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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:42

 

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Voyage au centre de l’extrême : La menace national-populiste.

 

Depuis son discours de Longjumeau dans lequel il indiqua que « LE PEN était compatible avec la République », Nicolas SARKOZY poursuit ce que François HOLLANDE qualifie très justement de fuite en avant.

 

Sans honneur, sans vergogne et dans le plus grand mépris pour les institutions dont il demeure légalement le premier dépositaire, le candidat sortant dilapide notre bien le plus cher, celui qui est public, celui qui est commun, celui qui est consubstantiel à l’identité même de la France : la République.

 

Animé par le désespoir de la seule cause (le pourcentage) qui ait à ses yeux un prix, le locataire de l’Elysée est, lors de cet entre-deux tours, dans une épure de lui-même ; unilatéralement, invariablement, inlassablement pétri de la seule approche qui le caractérise véritablement : « l’approche client. »

 

Dès lors, la réponse univoque à la demande constitue sa seule matrice, le mouvement perpétuel représente sa seule matière, la concurrence libre et non faussée produit sa seule règle du jeu…

 

Tel un spéculateur en bourse, Nicolas SARKOZY qui cherche à faire monter sa côte, ignore toute limite, toute résistance, toute entrave à l’exercice de sa geste politique qui n’est que geste.

 

Le principal enseignement que l’on peut tirer du résultat du vote en faveur de Mme LE PEN c’est qu’il s’inscrit dans un développement durable dans notre pays.

Avec 17,90 % des suffrages exprimés, elle totalise en effet 950 000 voix de plus que son père en 2002. Et de ce point de vue, je le répète, la faiblesse du résultat du F.N en 2007, agit comme un trompe l’œil dans le rapport au diagnostic sur la réalité de la demande national-populiste qui, loin d’avoir baissé, a été entretenue et confortée.

En 2007, Nicolas SARKOZY offrait alors un « débouché » aux thématiques d’extrême droite visitées : celui de l’homme venu de l’intérieur, celui de l'homme de la rupture confisquée à la gauche et celui de l'homme de la nouveauté.

En 2012, il est devenu l’homme de l’Elysée, l’homme de la complicité avec « l’establishment » et l’homme du passif.

 

La suite, nous la connaissons…

 

Au bout de 5 longues années de banalisation des idées national-populistes, le candidat sortant vient d’amorcer leur pleine légitimation républicaine. La lepénisation des esprits ne connaît plus désormais la moindre borne. Les dégâts au sein même de la demande promettent à moyen long terme d’être dévastateurs…

 

Le mobile immédiat de Nicolas SARKOZY, sa vaine tentative jusqu’au boutiste de réélection le 6 mai prochain, est devenu, dans sa nature même (matricée sur les orientations du F.N), contradictoire avec l’intérêt de la droite républicaine qui devrait chercher principalement à éviter l’hémorragie nationaliste dans ses rangs lors des élections législatives.

 

Parce que désormais la question centrale de la recomposition de la droite est celle de savoir si elle affirme une préférence nationaliste ou une préférence républicaine.

 

A cette question, aujourd’hui posée insidieusement à la droite par Mme LE PEN, personne évidemment, ne peut répondre en entraînant véritablement toute la droite. (En dépit de la réponse périssable de Nicolas SARKOZY au sujet du maintien des candidats UMP lors des élections législatives...).

 

Pourtant, l’heure de la réponse devra nécessairement intervenir à la veille du 1er  et entre les 2 tours des élections législatives…

 

L’heure de la réponse c'est-à-dire forcément les 2 réponses, c'est-à-dire la division des droites…

 

Et, de ce point de vue, une autre question se pose : quel sera le rapport entre Mme LE PEN et la partie de la droite qui manifeste sa préférence nationaliste, à savoir le groupe parlementaire de M. MARIANI et de ses 40 députés plus connu sous le nom de « Droite populaire ? »

 

Fera t’elle le choix de les condamner (par triangulaire) ou de les annexer (par enrôlement sous la bannière « Rassemblement Bleu Marine ») ?

