Par la création de ce rassemblement anti-social, Nicolas SARKOZY s’est ainsi dépossédé des attributs de sa fonction présidentielle.

Il a symboliquement démissionné.

 

François HOLLANDE a eu raison devant cette culture de la différence de cultiver l’indifférence et de se tenir à distance de la division afin de ne pas entrer dans le jeu de la confrontation et de ne pas ajouter de la confusion à la confusion.

Il est ainsi devenu de fait le garant du rassemblement de la République.

 

Ce faisant, le candidat socialiste fait le choix de la hauteur de vue et du respect de l’autonomie du mouvement syndical tout en appuyant la cause de cette journée internationale : "Je veux que ce 1er mai soit celui du droit au travail pour la génération qui vient".

 

Surtout, par la commémoration de la mort de Pierre BEREGOVOY, il rend hommage à un homme d’Etat aux origines modestes et au destin de militant puis de serviteur de la République au dévouement sans faille.

 

L’ancien 1er Ministre pour lequel l’éthique de responsabilité ne pouvait jamais s’exprimer sans l’éthique de conviction, ne put supporter que l’on attente, à son endroit, à leur étroite liaison… Lui qui, par "sa mort voulue", fit le choix de partir par là où il était venu : de l'insigne d'un 1er mai... Emportant avec lui son secret d'homme.

 

François HOLLANDE, dans cet exercice, s’est mis plus que jamais dans les pas de François MITTERRAND dont il disait à Carmaux : « il a commencé sa campagne ici en 1980,… je la continue ». Le candidat socialiste a ainsi contracté le symbole ultime de la fonction présidentielle.

Et de ce point de vue, il démontre une fois encore qu'il en a parfaitement saisi la nature et le sens. Il faut, pour cet exercice, être doué de tant de qualités et notamment de souplesse d'esprit et du sens du symbole. (Ce qui, au-delà de leurs dimensions respectives, a manifestement manqué à Michel ROCARD, Edouard BALLADUR, Alain JUPPE, Lionel JOSPIN, Ségolène ROYAL, Martine AUBRY...).

 

Mais revenons au 1er mai...

 

Voici des extraits du discours de François MITTERRAND prononcé le 4 mai 1993 :

« Je parle au nom de la France, lorsque je dis devant son cercueil qu’avec Pierre Bérégovoy elle a perdu l'un de ses meilleurs serviteurs et qu'elle en prend conscience sous le choc d’un drame où se mêlent grandeur et désespoir, la grandeur de celui qui choisit son destin, le désespoir de celui qui souffre d'injustice à n'en pouvoir se plaindre, à n'en pouvoir crier.

(…)

L'émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l'annonce de ce qui s'est passé samedi, en fin de journée, près de Nevers, sa ville, notre ville, au bord d'un canal où il était souvent venu goûter la paix et la beauté des choses, lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter tout en se respectant donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy.

 

Nous sommes autour de vous Madame, autour de vos enfants, de votre cercle de famille, avec le sentiment déchirant de ne pouvoir que vous accompagner sur le chemin qui reste à faire. Un signe, un regard, une certaine façon de se taire pour penser ou prier, le culte du souvenir et l'honneur d'être vos amis, voilà tout ce que nous possédons pour vous aider à vivre l'absence, l'insupportable, l'incompréhensible absence. Mais avec nous voyez cette foule, avant-garde des millions de Français qui dans tout le pays partagent notre douleur. Voyez Nevers, voyez la Nièvre, toutes opinions confondues, qui viennent à vous, qui vous retrouvent et qui vous aiment. J'ai moi-même tant et tant parcouru ces chemins que je reconnais la vieille terre fidèle où il va reposer, et je pense à ces derniers mots du grand savant Jacques Monod que chacun répète en soi-même jusqu'à la fin : «Je cherche à comprendre.»

 

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