 

Si ce 2ème choix était retenu, cela impliquerait par exemple dans le Tarn, une candidature de M. CARAYON sous l’étiquette national-populiste…

 

Quel que soit le cas de figure, quelle sera la réponse de la gauche ? Quelle sera la réponse des républicains ?

 

La responsabilité de chacun sera alors engagée. Nous n'en sommes pas encore là... Pas encore...

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 16:17

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Tel le coyote de la Warner Bros, le candidat sortant a franchi, avec le 1er tour, une falaise …  Il se situe désormais outre République…

 

D’abord parce que, eu égard au vote sanction très largement dirigé contre lui et son bilan lors du 1er tour et à la faiblesse de ses provisions de voix en vue du second tour, il se transforme en objet « kitsch ».

Comme l’indiquait Milan Kundera : « Avant d'être oublié, il est changé en kitsch. Le kitsch, c'est la station de correspondance entre l'être et l'oubli. »

Plus tout à fait Président et pas encore ex-Président. Pas encore…

 

Ensuite parce que le candidat sortant choisit délibérément de franchir le mur du son des valeurs de la République.

Il est peu de dire qu’il les avait déjà mises rudement à l’épreuve dans le temps entier de son mandat. Depuis la création du ministère de l’identité nationale jusqu’aux menaces proférées à l’encontre de la laicité, en passant par le discours de Grenoble, les tentatives d’attentat à l’encontre de la République ont souvent réussi…

 

Mais aujourd’hui, avec son discours de Longjumeau, Nicolas SARKOZY a franchi un nouveau seuil. Il est passé de l’autre côté !

 

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Tout y est passé. La filiation chrétienne de la France, la machine à intégrer qui s’est « embolisée », l’immigration qui n’est motivée que par la seule attraction des prestations sociales, la carte vitale qui doit être biométrique pour éviter la fraude, la division par 2 des flux d’entrée, l’organisation d’un examen d’entrée pour vérifier « la compatibilité républicaine », l’opposition au droit de vote des étrangers aux élections locales, l’affirmation toujours et encore d’un différentialisme culturel…

Une litanie en forme de catalogue, jusqu’à la nausée…

 

Le candidat sortant, après avoir défait la France sur le plan économique et social, achève sa tentative de déconstruction de la République. En 2 semaines de campagne, il ne pourra certainement pas gagner la présidence de la République, par contre, il pourra assurément en saper un peu plus encore les fondements.

 

Par la production toujours recommencée d’un discours de banalisation des thèses du Front National, il nourrit, il conforte, il exulte une demande en faisant mine d’y répondre par l’écho assourdissant de la France qu’il célèbre : une France blafarde.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 11:04

 

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François HOLLANDE en pôle position

Le résultat obtenu par François HOLLANDE (28,56 %) est sans précédent pour une primo-candidature socialiste à l’élection présidentielle.

Il est la marque d’un mouvement profond d’adhésion, d’une confiance exprimée en faveur de la candidature socialiste.

Le décrochage du candidat sortant (27,07 % contre 31,18 % en 2007) est l’expression d’une sanction à l’égard d’un bilan, d’un homme et d’un comportement très largement conjugués au passif.

Mais ce qui vient d’être fait est encore à faire. Il faut poursuivre la mobilisation jusqu’au bout afin que le changement devienne réalité.

 

La vague national-populiste

Le résultat réalisé par Mme LE PEN (18,12 %) révèle des angoisses, une colère, une contestation politique…

Il est la marque de l’échec de la stratégie de SARKOZY fondée sur la course effrénée après les thématiques de l’extrême droite. Le hold-up de 2007 n’a pas été réédité (LE PEN à 10,44 %). Les électeurs frontistes ont préféré l’original-e- à la copie…

 

Pourquoi en 2012 et moins en 2007 ?

En 2007, SARKOZY offrait un « débouché » aux thématiques visitées : celui de l’homme venu de l’intérieur, prétendument de la rupture et… de la nouveauté.

En 2012, il est devenu l’homme de l’Elysée, de la complicité avec « l’establishment » et… de la continuité.

Incapable en définitive de reproduire « la matière incarnée » pour les idées ainsi déployées et qui l’a finalement été par une autre que lui… Parce qu’entre 2007 et 2012, la plante rampante LE PEN a aussi vu sa tête repousser… Et son programme se positionner, en apparence, sur la question sociale…

 

Dès lors, l’ambition de Mme LE PEN pour les prochaines années est claire : représenter la plus grande force politique de la droite, incarner l’opposition à la gauche…

Avec un phasage évident : multiplier les triangulaires mortifères pour la droite traditionnelle, faire élire des députés FN à l’assemblée nationale, contribuer activement à la décomposition de la droite classique en cherchant sa division et des ralliements, refaire le coup réalisé lors des élections régionales de 1998 à l’occasion des prochaines élections locales et territoriales.

 

Même si les résultats d’une élection ne sont pas transposables à une autre, sur le papier, Marine Le Pen a dépassé, au 1er tour de l'élection présidentielle, 12,5 % des inscrits (seuil de maintien au second tour) dans 353 circonscriptions (sur 577).

 

Désormais, la droite va devoir se reconstruire prioritairement autour du positionnement à adopter à l’égard du F.N.

Préférence nationale ou préférence républicaine ?

A nous, à gauche de savoir l’interpeller dans les territoires pour veiller à ce qu’elle ne commette pas l’irréparable : la honteuse compromission…

Et de rappeler notre invariable stratégie politique : nous avons dans la République un adversaire (la droite) et un ennemi (l’extrême droite). Et, en la matière nous avons apporté la preuve par l'exemple lors du vote du second tour de l'élection présidentielle de 2002...

 

La gauche a un devoir de réussite

Au-delà même de la nature de l’offre politique national-populiste, la gauche, si elle accède au pouvoir, aura cette double responsabilité en forme de devoir de réussite à la fois pour répondre à l’expression des attentes des français et pour assurer la défense de la République.

 

L’enjeu est bien là : la gauche sera alors condamnée à réussir.

Les français nous attendent en effet sur l’emploi, le pouvoir d’achat, la croissance, la justice fiscale, la qualité des services publics, la République exemplaire, le remboursement de la dette, l’éducation, la sûreté nationale, l’Europe…

L’obligation de résultat va devoir intimement accompagner l’obligation de moyen.

 

En ce sens, François HOLLANDE a raison de mener une campagne de vérité. Rien ne serait pire, eu égard au contexte économique, social et politique, que de dire ce que l’on ne fera pas. Nous n’avons pas le droit de créer de la désillusion, de la déception et des petits matins qui succèdent aux grands soirs…

 

Dire ce que nous ferons, faire ce que nous avons dit. Tel est le message de François HOLLANDE qui s’avance autant pour rendre possible le changement que pour le rendre effectif.

 

Loin de représenter un renoncement ou un minimalisme de l’action ou de l’ancrage à gauche, dire ce qui est possible constitue le plus grand des volontarismes, la plus grande des transformations. Nous faisons le choix de l’immanence plutôt que de la transcendance. Le choix de l’œuvre collective à taille humaine, de la réforme progressive, de l’action durable.

 

A nous tous d’en être les artisans. Et cela commence le 6 mai : le changement c’est plus que jamais maintenant !

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 13:18

 

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Nicolas SARKOZY poursuit une stratégie fondée sur l’étirement de l’échiquier politique, l’élargissement de son socle avec pour base la combinaison de la droite nationale et de la droite dite « populaire » et enfin, la tentative de division du camp de François HOLLANDE.

 

Avec comme tactique la fameuse triangulation et la recherche de l’hégémonie culturelle… Et comme objectif, la pôle position au 1er tour de l’élection présidentielle.

 

En faisant une échappée sur le flanc de l’extrême droite, il a réalisé un étirement de l’échiquier politique.

 

Puis, en laissant ses frondeurs occuper cet espace, il a effectué un revirement vers le « centre » de « la demande » et s’est positionné en Président protecteur, populaire et rassembleur.

Tout en cherchant le duel avec le favori des sondages. (Cela n'est pas sans rappeler, par transposition, la stratégie d'une certaine bataille militaire dont je tairai le nom...).

 

Dans le même temps, le Président sortant tente d’occuper le terrain social en n’hésitant pas d’une part à promettre des réformes inconséquentes et en recherchant d’autre part l’affaiblissement de François HOLLANDE en agissant directement pour libérer un espace à sa gauche pour le bénéfice de Jean-Luc MELENCHON (notamment en caricaturant le discours prononcé à la City de Londres…).

 

Avec comme base de travail le dédoublement de personnalités avec les codes vestimentaires appropriés (pour une question de lisibilité de la communication) : le Président en costume-cravate, le candidat en sous-pull… Afin « d’agir » (c'est-à-dire se montrer) plus.

En arborant une attitude qui poursuit un objectif de transformation radicale d’image autour des « notions » de proximité avec le peuple, de l’usage de la lenteur et de l'humilité… On aura compris qu’il s’agit de mise en scène…

 

Le tout sur un fond de stratégie de communication émotionnelle : lorsque le jugement rationnel des français devient manifestement un problème, il reste l’émotion…

Donc, « idées uniformelles » hebdomadaires et acte de fausse contrition / au Fouquet’s…

 

Ceci étant dit, si Nicolas SARKOZY est second le 22 avril prochain, il aura perdu l’élection présidentielle.

Il est en quelque sorte condamné à être en tête du 1er tour. François HOLLANDE, s’il est 1er le 22 avril, aura très certainement gagné l’élection présidentielle. Et s’il est second, il ne l’aura pas perdu pour autant.

Alors tant que nous y sommes, donnons tout pour le 1er tour bien évidemment…

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 11:39

 

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Nettement et durablement distancé dans les enquêtes d’opinion, Nicolas SARKOZY est en quelque sorte condamné à exister pour survivre…

Il recherche, pour tenter d’éviter le décrochage, la production de la différence…

 

La différence ontologique :

Celle qui consiste à revendiquer le courage là où les autres seraient des pleutres.

A la faveur d’une « confection maison » qui sonne comme une tentative de transformer l’impopularité en grandeur d’âme… Comme si le fait de taper à bras raccourcis sur les personnes défavorisées constituait une haute valeur humaine…

 

La différence de rythme :

François HOLLANDE est parti tôt, il déroule sa campagne en demeurant en tête, en conservant et en amplifiant son avance.

Nicolas SARKOZY en déclarant sa candidature mercredi, va tenter de produire une rupture de rythme, de couper la linéarité du temps politique qui appartient à François HOLLANDE …

 

Le différentialisme culturel :

Conçue par le Club de l’horloge, théorisée par Bruno MEGRET, mise en scène par Jean-Marie LE PEN à travers « la préférence nationale », cette idéologie pernicieuse fonde le différentialisme non plus sur la notion de race mais sur celle de culture.

Elle pose comme postulat la prétendue non-équivalence entre les cultures, les civilisations, dans le but de les hiérarchiser et d’établir une différence des droits.

Nicolas SARKOZY en est aujourd’hui le promoteur décomplexé... Dans un seul but : reprendre à son compte « le capital » de l’électorat du F.N et se placer en tête du 1er tour de l’élection présidentielle.

 

La différence des valeurs :

En échec particulièrement sur le plan économique et social, Nicolas SARKOZY, cherche à installer le débat sur un terrain qui lui semble moins défavorable : les valeurs (ce qui reste à prouver…). Travail, famille, responsabilité… Avec une méthode inspirée de Gramsci dans la recherche de l’hégémonie culturelle.

  

Clairement installé en pôle-position, François HOLLANDE, afin d’éviter le « mano à mano » et de demeurer dans une adresse directe et continue avec les français, cultive « l’indifférence. »

  

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L’indifférence, cette geste toute mitterrandienne qui est la marque des grands. Elle ne s’applique évidemment pas aux français qui sont au centre de toute son attention, ni aux orientations politiques qui sollicitent bien sûr la faculté de faire la différence, de hiérarchiser les priorités pour faire des choix…

 

Il s’agit de l’indifférence appliquée aux épreuves, à l’adversité.

François MITTERRAND le disait : « il faut mépriser l’événement ». Ne pas cèder à l’empire des sens, diraient les stoiciens...

    

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François MITTERRAND à Assouan.

 

« Avoir la passion de l’indifférence » disait encore l’homme du 10 mai.

En d'autres termes, cela sous entend que l’un des secrets de la responsabilité consiste à garder une distance par rapport à la brutalité de chaque événement, et faire de chaque situation critique une expérience positive.

Dans la période qui vient, ce ne sera pas du luxe…

 

François HOLLANDE a raison de se concentrer sur son couloir, sur ses thèmes, sur son rythme de campagne, sur les français.

 

Pour faire gagner la France multiculturelle, la France juste, la République.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 11:48

Moins de 100 jours. Un bilan au poids d’enclume. Des « affaires » qui, dans leur nombre et leur qualité, feraient presque rougir Charles Pasqua. Une impopularité digne de Francis Lalanne…

 

Mais Nicolas Sarkozy n’est pas du genre à renoncer ni à rendre les armes… On ne le pense pas spontanément faire le choix d’une douceur de vie tournée vers les couleurs bigarrées de la Toscane, les attraits de la Renaissance italienne au XVIème siècle et l’usage de la lenteur qui sied à un homme faisant le choix de méditer et deviser sur la condition humaine …

 

La rapidité et la fulgurance de son accès au sommet du pouvoir n’a pas d’équivalent dans l’Histoire de la Vème République.

Il est un homme des temps courts, un homme de vitesse… Aujourd’hui face à son destin, bien décidé à ne pas le laisser lui échapper…

 

Et pour ce faire, tous les moyens semblent être bons.

A commencer par celui de « la tactique de la terre déserte. »

Celle-ci se résume bien dans ces paroles de Charles V le sage : « Mieux vaut pays pillé que pays perdu » et consiste à faire le vide devant l'adversaire en stockant hommes et biens dans des endroits hors d'atteinte, sans toutefois détruire le pays.

(Ouf alors ! Nous voilà rassurés !)

   

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Ici, ce sont les finances qui sont vidées de leur substance, les marges de manœuvre qui sont ainsi confisquées, le champ des possibles et le sens même de l’alternative qui paraissent alors stockés dans des endroits hors d’atteinte…

 

L’hiver… Nicolas Sarkozy semble avoir convoqué rien de moins que l’hiver de la politique. Un climat choisi à dessein qui consiste à faire de toute proposition programmatique une contre-production qui s’abattrait immanquablement sur la neige d’une France en deuil.

 

Le deuil selon lui nécessaire de l’Etat providence, des acquis sociaux, des services publics et pourquoi pas un jour ou une nuit… des collectivités territoriales ?

 

Le tout imposé par des « circonstances qui commandent », celles d’un temps de crise dont les causes seraient toutes antécédentes à son mandat et étrangères à son action…

 

Le vide… C’est le produit sans taille, sans couleur ni densité que Nicolas Sarkozy semble bel et bien confectionner autour de lui, par « l’exercice du trop plein… »

   

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 Le vide financier :

Depuis 10 ans, la droite a multiplié la dette par 2 par une politique qui ne profite qu’à une minorité de nos concitoyens les plus aisés.

 

Le vide de la politique d’austérité :

 

Fort de ce bilan, le gouvernement impose au pays une cure d’austérité brutale et injuste, désastreuse économiquement et financièrement inefficace.

 

Le vide de la politique :

 

Toute proposition qui ne serait pas préalablement couronnée d’un entonnoir, serait donc, du point de vue de la droite, nulle et non avenue dans le débat politique. La création de 60 000  postes d’enseignants dans l’éducation nationale, par exemple… (Ceci étant, sans vouloir être mauvaise langue - de nombreux "témoins de moralité" pourraient attester qu'à l'accoutumée, je ne le suis pas - il serait bon que dans ses choix d’expression publique, Benoît Hamon gagne en maturité et en responsabilité…).

 

Ce vide constitue le choix d’un terrain qui consiste à installer Nicolas Sarkozy dans un rôle de gardien de l’existant, éviteur du pire qui est présenté comme étant potentiellement devant nous (et non pas juste là ou juste derrière nous…).

 

Dès lors, il revient à François Hollande de chasser le vide, de choisir naturellement son terrain, d’imposer ses thèmes.

Mais surtout, il nous appartient de convaincre les français que le plus grand risque auquel notre pays serait exposé, est celui de l’absence de volonté, de l’absence de dessein, de l’absence de politique.

 

Il faut chasser l’hiver ! Et faire vivre le printemps de notre République !

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:42

 

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Quel bel hômme ! Dirait Jack Lang… Quel panache ! Penseront certains… Il y a pourtant, dans ce soda à la française, beaucoup de sucres ajoutés.

 

Dominique DE VILLEPIN, en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle, provoque la surprise.

 

Mais, me direz-vous, comment eut-il pu en être autrement ?

 

Les surprises, ça le connaît ! Souvenez-vous, c’est en 1997, il est alors Secrétaire général de l’Elysée. Il donne à son Président le conseil le plus mortifère de l’histoire de la Vème République : dissoudre l’assemblée nationale !

 

Eh oui, en politique, c’est bon de le rappeler, le conseil c’est ce qui vaut le plus cher : c’est ce qui sauve, c’est aussi ce qui tue…

 

Et entre un Président et son conseiller, il n’est pas inutile que les tempéraments, les inclinaisons, se complètent. Et avec un Jacques CHIRAC Président (qui n’a pas exactement le tempérament de Jacques DELORS…), il n’eut pas été de trop que son Secrétaire général fasse office de modérateur, de prescripteur d’alliance nouvelle,…  Or, en la matière, ils se sont surajoutés…

 

Livrant ainsi cet élixir explosif de la dissolution, avec un précipité rouge qui a certes permis pour ses commanditaires d’accélérer les choses… Mais, de leur point de vue, pour le pire.

 

En voulant en effet régler quelques petits comptes entre amis (juguler l’influence balladurienne au sein de l’Assemblée nationale), Jacques CHIRAC est ainsi entré dans une cohabitation de 5 ans (!) à la faveur d’un auto dessaisissement de majorité…

 

C’est un peu comme si, devant l’équipage insuffisamment discipliné de son porte-avion, un général prenait la décision vertigineuse de faire fondre dessus un avion kamikaze pour régler le problème… 

 

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Dominique DE VILLEPIN est de ceux-là, ceux qui, devant un tapis vert, au beau milieu d’un casino, prenant à témoins tous les « gagne-petits », s’exclame, sous une crinière prédatrice et un œil conquérant : « Tout sur le 11 ! »

 

La posture esthétique le dispute à l’affirmation d’une liberté et à la dépense jubilatoire…

 

Comme s’il voulait nous dire : le risque c’est ça ! C’est tout ou rien ! Ma liberté ne vaut que pour autant qu’elle me distingue…

Dominique DE VILLEPIN est un homme de brio capable du meilleur,… et surtout du pire !

Il a atteint son niveau de crête lors de son discours prononcé à l’ONU en pleine crise irakienne en 2003. A cette occasion, il a incarné la France, il a « réincarné » le gaullisme.

Ce fut son temps de gloire, le seul véritable.

 

Cet événement ne saurait pourtant faire oublier ses faiblesses structurelles. Il est un technocrate tardivement reconverti en acteur politique à la faveur du Prince (Jacques CHIRAC), sans jamais s’être présenté devant le suffrage universel (ce qui est su universellement par les élus de notre République).

 

Il demeure au fond, un Talleyrand qui se rêve en Napoléon. (Un Talleyrand à la démarche sinueuse mais sans le pied-bot…).

  

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Dominique DE VILLEPIN ne peut prétendre représenter l’homme providentiel dont la France aurait besoin puisqu’il n’est ni attendu, ni rassembleur.

 

Son long « contentieux », le mot est très très faible, qui l’a impliqué avec Nicolas SARKOZY, fait passer au second plan sa candidature dite pour l’intérêt supérieur de la France au profit d’une candidature pour la volonté de « flinguer » le petit Nicolas…

 

Ajoutons à cela la présence des candidatures officiellement probables, au centre, de François BAYROU et Hervé MORIN et on voit bien là se dessiner, pour Dominique DE VILLEPIN, les contours d’une falaise en à pic…

Et, en la matière, il sait de quoi il parle... Nous pouvons au moins lui faire crédit de savoir (pouvoir ?) faire perdre son camp. Il a l'expérience avec lui, un certain talent et une faculté consubstantielle qui consiste à se rapprocher le plus vite possible de la fin...

 

Mais, que voulez-vous, cet homme pétri d’emphase et de superlatifs, ne saurait se résoudre à la morne plaine, il n’aime jamais rien autant que les cîmes si ce ne sont les abysses…

 

Il ne faut pas le contrarier…

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 11:25

 

 Qu’on se le dise : le Ché est bel et bien vivant.

 

-Comment ça ?

-Non, pas le Ché GUEVARRA… Le Ché-vènement…

-Ah, oui !

-La preuve : il est candidat à l’élection présidentielle…

-En effet, c’est sans doute la meilleure preuve de son existence.

 

A mi-chemin entre « Hibernatus », « Rocky 3 », « Pépé le Moko », « Retour vers le futur », « Time out », « Jeanne d’Arc » et « Le Parrain III », Jean-Pierre CHEVENEMENT is back ! 

 

 

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Revenu de tout et de nulle part, le Président du Mouvement des citoyens nous propose de le suivre on ne sait où…

 

Mais qu’importe ! L’essentiel n’est pas là. Ce qui compte c’est le lien à la fois exclusif, ontologique  et Braudélien qu'il entretient avec la France. Il ne fait aucun doute qu’un jour ou plutôt une nuit, une voix supérieure de la République l’a appelé afin qu’il accomplisse son devoir…  

 

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« Jean-Pierre ! La France a besoin de toi !!!! »

 

Réveillé en sursaut, ébouriffé et en sueur, le Ché a eu la révélation. Devant les marasmes du monde, la crise financière, l’Europe en proie aux difficultés de l’euro, un homme providentiel doit se lever !

 

Pour sauver la France, la souveraineté des Etats et la capacité des peuples à disposer d’eux-mêmes…

  

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Le Ché s’est alors levé du lit, s’est posté devant sa fenêtre, a scruté l’horizon de la France éternelle et a prononcé sa déclaration de… candidature :

« J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes c'est à dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis. Nous sommes dans l’œil du cyclone. »

Il est vrai qu’en 2002, CHEVENEMENT a bien fait bouger les lignes… A tel point que le 2ème tour de l’élection présidentielle s’est en effet déroulé avec une gauche et une France qui ont du alors se mettre à la hauteur des défis ! Mais pas forcément ceux que l’on attendait…

 

En terme « d’œil du cyclone », le Ché s’y connaît ! Il a l’œil…

Et pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il nous le rappelle : « en 2002, j’avais le tort d’avoir raison avant tout le monde. »

 

Et comment !

 

On pourrait dire aussi qu’il a eu raison de tout le monde à gauche.

Eliminée, la gauche au 2ème tour de l’élection présidentielle. Et ce pour la 1ère fois dans l’Histoire de la Vème République !

 

Ne cherchez pas la cohérence politique de celui qui fut durant 3 belles années, ministre de Lionel JOSPIN, la concurrence libre et non-faussée à gauche est, à ses yeux, un droit élémentaire…

Que dis-je, un droit ? Un devoir pour sauver la France !

Et, en terme de sauvetage, quoi de mieux que de commencer par vouloir sauver le candidat socialiste ? (On a quelques sauveteurs brevetés comme ça, en magasin, à Castres...).

Pour le Ché, François Hollande, « c'est un homme intelligent. On peut l'aider à se mettre à la hauteur. » Avec un soutien pareil, on est en droit de se demander de quelle hauteur Jean-Pierre CHEVENEMENT nous parle précisément…

Mais il est évident qu’en véritable incarnation de la figure tutélaire de la gauche républicaine, le Président du MRC ne pouvait pas faire moins… Pourvu qu’il ne fasse pas plus… Déjà, cela sera toujours ça de pris…

 

A son égard, François HOLLANDE pose les 2 vraies questions : « Cette candidature est-elle utile ? Peut-elle permettre de faire gagner la gauche ? »

 

Je vous laisse y répondre… 

 

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Le Ché nous dit : « Je veux mettre d’aplomb la République ».

Ah ? Bon, ça va. Tant qu’il ne met pas du plomb dans la République, il y a de l’espoir…

 

Au fait, j’y pense. Pour les parrainages, il y a peut-être là un geste qui sauve : sauvons Jean-Pierre CHEVENEMENT du gouffre ! Evitons-lui la candidature de trop !

 

J’entends d’ici les esprits chagrins : « Et sa candidature en 2002, elle n’était pas de trop peut-être ? »

 

Non, en 2002, c'était différent. C'était une candidature utile... Pour faire bouger les lignes ! 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 10:14

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Près de 2 500 000 français, 196 357 Midi-Pyrénéens et 19 700 tarnais se sont déplacés ce dimanche pour être les acteurs du changement, les porteurs diligents d’une alternative, les volontaires d’une alternance tant désirée…

 

Moment démocratique à la fois inédit et sans précédent, les primaires citoyennes constituent, par la force du mouvement populaire qu’elles ont entraîné, une procédure qui est indubitablement de nature à transformer profondément et durablement le rapport à la Vème République et à notre démocratie représentative. 

  

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Les votants, en s’emparant du choix proposé, sont devenus des « super-citoyens ». Le P.S, en organisant ce grand rendez-vous de la citoyenneté, s’est démocratisé : il ne sera plus jamais la « propriété » de quelques-uns !

 

Ce qui signe assurément la fin des druides, des « prescripteurs chevronnés », des diseurs de morale et de bonne aventure et des « gardiens de boutiques » en tous genres…

 

Désormais, les prochaines investitures aux élections devront mimer ce processus démocratique et en appeler au peuple de gauche pour choisir les candidat-e-s socialistes…

 

La droite elle-même se posera la question, forcément…

Et c’est toute la démocratie française qui s’en trouvera ainsi changée. 

 

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Dimanche prochain, les français ont à nouveau un choix à faire.

 

Je souhaite que ce choix soit celui de la mobilisation la plus forte possible autour de celui qui est arrivé en tête au 1er tour.

 

Rien ne serait pire en effet que la dispersion, la confusion et le partage en 2 parties (quasi) égales d’une légitimité qui doit être entière pour entraîner la gauche et affronter la droite…

 

François HOLLANDE est aujourd’hui le plus à même de rassembler. A nous de le conforter. A nous de lui donner la confiance claire qu’il réclame.

   

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L’Histoire s’avance. A nous d’en être les acteurs.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:45

 

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C’est historique : le sénat se donne enfin à la gauche !

 

Le mode de scrutin de cette haute assemblée avait pourtant été conçu à l’origine pour assurer un mode de conservation du pouvoir qui n’avait rien à envier à la cryogénisation des corps…

 

Mais voilà, la vie politique a pris le dessus.

 

Entendons nous bien, je ne défends pas ici la thèse de la suppression du Sénat. Simplement celle d’une modification du mode de scrutin. Mais ce débat s’ouvrira plus tard…

J’ai toujours pensé que le bi-camérisme était utile à la République pour faire valoir une fameuse deuxième lecture des projets de loi mais également pour représenter les territoires.

 

Simplement, il semble que cette double fonction républicaine du Sénat, ne trouve véritablement de sens qu’avec l’ouverture de ce dernier à l’alternance. C’est aujourd’hui chose faite.

 

Cette percée de la gauche au sein de la haute assemblée a indubitablement été possible eu égard aux résultats réalisés par les socialistes lors des élections locales et territoriales de ces dernières années.

 

Elle participe aussi d’un désaveu de la politique du gouvernement. La réforme des collectivités territoriales, le désengagement par rapport aux Départements et aux services publics ont laissé des traces auprès des élus locaux et des citoyens…

 

La conquête par la gauche de la présidence du Sénat, constitue une formidable opportunité dans le cadre de la préparation de l’élection présidentielle de 2012. 

 

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Elle en est peut-être, sans doute, une préfiguration… A nous de la rendre possible.

 

Je suis heureux de penser que Jean-Pierre BEL peut devenir dimanche prochain le 1er Président de gauche du Sénat dans l'Histoire de la Vème République.

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